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Mercredi, 22 Février 2017

  •   Younes Ghazaoui
  • lundi 9 janvier 2017 11:06

Pendant ce temps au Maroc : Les femmes se battent contre la violence et le traditionalisme

Photo non signée publiée sur u féminin.com.

Qu’elles soient responsables, militantes féministes ou internautes anonymes, les Marocaines résolument progressistes ne ratent pas une occasion de se mettre en avant et de contre-attaquer face aux islamistes, aux conservateurs et aux misogynes en tous genres, fussent-ils chefs du gouvernement.

 

 

Il y a quelques jours, le Maroc était secoué par le décès d’El Hasnae, une adolescente de 18 ans retrouvée morte après avoir vécu le calvaire. Issue d’un milieu rural, elle avait fui son père adoptif qui abusait d’elle puis a été violée - avec 15 autres jeunes femmes - par un groupe d’hommes, lorsqu’elle est retournée dans son village. Le corps sans vie d’El Hasnae a été retrouvé dans un puits, les circonstances de sa mort ne sont pas encore connues.

Cette mort sordide n’est malheureusement pas une exception. Le pays a connu la disparition de Khadija, jeune femme originaire de Benguerir, qui s’était immolée par le feu en août dernier, après la remise en liberté de ses violeurs.

Avec ces terribles drames, ce qui frappe l’observateur, c’est la mobilisation de la société civile marocaine qui suit ces évènements. C’est une association féministe de Rabat qui a révélé et médiatisé le drame d’El Hasnae et en a fait plus qu’un simple fait divers. Malgré les innombrables atteintes aux femmes, les associations et les citoyennes ne manquent jamais l’occasion de faire connaître  les crimes et les injustices commis à leur encontre pour mieux revendiquer leurs droits.

Il y a presque cinq ans, Amina El Filali, une adolescente de 16 ans, s’était donné la mort car elle avait été contrainte de se marier avec son violeur. En effet, l’article 475 du Code pénal marocain permettait d’arrêter les poursuites judiciaires contre les violeurs s’ils épousent leurs victimes ! Le suicide avait provoqué une vague d’indignation sans précédent dans le royaume ; des manifestations massives dans les rues et sur les réseaux sociaux avaient conduit à l’abrogation de l’article incriminé. Une victoire. 

En débarquant à Casablanca, Rabat ou Tanger on est toujours frappé par la forte présence féminine dans les rues, les administrations, les cafés... Bref,  les femmes investissent l’espace public. Pourtant, les associations et les leaders d’opinion dénoncent sans cesse un cadre social et législatif en décalage avec la réalité sociale. 

Certes, les progrès sous le règne de Mohamed VI sont importants : depuis son accession au trône, il a choisi de montrer sa femme et d’en faire un personnage public important, chose que n’avait pas faite son père. Une belle avancée, mais insuffisante : Lalla Salma a le titre de « princesse » pas de « reine ».

Sous impulsion royale, la Moudawana (équivalent du Code de la famille algérien) est réformée en 2004, permettant une certaine avancée, quoique jugée insuffisante par les associations : une responsabilité conjointe du couple, la possibilité de demander le divorce, la transmission de la nationalité par la femme etc. La Constitution de 2011, une concession de MVI et conséquence directe du Printemps arabe et de ses remous au Maroc, reconnaissait l’égalité entre les sexes, dans son article 19 qui stipule : « L’homme et la femme jouissent, à égalité, des droits et libertés à caractère civil, politique, économique, social, culturel et environnemental, énoncés dans le présent titre et dans les autres dispositions de la Constitution, ainsi que dans les conventions et pactes internationaux dûment ratifiés par le Royaume et ce, dans le respect des dispositions de la Constitution, des constantes et des lois du Royaume. »

Mais en 2011, l’autre Maroc s’est manifesté et a porté le PJD au pouvoir, un parti traditionnaliste et Islamiste. Les féministes crient au loup dès le début et ne ratent pas une occasion de croiser le fer avec les islamistes. Il faut dire que dès le début, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a donné du grain à moudre a ses détracteurs; une seule femme faisait partie du gouvernement, qui plus est avec un portefeuille symbolique, celui de la Famille et des droits de la femme. Mme Bassima Hakkaoui cumulait les défauts aux yeux des activistes : elle est  PJDiste, voilée et traditionnaliste affichée.  

Par la suite, M. Benkirane, s’est évertué, avec ses déclarations, à provoquer des polémiques de divers degrés. La plus notable est, sans conteste, celle se rapportant à la place de la femme dans la société, selon sa propre vision. Il a reproché aux femmes de travailler car « elles ne trouvent plus le temps de se consacrer à leurs enfants et à leur famille ».Il aaussi comparé les femmes marocaines des précédentes générations à des « lustres qui éclairaient les foyers marocains » et qui se sont, selon lui, depuis éteints. Levée de boucliers, manifestations, dénonciations.

Qu’elles soient responsables, militantes féministes ou internautes anonymes, ces Marocaines résolument progressistes ne ratent pas une occasion de se mettre en avant et de contre-attaquer face aux islamistes, aux conservateurs et aux misogynes en tous genres, fussent-ils chefs du gouvernement. Récemment, elles ont défendu les victimes marocaines de l’attentat d’Istanbul, qui, outre-tombe, se trouvent traînées dans la boue sur les réseaux sociaux, les bien pensants se demandant ce qu’elles y faisaient ce soir-là et les plus ignobles leur prêtant une petite vertu. Là encore, des femmes se battent et engagent un débat public pour dénoncer et poursuivre en justice les auteurs de ces insultes à la mémoire de ces victimes. Et c’est là la plus grande victoire : créer le débat, faire bouger la société et faire évoluer les mentalités du pays.


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