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Samedi, 26 Mai 2018

Maroc-Carburants: les groupes parlementaires plaident pour le plafonnement des prix et l’évaluation de la libéralisation du secteur

Les groupes et groupements parlementaires à la Chambre des représentants, relevant aussi bien de la majorité que de l’opposition, ont souligné, mardi, la nécessité d’établir des mesures de plafonnement des prix des carburants et d’évaluer l’efficacité de la politique de libéralisation du secteur des hydrocarbures.
Lors d’une réunion de la commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, consacrée à la présentation et l’examen des conclusions du rapport de la mission d’information parlementaire consacré aux prix des hydrocarbures, les parlementaires ont souligné le besoin urgent de la mise en œuvre de la loi sur la protection du consommateur et l’activation du Conseil de la concurrence.
Les représentants du groupe Justice et Développement ont rappelé la “réforme structurelle historique” qui a concerné le secteur des hydrocarbures, considéré comme important pour l’économie nationale et le modèle de développement national, notant que ce secteur demeure vital et stratégique et que tout impact sur les prix du carburant aura un effet négatif sur l’économie et la société.
Le groupe a relevé que le gouvernement joue son rôle de suivi des acteurs du secteur, alors que le parlement élabore des recommandations en ce sens, soulignant l’importance de la libéralisation du secteur et de sa capacité à mobiliser des fonds et, ainsi, redresser les déséquilibres de la balance budgétaire et réaffecter les fonds au profit des secteurs sociaux.
Le gouvernement doit intervenir pour créer un mécanisme de suivi des prix, sans porter atteinte au principe de libre initiative et de la concurrence, a suggéré le groupe.
Pour sa part, le groupe Authenticité et Modernité a fait savoir que la hausse des prix est due aux “politiques publiques adoptées”, notant que le gouvernement a libéralisé les prix dans le secteur des hydrocarbures il y a deux ans et supprimé les subventions, tout en négligeant les mécanismes de suivi et d’accompagnement.
Le groupe a imputé au gouvernement la responsabilité de l’impact sur le pouvoir d’achat des citoyens, affirmant la nécessité de la mise en œuvre de la loi sur la concurrence et de réviser les lois encadrant ce secteur, afin de permettre au gouvernement d’intervenir chaque fois que les prix augmentent, s’interrogeant sur l’interaction du gouvernement avec toute urgence en la matière.
Pour sa part, le groupe du Rassemblement constitutionnel a souligné l’importance d’assurer la gouvernance, d’encourager les investissements, de créer des emplois et de renforcer le rôle du secteur privé et d’œuvrer pour éviter l’impact sur le pouvoir d’achat des citoyens.
Le groupe a souligné la nécessité pour le secteur de jouer son rôle de soutien à l’économie et de protection du pouvoir d’achat, mettant en cause la démarche adoptée par le gouvernement pour la libéralisation, en 2015, du secteur des hydrocarbures.
Le groupe istiqlalien de l’Unité et de l’Égalitarisme s’est interrogé sur les résultats de la politique de libéralisation, en l’absence de mécanismes d’accompagnement et de suivi, estimant que les recommandations du rapport n’ont pas été à la hauteur des attentes et devaient préconiser la réduction les prix du carburant.
Rappelant le thème de la réunion sur “le boycott de certains produits de consommation, l’absence de l’interaction du gouvernement et le mécontentement général en raison des prix élevés et de la baisse du pouvoir d’achat et du gel des salaires”, le groupe a appelé à la nécessité d’élaborer des mesures concrètes pour préserver le pouvoir d’achat des citoyens, ainsi que la révision de l’ensemble des mécanismes à même de protéger le citoyen.
Le groupe Haraki, lui, a plaidé pour un renforcement de la communication avec les citoyens, pour fournir des explications sur la composition du prix du carburant.
Il a également souligné l’importance de mettre en œuvre les recommandations contenues dans le rapport et d’activer le Conseil de la concurrence et lui accorder tous les moyens pour qu’il assume son rôle constitutionnel, soulignant que l’État devrait intervenir par la création d’un comité de veille et de suivi des prix.
Le groupe socialiste a relevé un “déséquilibre” qui a été enregistré depuis le début de la libéralisation et lié au “manque de communication entre le gouvernement et une institution importante qui est le Conseil de la concurrence”, relevant la nécessité d’œuvrer pour renforcer les mécanismes de soutien au pouvoir d’achat.
Il a également noté que le gouvernement n’a pas consulté le Conseil de la concurrence sur les questions relatives au secteur des hydrocarbures.
Le groupe du Progrès et du Socialisme a estimé que ce débat constitue une avancée en matière d’action parlementaire et de pratique démocratique et un pas positif pour parvenir à des recommandations réalistes et réaliser la prospérité pour toutes les catégories sociales, considérant que la libéralisation du secteur des hydrocarbures et la suppression des subventions étaient “positifs”.
A rappeler que le rapport a, notamment, recommandé la création d’un observatoire pour suivre et diffuser les données sur les prix des carburants appliqués dans toutes les stations de distribution de carburant, tout en permettant l’accès à leur contenu et les mettant à jour.

MAP


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