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Vendredi, 15 Décembre 2017

Algérie : comment « investir global » dans le petit monde de Abdeslam Bouchouareb



La nouvelle d’un imminent investissement dédié à l’exportation de Volkswagen en Tunisie a « allumé » la chronique Hebdomadaire d’El Kadi Ihsane sur El Watan.

 

Le scénario du premier semestre 2017 est déjà écrit. Les dépenses publiques se rétractent. Les entreprises qui travaillent pour l’Etat client s’enfoncent dans la crise des impayés. Le chômage poursuit son redressement. L’autre scénario lui est en route depuis 2015, celui de la remontée de l’inflation qui érode les pouvoirs d’achat. Qu’est ce qui peut venir adoucir une telle trajectoire grisâtre ? L’investissement productif. L’annonce d’une série de partenariats dans le montage automobile en 2016 a été applaudi pour la symbolique du premier pas, plus souvent que critiquée pour la faiblesse de son modèle industriel (SKD pour le marché local). Les semaines et les mois qui viennent rendront un arbitrage vital sur l’attractivité de l’Algérie pour l’investissement. Le pronostic est très réservé. Une nouvelle trappe se dessine. Investir uniquement dans le schéma ancien de la satisfaction du marché domestique. Pour les partenaires étrangers, l’Algérie serait le territoire ou l’on consent un investissement pour ne pas perdre sa part de marché sous la contrainte des politiques de contingentements (voitures, Ciment, ect…). Le Maroc et la Tunisie eux seraient les plates-forme de l’exportation. Une information diffusée par la TAP ce week end vient conforter cette appréhension. Volkswagen est en négociations avancées pour installer en Tunisie une usine destinée à l’exportation. Le gouvernement tunisien aurait consenti dix années d’exonération d’impôt pour attirer le gros constructeur allemand. Après Renault et Peugeot au Maroc Volkswagen viendrait donc enfoncer le clou en Tunisie. L’Algérie ne peut capter, sous la contrainte des quotas, que des investissements low coast, de taille minimale pour maintenir la part de marché de la marque dans le pays. Ce ne sont pas des conquêtes d’attractivité mais des butins de prises d’otages. Lorsque l’investisseur peut choisir, il installe son actif producteur d’avenir dans les pays voisins, à partir desquels il reste dans l’économie monde. Alors que dans le modèle d’investissement en Algérie, il se coince dans un territoire. Cette appréhension ne doit pas modifier totalement le jugement sur les derniers partenariats engagés. Il fallait bien commencer à assembler des voitures en Algérie. L’enjeu est donc de remonter rapidement la filière, d’intégrer de plus en plus localement, et de se projeter en dehors du marché algérien. Un expert financier très pertinent note d’ailleurs que les 75 000 véhicules autorisés à l’importation en 2016 n’ont pas tous été vendus. Ce qui montrerait bien que le contingentement de l’importation par la hausse des prix aurait pu suffire sans recours aux quotas et licences. La taille « normale » pressentie en moyenne pour les trois prochaines années serait de 150 000 nouvelles immatriculations par an. L’offre de véhicules neufs des nouvelles usines d’assemblage – il y a eu l’annonce de Suzuki avec Tahkout à Saida cette semaine- pourrait dès le milieu de l’année prochaine se retrouver excédentaire si les importations sont maintenues.

