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Mardi, 19 Septembre 2017

  •   Boualem Alami
  • mercredi 13 septembre 2017 19:00

Maroc- Le gouvernement PJD inaugure la rentrée sociale par… la célébration de ses 100 jours

Saad el Othmani réussira-t-il à déverrouiller le dialogue social ?

Dans les syndicats, il y a comme une mobilisation générale pour d’éventuelles frondes à venir : ils aimeraient obtenir la preuve de la possibilité de relations apaisées de l’exécutif avec eux qui fasse oublier l'ère Benkirane, marqué, déplorent-t-ils, par le verrouillage du dialogue social.

 

 

Une sorte de conclave politique marquera la rentrée sociale marocaine, avec l'invitation à des échanges de vues de six partis de la majorité gouvernementale moins le Parti pour la justice et le développement (PJD, islamiste), qui semble bouder l'exécutif que, pourtant, il dirige !

Le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani (PJD) a ainsi présenté, en guise de rentrée sociale, le bilan des quatre mois de gouvernement, avec l'implication, également, des deux chambres du Parlement. La loi de Finances 2017, qu’on a fait passer aux forceps, a été ''oubliée'' dans ce bilan, dont le rapport de présentation de 150 pages aborde, sans trop s'étaler dessus, quelques grands chantiers politiques : ''la réforme de l’administration et la consécration de la bonne gouvernance'', ''le développement du modèle économique'', etc.

Mis à part ce conclave, centré sur l’explication de ce bilan, le gouvernement a focalisé son attention sur les rentrées scolaire et universitaire, notamment le recrutement de 35.000 enseignants.

 

Les syndicats : ''Il faut passer aux choses sérieuses''

 

Si les partis de la coalition gouvernementale, comme l'opposition, n'ont pas trop critiqué ces ''100 jours'' du gouvernement dirigé par le PJD, au sein des états-majors de ces syndicats, il y a comme une mobilisation générale pour d’éventuelles frondes à venir. Les revendications portent notamment sur une revalorisation des salaires, avec la hausse du SMIG dans les deux secteurs, privé et public, le droit de grève, la réforme des retraites, ou la hausse des allocations familiales...

En fait, les syndicats aimeraient obtenir la preuve de la possibilité de relations apaisées de l’exécutif avec eux, qui fasse oublier l'ère Benkirane, marqué, déplorent-t-ils, par le verrouillage du dialogue social.

''Nos requêtes sont connues et partagées depuis longtemps. Nous attendons des propositions concrètes'', prévient El Miloudi El Mokharek, secrétaire général de l’Union marocaine du travail (UMT), cité par L'Economiste. Pour le numéro 2 de la puissante Confédération démocratique des travailleurs (CDT), Abdelkader Zaer, ''il faut passer aux choses sérieuses, beaucoup d’engagements n’ont pas été respectés notamment ce qui reste de l’accord de 2011''.

 

Une première erreur politique d’El Othmani

 

Saad Eddine El Othmani aurait commis un première faute : à la place d'une réunion avec tous les partenaires sociaux, il a choisi des rendez-vous sectoriels pour préparer le dialogue social. Ce qui a, fatalement, exacerbé le malaise au sein des syndicats.

Selon Miloud Moukharek, ''les rares départements qui ont tenu ces rencontres n’ont pas pu prendre de décision. Ils n’ont pas de marge de manœuvre sur les dossiers qui ont un impact financier.'' Et d’ajouter : ''Si ce gouvernement a la volonté politique du dialogue et de la concertation, nous allons construire ensemble. Dans le cas contraire, nous allons poursuivre la lutte syndicale sous toutes ses formes.''


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