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Dimanche, 25 Février 2018

  •   Abderrahmane Mebtoul (*)
  • lundi 13 février 2017 12:36

Ne pas se mentir : la rente, c’est fini et les «industries industralisantes» aussi! (Opinion)

La rente, c'est fini dans dix à 15 ans! (DR)

 

La manne pétrolière a permis à l’Algérie d’effacer une énorme dette de consommation anarchique et d’engager des dépenses d’infrastructures jamais égalées. C’est un acquis pour le pays il faut le reconnaitre. Mais ce modèle a atteint ses limites comme par le passé, devant se méfier de l’actuel programme d’industrialisation tout azimut des années 70 que certains voudraient remette en vogue.  

 

 

Le schéma directeur « des industries industrialisantes » des années 70 est mort. Je suis bien placé pour le dire ayant été directeur d’Etudes au Ministère de l’industrie et de l’Energie entre 1974/1979. Le schéma directeur de la production en substitution aux importations est frappé de désuétude, s’orientant vers un nouveau modèle de croissance mondial avec la quatrième révolution économique qui est irréversible entre 2017/2030. Il faut dorénavant miser sur l’investissement immatériel qui manque cruellement au pays. Et sans cet investissement, l’Algérie peut investir autant de milliards de US$ sans connaître de développement voire régresser

 

Il s’agit de réunir les conditions pour attirer les meilleurs cadres de la nation pour transformer notre diplomatie, notre administration et notre économie en moteur du développement.  La formation continue doit être généralisée à tous les niveaux et l’ordre de mérite devenir le levier de la promotion sociale.

  Les expériences historiques montrent clairement que les richesses naturelles n’ont pas d’effet direct sur le niveau de développement et que l’on construit une société développée d’abord sur les valeurs morales.  L’Algérie doit impérativement recomposer ses  valeurs et ses  principes pour reconstruire une société  moderne et ouverte à la culture et au développement économique, technique et social autour d’un  projet de société qui donne espoir à une jeunesse désabusée. 

 D’où l’importance d’une gouvernance centrale et locale rénovée fondé sur un système participatif et qui appelle aux compétences algériennes locales et celles établies à l’étranger.  C’est ainsi que l’on donnera aux algériens l’envie de construire ensemble leur pays et d’y vivre dignement et harmonieusement, de rétablir la confiance entre les citoyens et les institutions de la république, de préserver les libertés individuelles et consolider la cohésion sociale à laquelle je suis profondément attachée.  

 

J’ose imaginer une Algérie où les nouvelles générations vivront confiantes et heureuses dans leur pays et où nous assisterons à un retour volontaire progressif des cadres expatriés. Pour cela, l’Algérie doit impérativement élaborer une stratégie d’adaptation avec réalisme qui sera l’œuvre des acteurs économiques, politiques et sociaux, tenant compte de la nouvelle transformation du monde. Loin de l’ancienne vision bureaucratique, de croire que des lois et des nouvelles organisations déconnectés des réalités locales et internationales, sont la solution miracle, alors qu’il s’agit de s’attaquer au fonctionnement de la société.

 Rigidité culturelle des tenants de la rente

- Le grand problème pour l’Algérie est de s’adapter au grand défi de la mondialisation afin de construire une économie hors  hydrocarbures dans le cadre des valeurs internationales. Depuis des décennies tous les pouvoirs ont eu pour objectif l’après hydrocarbures.  Après plus de 50 ans, avec les dérivées, 97% des recettes en devises proviennent toujours des hydrocarbures et ce faute de vision stratégique d’adaptation au nouveau monde, du fait de rigidités culturelles et politiques des tenants de la rente.

 Ces derniers qui propagent un discours soit disant nationaliste, voient l’ennemi extérieur partout, discours populistes d’une autre époque, auquel aucun algérien ne croit. Or avec la forte consommation intérieure, l’épuisement pour l’Algérie est   dans moins de 10/15 ans, devant éviter de vivre éternellement sur l’illusion de la rente éternelle. D’où l’importance d’un nouveau modèle de consommation énergétique devant éviter l’erreur de fonder la stratégie sur un modèle de consommation énergétique linéaire.

 Or ces questions d’actualité sont souvent éludées dans les débats et les programmes politiques et je ne puis   cacher ma grande inquiétude pour notre pays si nous n’entreprenons pas immédiatement des réformes structurelles permettant un Ré-Engineering profond de l’Algérie durant les 10-15 prochaines années. 

 

 Je suis convaincu que la bonne gouvernance devra accompagner les changements sans précipitation, en associant des algériens de diverses sensibilités et compétences, y compris les non-résidents.  L’Algérie sera sauvée par le génie des algériens et tant qu’on n’adhérera pas à ce principe de base nous vivrons une errance économique et politique avec le risque d’un statut quo qui risque de conduire droit le pays au FMI entre 2018/2019 avec l’épuisement inéluctable des réserves de change. 

 

Ni sinistrose, ni autosatisfaction

 

Évitons tant la sinistrose que l’autosatisfaction. Tout pouvoir devra accepter les critiques productives, personne n’ayant le monopole du nationalisme, et donc être attentif aux propositions de toutes les composantes de la société.

 L’Algérie dispose de compétences suffisantes en Algérie et à l’étranger pour s’en sortir à condition de développer une stratégie économique basée sur nos capacités propres, d’opérer les choix judicieux avec nos partenaires étrangers et enfin d’utiliser nos richesses pour un développement durable.  

Se mentir les uns les autres ou se cacher la réalité nous entraînera irrésistiblement vers d’autres épreuves tragiques qu’aucun algérien patriote ne souhaite. En économie le temps ne se rattrape jamais.   Toute Nation qui n’avance pas, en ce monde turbulent et instable en perpétuel mouvement recule et le temps presse pour redresser le bateau Algérie et l’éloigner de la zone de tempête que certains experts occidentaux lui prédisent. 

 Pour cela nous devons procéder sans complaisance à un examen très lucide de la situation et dresser le cas échéant un constat d’échec pour mieux réagir dans plusieurs segments de la vie économique et sociale  (éducation-formation, santé, stratégie industrielle réaliste , modernisation de l’agriculture, culture financière des acteurs économiques, efficacité de l’administration, relance et croissance des entreprises, réduction des déséquilibres régionaux et inégalités sociales, formation civique et politique de la jeunesse et tant d’autres domaine.) 

Je crois fermement que le peuple algérien a d’énormes ressources en lui-même et sera capable de réagir à l’instar d’autres peuples qui ont su conjuguer la modernité, l’émancipation par le travail et ce grâce à un changement radical de type de gouvernance. 

 

 

 (*)  Professeur des universités expert international

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1 Commentaire

  • Le discours "révolutionnaire" d'A. Mebtoul n'a rien de nouveau. Il date d'au moins une trentaine d'années dans la bouche d'autres économistes, de politistes et même d'hommes politiques algériens qui n'ont jamais été écoutés. C'est pourquoi cet article parait n'être qu'une collections de voeux pieux d'autant plus qu'A. Mebtoul se garde bien de présenter le versant consubstantiel de son discours "économiciste", c'est-à-dire les changements politiques également nécessaires et "révolutionnaires". Est-ce par crainte de perdre des appuis dans le système rentier auxquels le lie une relation de clientèle ?

    Rapporter Slimane Azayri mardi 14 février 2017 18:49
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