Bon pour le FMI

Ce qui se passe du côté de la relance de l’offre de biens et de services est plus préoccupant que les coupes sombres dans le budget de 2017. Une conférence nationale sur ce thème qui devait se tenir ce 06-07 février a été reportée à plus tard. L’effet choc du nouveau code des investissements votés en juillet dernier est manqué. Le CNI, organe politique très controversé qui filtre des grands investissements étrangers en Algérie, a réduit son champ d’intervention, le droit de préemption affaibli, le 51-49 passé sous le régime de la loi de finance, le partenariat public-privé réhabilité (en attendant une loi le concernant). La démarche pourtant reste boiteuse. Elle est ralentie par les deux mêmes contraintes des années Bouteflika : la capacité d’entreprendre du secteur public marchand, et celle des amis d’affaires du cercle présidentiel. Elle est par conséquent artificiellement .confinée. Au sein du gouvernement l’idée est – encore et toujours - de maintenir les grands acteurs publics au centre de la dynamique de la diversification. Cela produit des non sens. L’OAIC se voit affecter des milliers d’hectares en amont pour devenir productrice de céréales. Son équivalent dans le lait, le groupe public Giplait, va investir dans une filiale spécialisée dans l’élevage bovin pour produire du lait. Cela se déroule sous l’emprise du nouveau modèle économique de Abdelmalek Sellal. L’Etat a échoué presque partout comme producteur direct, mais s’entête à ne pas se séparer de la base sociale de son autorité politique. Au risque de faire plonger à nouveaux les comptes publics vers le cas clinique bon pour le FMI. Cette volonté de continuer à dominer la fonction économique de la création de richesse est, bien sur, aussi, rattachée à la tentation de rester un acteur dans les transactions. Et à monétiser à chaque fois que possible le pouvoir de choisir partenaires, fournisseurs, et clients. De ce point de vue, la persistance de Abdeslam Bouchouareb à la tête du département de l’industrie est la caricature même de l’Etat qui ne travaille pas à l’amélioration du climat des affaires du pays mais à celui de niches d’intérêts précis, dont certains ont filtré grâce à Panama Papers.

Gibier de procureur

L’autre frein à l’investissement hors investissement public est bien sur la volonté politique d’octroyer les plus belles opportunités d’affaires aux amis. Cela est déjà extrêmement préjudiciable dans le secteur des BTP ou tout le monde constate que le plan de charge du groupe Haddad est disproportionné avec ses capacités de réalisation. Les nouveaux secteurs de l’investissement privé sont pourtant bridés et ne se dénouent qu’au rythme de la capacité à les occuper que possède ou pas le cercle des amis politiques du 4 e mandat présidentiel. L’attractivité de l’Algérie devrait s’améliorer en vitesse exponentiellement plus rapide que celle de la dégradation de ses comptes publics dans le sillage de ses déficits chroniques de sa balance des paiements. Des voix ont réagit aux 10 ans d’exonération d’impôts qui vont peut être attirer le meilleur actif de Volkswagen en Tunisie et laisser le précaire (que l’on peut démonter avec un préjudice minime), à Relizane en Algérie. Pour se poser la question de savoir si l’Algérie doit aller aussi loin pour devenir une plate forme industrielle globale. La question est posée en 2017. En attendant le Maroc est le premier exportateur de véhicules de la rive sud méditerranée devant la Turquie. Et il sera peut être rejoint dans moins de dix ans par la Tunisie. Le problème n’est jamais, nulle part, l’exonération d’impôts mais celle de réfléchir en stratège et en homme d’Etat. Et pas en gibier de procureur, en sursis mandat après mandat.


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11 Commentaires

  • @Truc ; Pour abonder dans votre sens, cela fait bien plusieurs mois et des dizaines d’articles pour amadouer nos chers décideurs .
    C'est peine perdu, lorsqu'on sait de quelle manière sont choisis les ministres algériens.
    L’interview de Benkhalfa sur ME avant sa nomination, a fait saliver bien des personnes ....pensant avoir trouvé la manière de se faire adouber en étalant leurs connaissances et autres expertises, ignorant au passage que leurs "compétences" ne sont même pas calculées.

    Rapporter bernou123 dimanche 12 février 2017 11:50
  • Les appels du pied de Mebtoul à boutef et à Sellal pour le nommer ministre sont si grossiers qu'ils deviennent pathetiques...

