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Dimanche, 19 Novembre 2017

  •   Boualem Alami
  • vendredi 17 mars 2017 17:38

Maroc: Saad Eddine El Othmani face au défi de former une majorité gouvernementale

 C'est une ''patate chaude'' que le roi du Maroc a donné à l'ex-SG du Parti Justice et Développement (PJD), Saad Eddine El Othmani, en lui confiant le poste de chef de gouvernement, moins de 48 heures après avoir limogé Abdelilah Benkirane. El Othmani, psychiatre de formation, devra trouver rapidement une alchimie pour surmonter les obstacles politiques et former sa majorité gouvernementale.

 

Comme cela avait été prévu par Maghrebemergent.Info, c'est bien Saad Eddine El Othmani, l’ancien SG du PJD et ex-ministre des Affaires étrangères (2012-2013) sous le gouvernement Benkirane I, qui a été chargé par le souverain marocain de former un gouvernement. Mercredi soir, Mohamed VI avait limogé le SG du PJD et chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, qui n'a pu, au bout de cinq mois de tractations, former une majorité gouvernementale.  Dans un communiqué, la Maison Royale, du Protocole et de la Chancellerie a annoncé que ''le Roi Mohammed VI a reçu vendredi au palais Royal à Casablanca, M. Saad Eddine El Othmani, du parti de la Justice et du Développement (PJD)'', qui a été ''nommé chef du gouvernement'' et ''chargé de former le nouveau gouvernement.''

El Othmani, un parcours ‘’sans histoire’’

Avant d'intégrer le PJD, El Othmani, natif d'Inezagne, entre au parlement lors des élections législatives de 1997 sous la bannière du Mouvement populaire démocratique constitutionnel (MPDC), un parti islamiste créé en 1967 par Abdelkrim El Khatib, entré alors en dissidence avec le Palais royal. En 1998, le MPDC change de nom et devient le Parti Justice et Développement, au sein duquel El Othmani va devenir le vice-secrétaire général, et en 2004, après la retraite politique d'Abdelkrim Al Khatib, le nouveau SG du PJD. En 2007, le PJD, sous la bannière d'El Othmani, arrive à la seconde place lors des élections législatives organisées la même année avec 46 sièges au parlement. Pour autant, le parti préfère rester dans l'opposition et n'entre pas au gouvernement de Driss Jettou. A l'issue du 6eme congrès du parti en 2008, Abdelilah Benkirane, un transfuge du MUR (Mouvement Unité et Réforme), dépose El Othmani du SG en obtenant 684 voix sur les 1628 voix. El Othmani rentre dans les rangs, et reste très discret, même s’il est un des cadres influents du PJD, avec Mustapha Ramid. En 2011, après la victoire du PJD aux premières élections législatives au Maroc post-printemps arabe, Saad Eddine El Otrhmani se voit confier en 2012 le portefeuille du ministère des Affaires étrangères. Il y restera, privilégiant un rapprochement avec l’Algérie en rencontrant à plusieurs reprises le président Abdelaziz Bouteflika, ainsi que la redynamisation de l’UMA, dont il était un membre du Conseil de la Choura. Jusqu'en 2013, lors d'un remaniement ministériel à la suite de la sortie du gouvernement de l'Istiqlal, et l'arrivée des Indépendants du RNI, dont le leader, Salaheddine Mezouar, sera chargé de la diplomatie marocaine dans le gouvernement de Benkirane II.

Entamer rapidement les tractations politiques

Saad Eddine El Othmani, médecin et psychiatre de formation, devra entamer dans les plus brefs délais les négociations pour la formation d'un gouvernement, après l'échec de son prédécesseur, cinq mois après les élections législatives d'octobre 2016. Il devra avoir, pour cela, un appui discret du chef du RNI, Aziz Akhannouch, natif du Souss également, et qui serait derrière sa nomination par le roi. Les négociations du chef de gouvernement sortant avaient notamment achoppé sur la participation des socialistes (USFP) à la future majorité, une des deux conditions du RNI, (avec l'éviction de l'Istiqlal,) imposées à Benkirane pour former sa majorité. Le PJD avait obtenu 125 des 395 sièges du Parlement. N'ayant pu obtenir la majorité, il devait dés lors composer avec le RNI, tout en reconduisant l'ancienne majorité gouvernementale, constituée, en plus du RNI, de l'Istiqlal (nationaliste) et du PPS (Communiste). Le Parti Authenticité et Modernité (PAM), dont le fondateur, Fouad El Himma, ex-ministre délégué à l'Intérieur et proche du roi, avait obtenu la seconde place lors des dernières législatives avec 102 voix, avait annoncé qu'il ne ferait pas partie d'un gouvernement dirigé par le PJD. Lors de ces élections législatives, le taux de participation était de 43%.


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