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Dimanche, 27 Mai 2018

  •   Amin Fassi-Fihri
  • lundi 9 janvier 2017 14:04

L’arrêt des consultations pour la formation du gouvernement mène le Maroc vers un grand blocage politique

Le Chef du gouvernement marocain Abdelilah Benkirane (photo de Rachid Tniouni publiée par

Le projet de loi de Finances 2017, déposé le 6 octobre 2016 n'a pas été depuis voté par les deux Chambres du Parlement, faute d'un consensus pour la formation d'une majorité gouvernementale et la désignation des groupes parlementaires.

 

  

Alors que toute la classe politique marocaine attendait l'annonce officielle du déblocage de la situation depuis les élections législatives du 7 octobre 2016, remportées par le PJD, le Chef du gouvernement reconduit dans ses fonctions, Abdelilah Benkirane, a douché ces espoirs. Il a, dans un communiqué diffusé hier dimanche, annoncé qu'il mettait fin aux négociations en cours pour la formation d'un gouvernement de coalition.

Ce coup de théâtre place immédiatement le pays dans une profonde crise politique. Abdelilah Benkirane, qui a d'énormes difficultés depuis trois mois à constituer une majorité gouvernementale, a indiqué dans la soirée du 8 janvier qu'il refusait de continuer de discuter avec le RNI (Rassemblement national des indépendants) et le MP (Mouvement populaire).

Pourtant, deux jours auparavant, il avait même annoncé que le futur gouvernement sera constitué des quatre formations de son gouvernement sortant, le PJD, le PPS (Parti du Progrès et du socialisme) de Mohamed Nabil Benanbdallah, le RNI d'Akhannouch et le MP de Mohand Laenser, autrement dit, sans l'Istiqlal, évincé de ces négociations après la sortie hargneuse de son SG, Hamid Chabat, contre la Mauritanie.

Dans son communiqué surprise diffusé hier Abdelilah Benkirane a indiqué qu'''étant donné que toute question attend une réponse, qu'Aziz Akhannouche devait me donner une réponse sous 48 heures et que celui-ci a préféré le faire via un plan de communication établi avec d'autres partis auxquels je n'ai posé aucune question, j'en conclus qu'il n'est pas en mesure de me répondre et qu'il n'y a pas lieu de poursuivre les négociations avec lui.'' Et d’ajouter : ''Il en est de même avec Mohand Laenser, du Mouvement populaire.''

Dans la même journée, soit hier, ces deux partis avaient, via un communiqué, indiqué qu'ils sont disposés à poursuivre les consultations ''mais à condition qu'ils soient associés à deux autres formations, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et l'Union constitutionnelle (UC), afin de parvenir à la formation d'une majorité gouvernementale harmonieuse et solide''. Une annonce qui aurait surpris le chef de gouvernement, lequel lui, ne veut ni de l'USFP de Driss Lachagr, ni de l'Union Constitutionnelle de Mohamed Sajid, dans sa future majorité.

 

Le courroux des ''laissés pour compte''

 

La veille de ce coup de théâtre, et en réaction au souhait du PJD de ne gouverner qu’avec le RNI, le MP et le PPS, le chef de l’UC avait estimé que cette approche faisait "fi de l’actualité partisane et de la dimension réelle des chiffres sur lesquels une telle approche est fondée". ''La formation du gouvernement sur la base de l’ancienne majorité est dénuée d’éléments de bons sens", avait jugé Mohammed Sajid, ancien président de la commune urbaine de Casablanca.

Quant au parti de ''la Rose'' drivé par Driss Lachgar, il a dénoncé "la domination d’une vision étroite dans le traitement d’une question de grande importance", accusant le Chef de gouvernement de ne pas inclure d’autres formations politiques pour constituer une équipe forte, "capable de relever les défis" auxquels fait face le Maroc. Ce qui, estime l’USFP, conduit à "une majorité limitée numériquement" pour diriger le pays.

L'arrêt des consultations pour la formation d'une majorité gouvernementale mène le pays tout droit vers un blocage politique de ses institutions, les deux chambres du Parlement n’étant pas encore constituées. La loi de Finances 2017 est exécutée depuis le 1er janvier à partir de deux décrets adoptés le 15 décembre en conseil de gouvernement car le projet de loi de Finances 2017, déposé le 6 octobre 2016, la veille des élections, n'a pas été depuis voté par les deux Chambres du Parlement, faute d'un consensus pour la formation d'une majorité gouvernementale et la désignation des groupes parlementaires.

 


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