    Rapporter Truc samedi 11 février 2017 14:13
  • Intéressante discussion, merci. Permettez moi de donner mon avis., vu que maintenant l’Algérie dit-on menacerait l’Union Européenne de par un éventuel effondrement plus que probable de son soi-disant industrie brinquebalante et de son agriculture inexistante, etc. très possibles conséquences d’une succession prévue d’être mal gérée de son président infirme, le monde et l’UE en premier se préparerait à intervenir afin de préempter cela. En plus, le dirigisme infirme lui-aussi d’un ministre ‘businessman’ n’arrangeant pas les choses et ne pouvant donner probablement pas de bons résultats et dans le meilleur cas ne pouvant que perpétuer les mauvais choix politico-économiques qui n’ont que trop duré, je pourrais donc facilement envisager une nouvelle situation ou les européens afin d’infléchir quelque peu ce qui est cité plus haut en viennent à tordre le bras de l’obscur Sénat (véritable centre du pouvoir) afin que celui-ci instruise l’exécutif représenté ici par son ministre de l’industrie d’aller dans le bon sens. Car comme tous les Européens, je suis entièrement convaincu que cet exécutif serait incapable de faire de son propre grès, ce qui est raisonnable de faire dans une pareille conjoncture. A son secours, l’Europe pourrait envisager d’octroyer un peu de ses industries automobiles ou autres au malchanceux pays du Maghreb qui n’avait pu attirer aucuns investissements sérieux pour retenir ses nombreuses foules inactives. Donc pas de soucis, tout s'arrangera au mieux.

    Rapporter Faro Laz samedi 11 février 2017 11:51
  • @truc vous insinuez que Mebtoul ou EKI ont des chances de devenir ministres ou quoi? Pourquoi pas Abed Charef ministre de la communication et Akram Khrief ministre de la defense? :D Faut arreter de fumer la moquette mon vieux!

    Rapporter Toto samedi 11 février 2017 02:15
  • Calmez vous El Kadi Ihssane. Sur le fond vous etes le meilleur, ou le moins médiocre des journalistes algeriens (vu le niveau des honorables correspondants du DRS qui vous servent de confreres). Mais sur la forme vous gagneriez a etre moins ampoulé et a elaguer "gibier de procureur" ---> futur mis en examen. Si Maupassant, Zola ou Voltaire reveraient la simplicité, ils devaient avoir de bonnes raisons, vous ne pensez pas?

    Rapporter Toto samedi 11 février 2017 02:12
  • Je trouve que les journalistes algériens sont trop souvent pessimistes et défaitistes. Il y a beaucoup d'annonces 'investissement automobile en ce moment en Algérie, et on sait que les constructeurs seront contraints d'augmenter les taux d’intégration à la fois pour réduire les coûts et pour respecter la contrainte du cahier des charges exigeant un taux d'intégration de 40% au bout de la cinquième année. A mon humble avis la raison principale pour un constructeur automobile de préférer un pays voisin à l'Algérie, est la règle
    du 51/49, qui fera que le constructeur ne pourra rapatrier que la moitié des bénéfice s'il investit en Algérie. Mais, malgré cela, on a bien vu l'annonce toute récente d'un investissement prochain pour une usine BMW dont 80% de la production sera destiné à l'exportation.

    Rapporter djamel2 samedi 11 février 2017 00:23
  • On n'attire pas les investissements étrangers avec une loi quasiment répressive ( loi sur les concessionnaires)
    Sinon vous pensez bien que d'autres pays y auraient songé !
    Le gouvernement a bien compris que le niveau d'attractivité du pays resterait faible pour longtemps ( doing business ) car le nombre de réformes a mettre en œuvre pour remonter la pente est énorme
    Les images de l'usine hyundai sont d'ailleurs une honte , dans un autre pays, cela aurait provoqué un scandale

    Je suis convaincu que le pouvoir fait de l'esbroufe , il sait parfaitement que tout ca c'est du cinéma..... Mais vu les réactions sur les réseaux sociaux, les gens aiment le cinéma

    Pour moi le pouvoir n'a qu'une vision , le gaz de chiiste. C'est le seul moyen de sauver sa peau et le pays.

