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Vendredi, 21 Novembre 2014

  •   Aïssa Bouziane
  • dimanche 27 janvier 2013 15:01

La gestion de l'économie algérienne par les directives a montré ses limites (expert)


Les plaidoyers pour changer l’économie algérienne convergent. Requalification des ressources humaines, diversification de l’économie, allègement des procédures sont largement évoqués dans tous les débats. L’économiste Abdelmhak Lamiri et Samir Boukelia, membre du collectif Nabni, insistent sur ces dossiers, en mettant en garde contre la fausse assurance que procure l’embellie financière actuelle.

 

 

L’Algérie doit créer rapidement des banques d’investissement, ou transformer les banques publiques actuelles. Mais dans tous les cas de figure, elle doit développer l’ingénierie financière, pour transformer les intentions en projets, a déclaré l’économiste Abdelhak Lamiri. A partir du moment où un bon diagnostic est établi et où on met en place la bonne démarche, l’Algérie pourra passer à taux de croissance à deux chiffres en cinq ans, a-t-il dit au cours d’une émission de radio. Cela passe nécessairement par une « modernisation managériale », car la gestion de l’économie « par les directives a montré ses limites ; il faut innover ».

Pour M. Lamiri,  l’Algérie accuse, sur ce terrain,  un retard de 40 à 50 ans. Mais « qualifier la ressource humaine, c’est déjà la moitié de la solution ». Le handicap de l’Algérie en matière de formation n’est pas significatif. L’université algérienne forme des managers qui maitrisent « l’outil théorique, mais il leur manque le savoir-faire pratique ». Ils ont « une base acceptable », et il « leur manque peu de choses pour devenir compétitifs », dit-il.

Il prône cependant de revoir le concept de croissance, qui ne doit pas être recherchée « à n’importe quel prix ». C’est une critique à peine voilée de la démarche actuelle, qui absorbe beaucoup de ressources financières avec de maigres résultats. « Il faut voir ce qu’on met comme moyens, pour arriver à quel résultat », dit-il.

Quels créneaux investir ? Il suffit de lire la balance des paiements, et en déduire quels sont les produits susceptibles d’être produits localement au lieu d’être importés, déclare M. Lamiri.  Il cite l’agriculture qui absorbe d’importantes aides en amont. « C’est une erreur », dit-il. Il faut subventionner le produit,  non l’agriculteur.

Pour M. Lamiri, le tissu des entreprises reste très faible. L’Algérie compte 620.000 PME, alors qu’il en faudrait le double. De plus, il s’agit d’entreprises de faible envergure. Il en faudrait 1.4 millions

 

Le changement ne peut être reporté indéfiniment

 

Même plaidoyer chez M. Samir Boukelia, membre du collectif « Nabni » (construisons) et du CARE (cercle de réflexion sur l’entreprise), qui appelle à tirer profit de l’embellie financière actuelle pour diversifier l’économie algérienne, car la période d’aisance financière ne peut durer éternellement. Les exportations algériennes, faits de 97% d’hydrocarbures, ne proposent que 18 produits, un « chiffre dérisoire », dit-il. Continuer de subit une situation où la fiscalité pétrolière finance 75% du budget de l’Etat est « inacceptable », dit-il.

Lui aussi préconise de miser d’abord sur la ressource humaine, en améliorant « l’école et la formation, car tout se joue sur ce terrain ». Mais là encore, il faut un changement de fond dans la méthode. « On ne peut plus continuer à dire que ça ne marche pas, il faut agir, car si l’Algérie a aujourd’hui une fenêtre pour changer, la situation ne vas pas durer éternellement ». Selon lui, l’Algérie ratera définitivement le coche si elle ne change pas de cap « d’ici 2015 ». A défaut, M. Boukelia prédit un sort similaire à celui du Titanic, selon une image médiatisée par le collectif « Nabni ».

M. Samir Boukelia conteste aussi les méthodes et les choix en vigueur, même s’il évite de s’attaquer frontalement la politique gouvernementale. Ainsi, soutient-il la politique de lutte contre l’informel, mais cela ne pas doit pas passer seulement par « la trique. Il faut utiliser la carotte et le bâton », plaide-t-il. Il faut simplifier les démarches légales, pour « rendre le formel plus attractif que l’informel ».


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