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Mardi, 19 Juin 2018

  •   El Kadi Ihsane
  • vendredi 2 mars 2018 13:03

Pourquoi Erdogan n’est pas l’architecte du miracle turc alors que Khelil est bien le "facilitateur" de Saipem

La chronique hebdomadaire de El Kadi Ihsane sur El Watan a tenté de mettre au clair la part de chacun dans le miracle économique turc.

 

La visite ce 27 et 28 février du président Erdogan en Algérie a provoqué une polémique sur les réseaux sociaux algériens entre partisans et hostiles.  Curiosité saisissante, l’argument redondant dans l’argumentaire des inconditionnels de  Tayeb Erdogan, outre sa position pro-palestinienne, est qu’il a transformé la Turquie en Dragon économique. Ce qui pourrait donc – lire en creux-  lui permettre, entre autres, de prendre des « libertés » avec le respect des droits humains et du jeu démocratique dans son pays. Si cette chronique a choisit de s’emparer de ce thème c’est parce que la visite de Erdogan à Alger est l’occasion de faire la part des choses dans « le miracle turc ». Le développement prodigieux (7% de croissance moyenne de PIB par tête durant une décennie) de l’économie turque n’est pas le fait de l’AKP (courant islamiste modéré dont est issu Erdogan). Il est le résultat d’un consensus politique nationale né à la fin des années 90 au cœur d’une longue séquence de stagnation économique devenue crise financière en 2000 avec son lot d’inflation, de déficits publics et d’insolvabilité vis à vis des partenaires étrangers. Ce consensus porte un nom,  insertion dans l’économie mondiale par la convergence avec la norme UE.  La Turquie a engagé des réformes de marché en 2001 (gouvernement de droite) pour juguler les grands déséquilibres, a voté la demande d’adhésion à l’Union Européenne, et s’est auto-infligée une mise à niveau juridique et institutionnelle pour y parvenir. L’AKP depuis qu’il a pris la majorité parlementaire (cohabitant longtemps avec un président non islamiste) a accéléré la mise en œuvre de ce modèle en réalité exportateur, qui ne dit pas son nom.  La Turquie a profité de l’arrivée de l’Euro fort en Europe pour développer un avantage concurrentiel monétaire rendant ses exportations particulièrement dynamique. L’AKP, avant Erdogan, a démocratisé l’accès au marché intérieur (75 millions de consommateurs) en faisant monter « les tigres anatoliens », ces industriels  et bâtisseurs de « second rang » non liés au grand capital turc de la période kémaliste antérieure laminé par la crise des années 90.  Avant d’en faire des acteurs nouveaux et triomphants de l’exportation.  La clé du succès turc est donc là. Le modèle de croissance bâtit sur l’ouverture à l’économie mondiale, l’exportation et la modernisation en vue de l’intégration à l’Union Européenne a transcendé les clivages idéologiques et sociétaux entre laïcs et islamo-conservateurs. Quel est donc le mérite du président Turc dans l’efficacité de ce modèle développementiste ?  Il n’est sans doute pas celui de Mohamed Mahatir  premier ministre malaisien architecte d’un autre modèle de croissance, lui aussi exportateur, mais construit sur les nouvelles industries et les services. Erdogan n’est architecte de rien du tout. Il a continué aussi longtemps que possible la formule qu’il a trouvée en arrivant. Avant d’accélérer l’atterrissage d’urgence de son économie dont il n’est, certes, pas, l’unique responsable. Les portes de l’Union Européenne se sont fermées durablement avant la montée des populismes islamophobes et les efforts de convergence ont cessé. La demande interne chez ses clients traditionnels (Europe en premier) a ralentit sa croissance à partir de 2009. Les marchés émergents, autres clients potentiels comprenant l’Algérie, n’ont pas confirmé toutes leurs promesses. En outre ; le changement de son paradigme diplomatique (Zéro conflit avec les voisins), porté entre 2009 et 2014 par Ahmet Davutoglu (éphémère premier ministre  par la suite), a relancé les dépenses de sécurité et fragilisé le consensus national. Le président Erdogan a sans doute quelques importants acquis à son bilan économique, notamment l’élargissement de la base du capitalisme turc, élitiste auparavant.  Il n’est pas l’incarnation du modèle de réussite turque.  Il risque même d’en devenir l’acteur du démantèlement si l’alternance démocratique devait rester bloquée à Ankara aux prochaines élections.

