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Jeudi, 21 Juin 2018

  •   El Kadi Ihsane
  • vendredi 24 novembre 2017 18:02

Le futur algérien vu par AXA sans l’impôt sur la fortune

 

La chronique hebdomadaire d’El Kadi Ihsane s’est arrêtée sur le tour de passe-passe qui élimine l’impôt sur la fortune de la loi de finance 2018. Mais pas seulement.

 

 La commission finances de l’APN a retiré l’impôt sur la fortune de la loi de finance pour 2018.  Ce sont des députés de la majorité FLN-RND qui, en débat de plénière, ont donné l’assaut contre le dispositif prévoyant un impôt sur la fortune. Le gouvernement est désavoué par ses soutiens. L’enjeu est assurément plus symbolique qu’opérationnel. L’Impôt sur la fortune était dans le PLF 2018 une mesure d’accompagnement pour faire passer la pilule des nouvelles taxes qui vont éroder le pouvoir d’achat. « Nous allons prendre aussi aux riches, acceptez qu’on vous prenne à vous ». Sans objectif chiffré sur les revenus escomptés, l’ISF était une  transformation de l’impôt sur la propriété foncière de la loi de finance de 1993 du gouvernement Abdeslam. Elargissement de l’assiette, changement des taux. Le problème est que, depuis son instauration, cet impôt n’a jamais été recouvert par l’administration fiscale. L’identification des biens imposables serait tout simplement « injouables » pour les préposés. Mécanisme obsolète. Le cadastre ne renseigne pas intégralement. Visiter la villa d’un haut responsable de l’Etat ou d’un homme d’affaires adoubé pour en mesurer la superficie est très compliqué. Bref, la volonté politique de taxer le patrimoine n’existe pas chez le pouvoir.  L’inconscient collectif qui prédomine est connu : « la rente pétrolière suffit à tous pour ne pas aller chercher des ressources fiscales sophistiquées comme celle liées au patrimoine ».  Il aura donc fallu beaucoup pour que « la machine » de l’ISF se grippe. Juste quelques députés de la majorité qui rappellent l’impossibilité matérielle de recouvrer cet impôt sans nouvelles dépenses pour doter l’administration fiscale de nouveaux moyens. Gouvernement incompétent ou manœuvrier tactique ? Quelque soit la réponse, le risque politique pris avec cette opération propagandiste avortée de l’ISF, n’est lui couvert par aucune assurance.  « Un gouvernement qui  n’est pas capable de taxer la richesse » est il un gouvernement anti-pauvres ?  La « rue » s’en souviendra.

Le FNI actionnaire très dormant

Le géant mondial de l’assurance AXA a annoncé qu’il allait réduire ses activités dans de plusieurs pays dans le monde, dont l’Algérie. Mauvaise surprise. AXA Algérie était partie il y’a cinq ans pour être le spectre du marché de l’assurance domestique. Capitalisé en 51-49 avec le FNI et la BEA, l’affaire algérienne de AXA avait fière allure dans ses starting-blocks. Elle a ensuite enchainé trois résultats déficitaires. Rien d’alarmant, phase d’investissement. Le chiffre d’affaires était en hausse et c’était l’essentiel. Mais au delà, la perpétuation des résultats opérationnels médiocres ont fini  par poser la question de la consistance du marché algérien et de la taille de l’investissement qu’il convenait de lui adapter. La filière IARD (assurance des risques) est « pourrie » par le poids déformant du secteur public. La guerre des tarifs a cannibalisé les marges. La dépression des nouvelles immatriculations en véhicules a accéléré la chute. L’autre filière, celle de l’assurance des personnes, avance lentement. En l’absence d’un marché financier pour convertir les produits en épargne d’investissement de long terme, l’activité ne tient pas ses promesses.  En fait, la crise de l’industrie de l’assurance a finalement frappé le dernier entrant plus que les autres. Et comme il s’agit d’un acteur mondial coté en bourse et de sa rentabilité, il a fini par réagir. Le réseau AXA Algérie va être optimisé et des dépenses de développement différés.  Un camouflet pour l’attractivité du pays. Et pour ses coactionnaires.  Plusieurs voix se sont élevées pour revendiquer que le Fonds National d’investissement  (FNI), ne bénéficie pas du refinancement par l’artifice du non conventionnel, comme souhaité par le gouvernement. Le temps serait venu pour lui de fructifier ses investissements en sortant de quelques uns des tours de tables ou il s’est engagé depuis cinq ans et d’aller investir ailleurs. Les nouvelles venant d’AXA rende un peu plus pressante cette exigence. En attendant de faire le point sur l’engagement mastodonte dans le capital de Djezzy.

Chaos de l’offre médiatique

Le chaos de l’industrie des médias n’a jamais été aussi dévastateur en Algérie. Il s’est incarné cette semaine dans la grève de la faim de la directrice du journal Al Fadjr en appui à une revendication rafraichissante, la levée du monopole sur la publicité publique. Quel est le tableau ? Une presse papier inondée depuis dix ans par des titres – jusqu’à 130 en 2014- pour la plupart fantoches, dont le seul but est de noyer les journaux professionnels issus de la période d’avant Bouteflika.  Opération financée par les fonds publics. Crédit d’impression par les imprimeries publiques et fourniture de publicité institutionnelle par l’ANEP. Résultat les faux emplois de ce continent factice ont affaibli les vrais emplois de la presse à lecteurs. L’Algérie n’a plus de grands journaux capables de devenir de grands groupes médias sur le modèle des médias de l’Europe de l’Est post communiste, ou cette mutation a été possible, avec le bémol d’une entrée en force des propriétaires capitalistes dans les tours de tables. Le lancement de l’audiovisuel après le printemps arabe aurait pu à partir de 2012 redistribuer les cartes et renouveler le modèle de l’industrie médiatique. Là aussi le naufrage est complet. Les télévisions privées sont maintenues depuis cinq ans dans un statut  juridique précaire incompatible avec la croissance et la rentabilité. Plusieurs télévisions ont déjà renoncé. Les plus regardées sont financièrement au bord du gouffre. Aucune n’est en mesure de devenir un acteur classique de cette filière en finançant la production du cinéma  et des séries ou en soutenant l’activité du sport (achat de droits d’images). Là aussi des milliers d’emplois crées et en voix de destruction. Reste la presse électronique. Elle détient le plus gros potentiel d’affaires par son modèle souple et progressif. Mais demeure la plus fragile à cause du gap numérique algérien. Et de son exclusion systématique du dispositif légal. La filière de l’industrie médiatique algérienne devrait être un pole de croissance et un hub  d’outsourcing dans la région. Elle est combattue comme jamais par un pouvoir politique vissé sur la gestion de l’information à l’ancienne. Et sans ambition d’avenir. Sans incidence sur le climat des affaires ?


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1 Commentaire

  • ...on est loin de la liberté de la presse pour arriver à une liberté intellectuelle d'expression.

    Rapporter Bahchichou vendredi 24 novembre 2017 23:53
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