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Samedi, 29 Avril 2017

  •   Dr Abderrahmane Mebtoul*
  • mercredi 4 janvier 2017 11:06

La stabilité de l’Algérie passe par une vision stratégique portée par un large front anti-crise (contribution)

L’Algérie, qui a d’énormes potentialités, a un répit de trois ans pour  éviter de vives tensions sociales entre 2018 et 2020.

 

La majorité des réseaux sociaux condamnent avec fermeté le vandalisme qui s’est déroulé à de Bejaia, wilaya de culture ancestrale qui a apporté beaucoup à la révolution. En ces  moments de grands bouleversements géostratégiques, la vigilance est de mise.  Certains veulent créer un sentiment de sinistrose en Algérie et semer le désordre. Au lieu de discours chauvinistes  auxquels personne ne croit, il faut analyser lucidement la situation pour répondre concrètement aux  défis de l’Algérie. Le temps se compte, l’Algérie  ne connaitra pas d’implosion sociale à court  terme pour quatre raisons, mais rendant urgent  un renouveau de la gouvernance centrale et locale.

Premièrement, évitons la sinistrose, l’Algérie n’est pas dans la situation de 1986, où les réserves de changes étaient presque inexistantes avec un endettement qui commençait à devenir pesant. Avec 114  milliards de dollars de réserves de change fin 2016  et une dette extérieure inférieure à 4 ou 5 milliards de dollars, ces réserves de changes, si elles sont bien utilisées, peuvent à la fois servir de tampon social.

Deuxièmement, vu la crise du logement, le regroupement de la cellule familiale concerne une grande fraction de la population et les charges sont payées grâce au revenu familial global. Mais  attention : résoudre la crise du logement sans relancer la machine économique prépare à terme l’explosion sociale, la croissance ne pouvant être portée que par des entreprises productives concurrentielles.

Troisièmement, grâce à leur travail mais également aux subventions étatiques, les familles algériennes ont accumulé une épargne sous différentes formes. Cependant, il suffit de visiter les endroits officiels de vente de bijoux pour voir qu’il y a «déthésaurisation» et que cette épargne est , malheureusement, en train d’être dépensée face à la détérioration de leur pouvoir d’achat. Cela peut tenir encore deux à trois ans. A la fin de cette période, tout peut arriver.

Quatrièmement, l’Etat, malgré des tensions budgétaires qui iront en s’accroissant, les dispositions de la loi de finances  de 2017, continue à subventionner les principaux produits de première nécessité (27% du  budget): il n’est pas question de toucher à deux produits essentiels pour les plus pauvres, à savoir le pain et le lait. En revanche, à terme, il s’agira de cibler les subventions qui, généralisées, sont insoutenables pour le budget. Pour rappel, sur les 28 milliards de dollars de subventions  et  transferts sociaux en 2015/2016, les carburants accaparent plus de 10 milliards de dollars.

En résumé,  l’Algérie connait  une crise de gouvernance mais pas une crise financière. Mais cette crise de gouvernance peut se transformer en crise financière avec de vives tensions sociales entre 2018/2020 si l’Algérie n’assure pas de profondes réformes structurelles portées par toutes les  forces vives de la Nation, comme j’ai eu à le démontrer dans l’interview au quotidien américain American Herald Tribune le 28 décembre 2016.  L’Algérie qui a d’énormes potentialités, a un répit de trois ans pour  éviter de vives tensions sociales entre 2018 et 2020. La  situation peut être maîtrisable, exigeant comme je l’ai suggéré depuis trois années, un large front national de lutte contre la crise, me réjouissant que cette idée force soit reprise tant par  l’opposition que le pouvoir.  Cela exigera plus de rigueur budgétaire, une lutte contre les surcoûts, le gaspillage et la corruption afin de ne pas pénaliser que les salariés. Mais la solution la plus   durable, est la mise en œuvre rapide d’une stratégie claire de développement, passant par une réorganisation du système partisan et de la société civile, qui serviront  d’intermédiation efficace collant avec la réalité sociale, afin d’éviter l’affrontement direct services de sécurité /citoyens.

(*) Professeur Abderrahmane MEBTOUL  expert international

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