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Dimanche, 22 Avril 2018

Algérie: Le secteur agroalimentaire occupe 23% de la population active

Le secteur agroalimentaire occupe 23% de la population active en Algérie, a affirmé mardi le professeur Chaib Baghdad de la faculté des sciences économiques de l’université "Abou Bekr Belkaid" de Tlemcen.
Intervenant à l’occasion de la tenue, à l’Ecole supérieure de management de Tlemcen (ESMT), de la seconde journée de réflexion sur les stratégies et l’entreprenariat dans le secteur agroalimentaire, cet enseignant universitaire a indiqué que ce secteur recense au total 1,6 millions de personnes, soit 23% de la population active, au niveau de 23.000 entreprises dont 300 publiques.
Abordant le thème "l'agroalimentaire en Algérie, entre la préservation d’une sécurité alimentaire et la pérennité du secteur", Pr Chaib Baghdad a fait savoir qu’en moyenne 45 pc du budget familial est consacré à l’alimentation, alors que celles moins aisée consacrent plus de 50 pc à cette fin, sachant que 75% des besoins alimentaires sont importés en raison de l’insuffisance de la production agricole.
Entre autres entraves à l’industrie agroalimentaire, il a cité le modèle de consommation qui ne cadre pas avec les potentialités réelles existantes dans le secteur agricole, une certaine complexité et délicatesse de la ration alimentaire (penchant sur les céréales, sucre, café et huile) et l’insuffisance des entreprises spécialisées dans le domaine agroalimentaire.
Pour lui, l’élasticité de la demande et celle de l’offre peuvent relancer ce secteur en Algérie, faisant savoir que les pouvoirs publics ont effectué une autoévaluation du domaine, relancé le centre technique dédié aux industries agroalimentaires et insisté sur la vulgarisation et la sensibilisation autour de la sécurité alimentaire.
Pour sa part, le professeur émérite Jean-Louis Rastoin de Montpellier (France) a mis l’accent, dans sa communication intitulée "Quel positionnement stratégique pour les entreprises agroalimentaires  méditerranéennes", sur le paramètre de la durabilité dans cette stratégie.
La malnutrition, l’instabilité des prix, les changements climatiques et l’asymétrie dans le partage de la valeur créée constituent autant de qualificatifs pour le secteur agroalimentaire mondial, a-t-il indiqué, faisant savoir que les produits méditerranéens ou diète méditerranéenne sont reconnus mondialement.
Il rappelé, dans ce sens, l’initiative du professeur Slimane Hachi, Directeur général du Centre national de recherche en préhistoire et histoire (CNRPAH), visant à labelliser le couscous comme produit d’Afrique du nord.
L’enseignant associé à l’Ecole nationale supérieure de l’agriculture (ENSA) d’Alger, Sid Ahmed Ferroukhi s’est penché, quant à lui, sur les innovations et la création des startups dans les filières agroalimentaires en Algérie. Une dynamique d’adaptation et d’anticipation à la prospective alimentaire.
Traitant de l’innovation dans ses sens technologiques aussi larges, il a souligné qu'il faut penser au futur et revenir à l’histoire, invitant les chercheurs à écrire l’histoire de l’agriculture et des agriculteurs en Algérie. Il a cité, dans ce cadre, des exemples de nouvelles startups algériennes évoluant dans les secteurs de la restauration par Internet, le transport par taxi, la qualité de l’eau et la protection de dromadaires et de chameaux par bracelets électroniques.
"L’innovation, fer de lance du développement du marché des produits du terroir: innover ou périr" a été le thème développé par Mme Meriem-Hind Ben-Mahdi, professeur à l’Ecole supérieure des sciences vétérinaires (ESSAIA) d’Alger, qui a insisté sur la valorisation des produits du terroir.
"A l’instar de la Chedda de Tlemcen, les autres produits provenant du savoir-faire ancestral doivent être labellisés", a-t-elle soutenu, faisant savoir qu’après les coteaux d’Algérie en 1970, trois autres produits labellisés en 2016 sont la figue sèche de Beni Maouche, l’olive de Sig ou Sigoise et la datte "Deglet Nour" de Tolga.
Cette rencontre s’est poursuivie par la tenue d’un workshop animé par les directeurs des antennes de Tlemcen de l’ANSEJ, ANGEM, CNAC, ANEM, du programme "PAP ENPARD Algérie" et de la Fédération nationale des jeunes entrepreneurs de Tlemcen. Deux porteurs de projets réussis ont été cités.

APS


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