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Lundi, 20 Novembre 2017

  •   Aissa Manseur (*)
  • mercredi 17 mai 2017 06:48

Algérie : Ce qui cloche dans le "nouveau modèle économique" (Contribution)

 

 

Ceux qui défendent le "nouveau modèle économique" du gouvernement algérien avancent qu'il s'agit d'un "modèle" mais pas d'un "programme". L'expert agronome Aissa Manseur n'est pas d'accord: si un modèle n'esquisse même pas une feuille de route, il ne sert à rien. S'il ne peut être critiqué, cela voudrait aussi dire qu'il ne peut être encensé. 

 

 

Définir ‘’modèle économique’’ n’est pas aussi compliqué que cela puisse paraitre. Pour les moins informés, un clic avec Google dissipe toute incompréhension avec ces interminables pages qui s’affichent et qui donnent les définitions les plus récentes de cette expression.

 On peut lire dans l’une de ces pages ‘’ Si vous effectuez des recherches autour de ce concept, vous vous rendrez vite compte qu’il n’existe pas de définition unique et officielle concernant cette notion ’’.

 Et voilà, donc donner une définition a cette notion autour de laquelle se focalise tout un sujet pour essayer de démontrer le caractère ‘’ injustifiable » des critiques portées au nouveau modèle de croissance économique de notre pays, est en lui-même injustifié !

 Certains disent que le modèle économique n’est ni un plan d’action ni une stratégie. Il ne peut donc pas détailler toutes les démarches à entreprendre pour son application et de surcroit il doit être suivi d’un plan d’action, d’une stratégie qui décrit avec détail ‘’le comment’’ des choses.

 Agréons alors cette définition et essayons de l’appliquer sur notre nouveau modèle de croissance économique élaboré après la chute des prix du pétrole qui a conduit à un déficit très prononcé de la balance de paiement du commerce extérieur de notre pays.  

Est-il suffisant dans un modèle économique de citer simplement une action à entreprendre pour développer un secteur afin qu’il puisse jouer son rôle dans la relance économique et être une sérieuse alternative aux hydrocarbures ?

 Bien sûr, je fais allusion au secteur de l’agriculture qui occupe une place importante dans le discours de nos officiels. Ils en ont même fait leur cheval de bataille et ils ne ratent aucune occasion pour crier haut et fort que c’est l’agriculture qui doit être le précurseur du développement économique du pays et la garante de sa sécurité alimentaire.

 Dans une contribution publiée par ‘’ Maghreb émergent ‘’ j’ai émis des critiques à l’égard de ce nouveau modèle pour n’avoir pas donné à l’agriculture l’importance requise, à la hauteur du discours officiel.

 

Une esquisse au moins..

 

 Si on n’attend pas des détails les plus poussés dans le modèle présenté, il est primordial de nous éclairer en dressant une esquisse de la politique agricole à mettre en œuvre. Comment transformer l’agriculture et rendre le monde agricole plus attractif et surtout plus productif ?

 On attend qu’il nous donne au moins une idée générale sur les démarches à entreprendre et qu’il dresse les grandes lignes de la feuille de route réservée à un secteur à qui l’on prétend un donner rôle de ‘’ leader’’ de l’économie nationale.

 Notre nouveau modèle de croissance économique a été élaboré en 2016. Il a été dévoilé en 2017 sans pour autant énoncer un plan d’action ni la stratégie y afférente. Comment les observateurs peuvent-ils en faire une lecture, comment peuvent-il le critiquer ou même l’aduler ?

 Le modèle nous dit-on est déjà mis en œuvre mais sans pour autant dévoiler le plan d’action ou la stratégie que l’on attend avec impatience. Le secteur de l’agriculture semble vivre ses moments les plus durs, le problème de la sécurité alimentaire se pose avec acuité contrairement aux déclarations des officiels qui se veulent rassurantes.

 Comment peut-on assurer notre indépendance alimentaire, comment peut-on atteindre notre sécurité alimentaire avec la croissance démographique en ascension permanente tandis que notre production agricole stagne ? C’est une équation difficile à résoudre et pour laquelle le nouveau modèle n’a donné aucune formule.

 Si notre modèle de croissance économique en est au stade d’élaboration comme prétendent ceux qui trouvent injustifiées les critiques à son encontre, il est également indécent de l’aduler et de le défendre. Il est inconcevable de caresser dans le sens du poil et applaudir à grands cris dans la situation qui prévaut actuellement dans le secteur économique de notre pays.

 Aprés tout, nous ne manquons pas d'idées ! Nous manquons d’hommes qui convertissent les idées en projets ; des hommes en mesure de faire imposer les lois et veillent à leur application, des hommes qui accompagnent, qui contrôlent et qui sévissent en cas de nécessité…

 Combien de programmes initiés et qui n’ont jamais été entamés ? Combien de programmes initiés et qui n’ont jamais été achevés ? Combien de programmes qui ont été initiés et qui ont été appliqués sans pour autant atteindre les résultats escomptés ?

 Si la situation demeure telle qu’elle l’est, aucun modèle, aucun plan d’action aucune stratégie ne peut donner ses fruits.  C’est une crise d’hommes intègres, sincères et désintéressés que nous vivons, des hommes qui se lèvent le matin et se mettent au travail…

 

LIRE AUSSI : Nouveau modèle économique : l'agriculture algérienne mérite mieux que 3 minuscules paragraphes (Contribution)

 

* Expert agronome – Conseiller à l’export

 

 

 

 

 

 

 


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