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Mardi, 17 Octobre 2017

L'ONG Sherpa demande l'audition de Laurent Fabius sur les activités de LafargeHolcim en Syrie

L'ONG Sherpa, partie civile dans une enquête sur les activités en Syrie du cimentier LafargeHolcim, a demandé mercredi à la justice d'entendre comme témoins l'ex-ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et deux anciens ambassadeurs de France, a-t-on appris vendredi auprès de cette association.
Une information judiciaire a été ouverte le 13 juin par le parquet de Paris contre le groupe franco-suisse dans l'affaire de la cimenterie Lafarge de Djalabiya pour financement d'entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui.
Cette procédure fait suite à une plainte avec constitution de partie civile déposée le 15 novembre 2016 par Sherpa et l'ONG European Center for Constitutional and Human Rights (ECCHR), ainsi que par 11 plaignants et ex-salariés syriens.
La filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS) est notamment soupçonnée d'avoir contribué à financer l'Etat islamique en lui versant de l'argent en 2013-2014 pour pouvoir continuer à travailler dans une région contrôlée par cette organisation.
"Il faut aussi rechercher la responsabilité de l'Etat si jamais l'Etat est aussi impliqué", a expliqué à Reuters Marie-Laure Guislain, responsable de Sherpa, qui suit ce dossier.
"C'est pourquoi il est important de demander à ces personnes si elles ont des informations intéressantes", a-t-elle ajouté.
Sherpa souhaite notamment établir si le ministère des Affaires étrangères français était au courant de ces arrangements et a encouragé Lafarge à maintenir ses activités dans la Syrie en guerre, comme l'ont laissé entendre plusieurs cadres du groupe interrogés dans une procédure parallèle.
Le parquet a en effet ouvert en octobre 2016 une enquête préliminaire sur la base d'une plainte de l'ancien ministre des Finances Michel Sapin pour infraction au code des douanes.
Selon Sherpa, un ancien cadre de Lafarge, qui a travaillé 30 ans pour le groupe, "a déclaré avoir été en contact régulier avec le Quai d'Orsay, qui n'a jamais dit à Lafarge d'arrêter (ses activités en Syrie), bien au contraire".
"Le Quai d'Orsay n'a eu de cesse de dire que tout allait s'arranger et qu'il fallait tenir. Nous demandons à vérifier", ajoute-t-on de même source.
Dans l'immédiat, personne dans l'entourage de Laurent Fabius, aujourd'hui président du Conseil constitutionnel, au Quai d'Orsay ou à LafargeHolcim n'était disponible pour commenter ces informations.

Reuters


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