 Aveu de Temmar

Le consensus algérien autour de réformes de marché pour une insertion non primaire (export énergie) dans l’économie mondiale n’existe pas.  Surtout pas au sein du pouvoir. Ma longue interview de Hamid Temmar la semaine dernière sur Radio M a contribué à en rendre les contours plus clairs. « Nous n’avons pas appliqué les réformes lancées en 2001 parce qu’à partir d’un moment il y’avait de l’argent et nous pensions que  nous avions le temps ». La réforme économique qui change l’allocation des ressources publiques non plus pour satisfaire un clientélisme politique mais pour soutenir « ses dragons anatoliens » à émerger, n’est jamais un choix de conviction dans le système de pouvoir algérien. Il est esquissé lorsque la contrainte financière est à son comble. Par à coups forcés entre1988 et 1998, puis par nécessité tactique en 2001-2004.  L’économiste le plus proche du président Bouteflika dont il a été ministre durant plus de 12 années n’affiche pas de conviction forte au sujet de la trajectoire de la réforme. Aucune autocritique. Elle a été entamée (dans les textes), gelée à partir de 2006, puis abandonné pour un retour au schéma classique des états pétroliers clientéliste.  Bien sur, la réserve peut être apportée tout de suite ici, une réforme des secteurs d’activité (finances, électricité, Téléphonie, ect..) j n’ai pas  une politique de réforme si elle ne met pas en branle massivement une population d’acteurs d’entreprises qui proposent la nouvelle valeur ajoutée. L’échec est patent de ce côté là avec la survenance d’un modèle à petits oligarques liés au budget de l’Etat.  La crise en Turquie en 2000 a débouché sur une feuille de route pluri décennale soutenu par un large consensus politique. En Algérie la crise des années 1990 n’a pas réussi l’édification d’un consensus semblable. La faute au seul pétrole à plus de 100 dollars ? Il y a de sérieuses raisons d’en douter. Le modèle de l’économie diversifié est un modèle à acteurs économiques et sociaux diversifiés. C’est un modèle déconcentré, qui reconnaît et donc subit, l’autonomie relative des créateurs de richesse. Exactement ce dont Abdelaziz Bouteflika n’a pas voulu. Ingrédient dangereux de la transformation démocratique du pays. Frein devant son développement surtout. La preuve, Erdogan est reçu à Alger dans une proche posture de suzerain et de vassal, non étrangère à l’Histoire des deux pays.

 Khelil, bien sur que ce n’est pas fini

Il existe des dizaines de raisons pour que Ahmed Ouyahia n’occupe plus de fonctions officielles en Algérie, si l’on devait compter tous les actes invalidants qu’il a commis depuis 1996.  La dernière devraient interpeller les Algériens dans leur effort d’austérité. Le premier ministre a absous Chakib Khelil de toutes poursuites, déclarant, à la place de la justice, que son affaire était close. Elle ne l’est pas. Le tribunal de Milan l’a relancé de manière spectaculaire. Le nom de l’ancien ministre de l’énergie de Bouteflika est cité à plusieurs reprises dans les PV de l’enquête milanaise. Notamment pour ses rencontres avec le patron de ENI à Paris et pour son lien avec l’intermédiaire en affaires de Saipem en Algérie, Farid Bedjaoui, en fuite. Les montants en jeu sont colossaux. Un autre montant circule désormais : 198 millions de dollars en été touché en commission par des responsables algériens afin de permettre à la compagnie d’obtenir des marchés en Algérie. Une question reste en suspens. Ce montant figure t’il dans les 305 millions de dollars perçus par l’homme lige du ministre de l’énergie. Ou est ce qu’il s’y ajoute ? Les algériens, passés en mode austérité, sont conviés à y réfléchir aussi. En attendant d’avoir leurs propres juges milanais.


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5 Commentaires

  • Les turcs dans l'histoire sont reconnus comme un peuple d'une cruauté incroyable,surtout en Europe centrale au xiv et xvé ,en ce qui nous concerne de 1525 à 1830 c'est le dépouillement à grande échelle ;comment il procédaient à ce dépouillement avec le concours des beys et 2 fois par an,ils expédiaient par caravanes tout le butin récolté vers le DEY d'Alger et direction de la"PORTE SUBLÏME"
    *les postes militaires créer en certains points du pays consistaient à sécuriser ces caravanes d'une longueur immense composée de laine de tapis,d'argent ,d'or, bref tout! même le bétail ....
    *Les ottomans ont mis à plat le pays ,rendu le peuple déshérité au dernier cran sauf l'intérieur ou ils n'osaient pas s'aventurer,
    *Les turcs nous ont laisser un virus "le terme BEYLIK" qui a cours jusqu'à l'heure actuelle,pour détruire les biens publics certains de nos compatriotes vous disent texto:"çà te regarde c'est au beylik!
    *Aussi le brigandage en haute mer ce qui qui nous avait fait un grand préjudice et colonisation par la suite,
    Voilà succintement un petit aperçu de l'activité "OTTOMANE"avec un grand O.