    Rapporter Samir14 vendredi 10 février 2017 23:31
  • Le but de l'article n'est pas de démolir l'Etat. Juste d'évaluer l'attractivité de l'Algérie. Elle donne l'illusion de s'améliorer à la faveur des investissements dans le montage automobile. Elle reste en réalité précaire comme le montre notamment le choix, s'il se confirmait, de VW, de mettre la bonne usine en Tunisie (celle qui exporte). L'article ne dit pas que l'Algérie fait mal de faire des concessions mais peut être qu'elle ne fait pas les bonnes concessions. Il y est même écrit qu'il fallait bien commencer un jour et pourquoi pas avec le SKD. Est ce que c'était si compliqué à comprendre ? Pourtant Slimane a l'air d'être un lecteur assidu de la "médiocrité" de l'auteur puisqu'il affirme que c'est comme d'habitude.

    Rapporter El Kadi Ihsane vendredi 10 février 2017 22:18
  • Pourquoi quelqu'un roulerait il pour l'autre ? Mebtoul a commis un article ou il déclare "la corruption risque stratégique pour l'Algérie". Je suis interviewer, je lui pose la question si cela ne le gene pas de tenir ce langage et de conseiller un premier ministre qui sent le souffre. C'est tout. Pourquoi je l'aiderai ce faisant à devenir Vizir à la place du Vizir ? Maintenant si Mebtoul vous a donné le sentiment qu'il abondait dans mon sens au sujet de l'affairisme de Bouchouareb ce n'est pas nécessairement un choix calculé. Emission de radio en direct, question innatendue , on est pas toujours maitre de ses réponses. J'aimerai bien d'ailleurs vous y voir, Truc. Le confort de l'anonymat (dont vous avez tendance à abuser dans certaines de vos attaques personnelles ) risque de laisser fourcher bien des langues dans la tension d'une diffusion en live. Faites nous profiter de vos commentaires souvent pertinents et ayez l'amabilité d'éviter de nous assimilern si possible, à des équipiers cyclistes rouleurs pour autrui...

    Rapporter el kadi ihsane vendredi 10 février 2017 21:55
  • papier bancal et sans grand intérêt. il existait pourtant tellement de manière de démolir l'état sans se ridiculiser dans des demonstrations sans queue ni tête. Donc la tunisie fait bien de monter des voitures en bradant sa fiscalité mais pas l'Algérie ne devrait pas monter de voitures sans faire de concessions autre que le prix de l'énergie.

    a force de vouloir être contrariant, maghreb emegent devient ridicule et la portée de ses arguments vraiment grotesques.

    article mediocre et sans intérêt, comme d'habitude en somme

    Rapporter Slimane vendredi 10 février 2017 19:51
  • "... mais celle de réfléchir en stratège et en homme d’Etat. Et pas en gibier de procureur, en sursis mandat après mandat..."

    Qui roule pour qui ? Apres ce jugement sans appel d'EKI sur Bouchouareb, on peut le mettre en rapport avec les déclarations (divagations serait plus juste) de Mebtoul sur ME sur ce même Bouchoureb voleur et Sellal l'honnête qui n'est pas responsable si sa fille a acheté un appartement à Paris avec son argent de poche.

    Soit EKI veut donner un coup de main à son ami Mebtoul (je ne vois que l'amitié pour expliquer l'hébergement de ses insipidités sur ME) pour qu'il devienne grand vizir à la place du grand vizir, soit c'est Mebtoul qui humant d'où venait le vent, a voulu abonder dans le sens d'EKI. Connaissant la responsabilité du 1er et le leche-botisme du 2nd, je suis enclin à privilégier la 2nde hypothèse...

    Rapporter Truc vendredi 10 février 2017 15:45
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