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Jeudi, 23 Mars 2017

  •   Abed Charef
  • mardi 7 mars 2017 20:34

François Fillon et les petits complots entre amis (opinion)

La présidentielle française de mai prochain a pris une tournure inattendue avec l’affaire Fillon. Celui-ci s’accroche, et crie au complot, une thèse qui passe mal.

 

 François Fillon est politiquement mort. Le candidat de la droite n’est plus en situation de remporter la présidentielle française de mai prochain, qui lui semblait pourtant promise. Si, par miracle, il y parvenait, sa victoire serait pire qu’une défaite. Avec un Front National à plus de 40% et un statut judiciaire précaire, il se retrouverait dans une situation très délicate. Non seulement il ne pourrait gérer son pays, mais une éventuelle victoire donnerait un coup de fouet au Front National, qui peut envisager la présidentielle de 2022 avec beaucoup d’assurance.

L’attitude de François a surpris. Accusé d’avoir fait bénéficier sa femme et deux de ses enfants d’emplois fictifs, menacé par une mise en examen imminente, il est passé de favori de la présidentielle à un statut de comparse discrédité et humilié. Il a virtuellement provoqué la défaite de la droite, mené sa « famille politique » au bord de l’éclatement, et transformé une victoire promise en une déroute qui s’annonce mémorable.

Mais malgré la tempête, il a refusé d’abdiquer. L’homme effacé, qui a longtemps courbé l’échine, apparait sous un autre visage, et veut coûte que coûte poursuivre un combat que tout le monde considère perdu. Contre tous les diagnostics politiques, contre le bon sens, il s’accroche, il « s’obstine », selon la formule d’Alain Juppé, qui a renoncé après avoir fait figure de possible plan B.

Complot antirusse ?

De nombreuses explications ont été avancées pour expliquer cette attitude, qui ne relève plus du politique, mais de l’irrationnel. Avec une dose importante de « complotisme ». François Fillon l’a publiquement évoqué, ce qui justifierait son comportement donquichottesque. Mais qui seraient ces moulins à vent mobilisés contre lui?

Les russophobes, peut-être. François Fillon a affiché sa sympathie pour la Russie, à l’opposé de l’écrasante majorité d’une classe politique française, très hostile à « la Russie de Poutine ». Donald Trump, accusé lui aussi de sympathies envers Moscou, a réussi à gagner, en déjouant tous les pronostics, malgré l’hostilité de ses adversaires démocrate et d’une partie du parti républicain. Elu, Trump doit toujours subir les attaques de ce supposé lobby antirusse, qui montre ainsi sa puissance. Conclusion : Fillon n’a qu’à tenir, et réussir le même exploit que Trump.

Le complot des sondages

N’a-t-il pas déjà déjoué le complot des sondages, qui le donnaient encore à la traine, à un mois du premier tour de la primaire de la droite? Les sondages, aujourd’hui très défavorables, peuvent se retourner. Il en est convaincu. Sauf que les sondages de la primaire se sont retournés en sa faveur lorsqu’il pouvait constituer un recours pour la droite dure, en affichant des vertus morales inattaquables. Aujourd’hui, c’est l’inverse  qui se produit : il apparait comme l’archétype du profiteur menteur, qui se gave et gave sa famille, tout en tenant un discours moralisateur.

Le complot Jean-François Copé

Le candidat de la droite peut aussi rappeler un autre complot dont il a été victime : celui de l’élection du patron de l’UMP, en 2012. Contrôler le parti de la droite devait servir de tremplin idéal pour préparer la présidentielle de 2017. Un complot l’en a privé, l’empêchant d’être candidat naturel de la droite à l’approche de cette échéance.

Donné largement vainqueur pour prendre la tête de l’UMP, il avait été victime d’un truquage éhonté de la part de son rival Jean-François Copé. Cette opération a d’ailleurs achevé Copé, dont la vie politique ne rebondira plus jamais.

Le complot Sarkozy

Nicolas Sarkozy a aussi joué un rôle central dans cet itinéraire tourmenté. L’ancien président français avait pris François Fillon comme premier ministre, dans le but de l’humilier et d’écarter un rival. Il l’a qualifié de « collaborateur ». Celui-ci n’a pas bronché, attendant son heure. Il a pris une belle revanche lors de la primaire de la droite, en devançant largement Sarkozy, contraint de se rallier à son ancien « collaborateur ».

Sarkozy a-t-il digéré cet échec? L’homme qui avait annoncé sa volonté de renoncer à la vie politique après sa défaite face à François Hollande en 2012 a montré qu’il était incapable de rester loin des travées du pouvoir. Il avait bien manœuvré pour reprendre l’UMP, qu’il a rebaptisé « les Républicains, », en vue d’en faire une machine à son service. L’opération n’a pas marché. Il lui faudra donc patienter encore cinq ans pour espérer revenir. Mais si Fillon devient président de la république, la carrière de Sarkozy serait définitivement terminée, car Fillon serait le candidat naturel de la droite en 2022. Sarkozy peut-il accepter cela ?

Complots multiples

A ce stade, les révélations du Canard Enchaîné, à l’origine des tourments de François Fillon, apparaissent à ses yeux comme un complot évident. Comment des informations pareilles peuvent-elles surgir de nulle part pour casser l’élan d’un futur président de la république ? C’était d’ailleurs l’argumentaire de François Fillon : il n’a pas tenté de nier les faits, mais il a tenté de les présenter comme les éléments d’un complot dirigé contre lui. Complot d’ailleurs relayé ensuite, selon lui, par les appareils de l’Etat et par la justice.

Qui a piloté le complot ? Sur ce terrain, rien ne se dit, tout se suggère. François Hollande ? Le « laboratoire » qui a fabriqué Emmanuel Macron ? La droite, dont de nombreux dirigeants ne veulent pas le voir s’installer à la présidence de la république, où il pourrait durer et entraver leurs ambitions?

François Fillon pourra consacrer toute sa retraite à ne pas répondre à cette question.


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