    Rapporter BENDIAB samedi 3 mars 2018 09:48
  • Monsieur arrêtez de nous raconter des âneries sur la Turquie elle dépasse votre petit cerveau .....

    Rapporter skander samedi 3 mars 2018 04:06
  • La chronique hebdomadaire de SI El kadi Ihsane sur el watan a tenté de mettre au clair la part de chacun dans le miracle économique turc’ ´

    Avec quoi ? Du vent ?
    !!!!
    Rien que ça !
    Chwiya humilité ya si el kadi

    Bien sur quand l’élite est absente ! Les pseudo experts et pseudo journalistes dansent

    Rapporter bougateau ihsane vendredi 2 mars 2018 23:16
  • E.K.I pourtant fin analyste, semble emprunter des raccourcis pour le moins incompréhensibles lorsqu'il dénie toute initiative créatrice de richesse à M. Erdogan depuis son arrivée au pouvoir, et même avant lorsqu'il dirigerait la mairie d'Istanbul.
    Passons sur les succès économiques que personne n'ignore. Le mérite d'Erdogan, et de sont parti AKP, n'est pas uniquement d'avoir donné une dynamique de conquête de marchés époustouflante, aidé par un pouvoir formidable d'adaptation aux fluctuations et tendances internationales, déployant une diplomatie des plus performantes au monde, mais d'avoir pu moraliser la vie économique dans le pays et insuffler une nouvelle manière manière de gérer les affaires de la cité à savoir la droiture, l'efficacité et l'exemplarité, cette voie de salut résumée par un terme que d'aucuns trouveraient trop "islamiste": El Istiqama.
    L'efficacité d'Erdogan et de 'AKP, s'est distingué, quant à elle, par une immersion presque totale dans les préoccupations quotidiennes des couches sociales les plus défavorisées, par un grand travail d'écoute et d'imprégnation des attentes et aspirations du peuple turc, faisant sienne une doctrine qui a fait ses preuves sous d'autres cieux, à savoir libérer les initiatives du jeune entrepreneuriat en facilitant l'accès aux outils de communications et infrastructures les plus modernes.

    Rapporter Djamel Cheniki vendredi 2 mars 2018 20:45
  • La Turquie après des dizaines d'années de dictature militaire jusqu'aux années 70 ou l'armée a décidé de donner du leste aux civils à condition de sortir le pays de sa léthargie et effectivement les turcs ont jetés les bases de l'économie de marché et s'étaler sur les projections de l'industrie et de l'agriculture;
    *Il faudra bien ne pas omettre d'oublier que cet"ERDOGAN"a porté préjudice aux arabes de la région par:
    -primo l'aide intensive aux combattants de"DAECH"par l'achat du pétrole à bas prix de Kirkouk pour la bagatelle de 5 $
    le baril quand le baril coûtait :140$,via google earth il fallait voir le défilé des camions citernes par milliers renflouer la Turquie en pétrole "gratos" parfois les turcs le payer par cession d'armement.
    *Arrive 2011 les problèmes de la Syrie ont été en grande partie alimentés via le territoire turc,les services spéciaux français avec les services turcs planifier l'envoi des "djihadistes"tous les terroristes avaient transité via la Turquie.
    *Après la destruction des villes du nord frontalières avec le pays turque ,tous les ateliers syriens ont été transféré en territoire turc.
    En gros 80% du mal fait en SYRIE vient des turcs!
    *Et nos gouvernants accueillent ce destructeur des civilisations arabes les bras ouverts ,aussi rare les algériens qui connaissent en détail la période "Otomane"pendant 3 siècles qu'est ce qu'elle a fait comme dégâts à mon peuple!
    *A titre indicatif dans la région d'ALGER nos compariotes vivaient pratiquement nus et les moustiques ne pouvaient les piquer car leur peau faisait office de carapace!!!il est à retenir qu'en ce temps là la région était des marécages.

    Rapporter ELABBASSI vendredi 2 mars 2018 20:38
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