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Samedi, 18 Novembre 2017

  •   Abd Charef
  • dimanche 12 novembre 2017 13:39

L’économiste Nour Meddahi franchit le pas : La solution de la crise économique est politique

 

« L’absence de cap qui a le soutien de la majorité des forces vives du pays est ce qui nous inquiète le plus », écrit l’économiste Nour Meddahi dans un document rendu public vendredi.

 

Nour Meddahi franchit le pas. L’économiste, professeur d'économétrie et finances à la Toulouse School of Economics, exprime son inquiétude face à « l’absence de cap » de l’économie algérienne. Dans un long texte rendu public vendredi, il maintient son analyse sur la nécessité de réformes économiques profondes, mais il situe désormais le problème sur un terrain politique.

« C’est le président qui doit mener les réformes en discutant avec les partenaires sociaux, en faisant les arbitrages et en s’adressant à la Nation pour expliquer les choix douloureux, écrit-il. Il réfute l’idée que les décisions à prendre soient de simples mesures techniques pour s’adapter aux fluctuations des revenus extérieurs du pays. « Les réformes structurelles de grande envergure, de fait impopulaires, ne peuvent être faites par un Premier ministre qui peut être débarqué du jour au lendemain », ajoute-t-il.

M. Medahi avait été associé à la réflexion sur les moyens de faire face à la chute des prix du pétrole. Il avait publié plusieurs documents sur la question lorsque M. Abdelmalek Sellal était à la tête du gouvernement. Résultat plus notable de cette réflexion, la « trajectoire budgétaire » qui devait contraindre le gouvernement à se soumettre à un stricte discipline budgétaire, politique abandonnée par M. Ahmed Ouyahia au profit du « financement non conventionnel ».

Feuilles de route divergentes

Nour Meddahi se place sur un terrain résolument politique quand il évoque les acteurs en compétition au moment où le pays traverse la crise actuelle. Il parle notamment des puissances d’argent, surreprésentées, alors que les autres catégories sociales sont absentes. « Les priorités et les ressources nécessaires doivent être définies. Les oligarques et les ultra-libéraux ont leurs priorités qui sont clairement affichées. Ils ont les moyens financiers (provenant de l’étranger pour certains)  pour payer des études, organiser des évènements et financer des médias pour promouvoir leurs priorités. La gauche a un rôle historique dans la défense de l’Etat social. Elle est totalement désorganisée et presque inaudible. Elle doit absolument avoir un programme social soutenable dans le temps et loin de toute démagogie, ce qui implique un programme chiffré et soutenable. Dans le cas contraire, c’est les oligarques et les ultra-libéraux avec l’aide des organisations internationales qui vont établir ce programme ».

Rien à attendre de Ouyahia en matière de réformes

S’attend-il à une action du gouvernement pour réformer l’économie ? « Le plus probable est que rien d’important ne sera fait d’ici avril 2019. Le pire, à savoir le maintien du statu quo jusqu’à épuisement des réserves de change, n’est pas exclu », écrit-il.

Il regrette que les dirigeants algériens n’aient pas mené les actions nécessaires quand la situation était plus favorable. « Au début du contre-choc pétrolier », rappelle-t-il, « le pays possédait deux atouts majeurs pour faire face à la crise : une épargne importante (FRR) et des réserves de change très importantes » s’élevant à près de 200 milliards de dollars. Plus de trois ans plus tard, l’épargne a été totalement dépensée comme la moitié des réserves de change. Les niveaux des déficits budgétaires et de la balance des paiements sont à des niveaux extrêmement élevés ».

L’économiste met également en doute les prévisions du Gouvernement. « Un déficit de près 2.000 milliards de dinars est annoncé pour 2018. Comment croire que le déficit annoncé de 600 milliards de dinars pour 2019 sera respecté pour une année électorale, au moment où la première trajectoire budgétaire a été piétinée ? », se demande-t-il.

Mauvis présage

Certes, admet-il, « le niveau actuel des réserves de change permet d’utiliser un financement monétaire car la Banque d’Algérie est appelée à faire des bénéfices de change. Ce financement ne règle ni le problème de dépenses excessives par rapport aux ressources du pays, ni les problèmes structurels de l’économie du pays. Il donne de l’air pour que le Gouvernement fasse l’ajustement. L’annonce d’un déficit de 2.000 mds DA pour 2018 est un mauvais présage ».

Pour Nourd Meddahi, « il n’est plus possible de continuer sur la même trajectoire étant donné la contraction des ressources du pays ». Par contre, « il est vraiment urgent de réduire le train de vie du pays et de lancer les réformes structurelles ». Ce n’est pas le choix du Gouvernement Ouyahia, dont la politique « n’a rien de rassurant en ce qui concerne le redressement des finances publiques. Une importante échéance électorale est prévue dans 17 mois. L’absence de cap qui a le soutien de la majorité des forces vives du pays est ce qui nous inquiète le plus ».


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3 Commentaires

  • Les critiques deviennent de plus en plus pressantes à mesure que la situation économique se dégrade. Ce qui est normal.
    La différence maintenant, c'est que les économistes ont pris le relais de la classe politique d'opposition qui n'est toujours pas crédible aux yeux de la population (à tort).
    Bouteflika étant malade depuis bien avant l’émergence de la crise, il apparaît aux yeux des gens non responsable de la crise actuelle.
    Pourtant, c'est bien lui qui a dirigé le pays et a créé un certain consensus autour de lui depuis son arrivée au pouvoir en 1999. Débarrassé de toute opposition audible, d'un soutien populaire réel, il avait toute latitude d'engager ses "réformes économiques" sous couvert d'une dépense publique astronomique, nécessaire à certains égards, mais dont le coût pour le pays n'était pas justifiée.
    3 ans de chute des prix du pétrole ont fini par exhumer toutes les failles économiques, politiques de ce pays depuis justement l'arrivée de Bouteflika.
    Le prix à payer sera cher.

    Rapporter pixies dimanche 12 novembre 2017 17:31
  • Sans être économiste , on peut facilement deviner le tour de passe passe du pouvoir : Financement conventionnel pour atteindre 2019
    dans la paix sociale. Après cela on verra. Il faudra voir si le "Tout puissant" remplira le contrat qu'ils prétendent avoir conclu avec lui. Celui de garder Boutef en vie.

    Véritable escroquerie

    Rapporter MOULOUDI dimanche 12 novembre 2017 16:18
  • C’est bien la peine de faire de longues et brillantes études, pour arriver à saisir ce que chaque algérien qui vit ici a parfaitement compris depuis des lustres. Même le FLN et le RND, de même que tous les bandits que compte le pays, savent parfaitement que le seul agenda qui vaille est l’agenda politique de Bouteflika. C’est même pour cela qu’ils le soutiennent et lui proposent leurs services, grassement rémunérés.
    Et lui-même, il sait parfaitement que d’entamer la plus simple des réformes de l’économie, c’est comme de commencer à creuser sa tombe. Rien ne bougera donc tant que Bouteflika sera là et tous les arguments de Mr Meddahi n’y changeront rien.
    L’intérêt de l’Algérie ? On repassera une autre fois. Et puis, soyons honnêtes, si quelqu’un s’en souciait vraiment, le pays ne serait pas confié à un malade.

    Rapporter Ali Vattan dimanche 12 novembre 2017 15:42
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