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Lundi, 23 Avril 2018

  •   Amar Ingrachen
  • mercredi 15 novembre 2017 14:37

Algérie: "L’usine de montage Peugeot n’est pas un investissement viable" (Bellal-économiste)

L’économiste Samir Bellal soutient que l’ouverture d’une usine Peugeot en Algérie est un autre épisode de la série des mécanismes  « importations déguisée ». Il estime que ce projet n’apportera pas grand-chose à l’économie du pays.

 

 

Maghreb Emergent : Le Gouvernement a déclaré, par la voix de l’ex-ministre de l’Industrie Mahdjoub Bedda, que l’industrie automobile algérienne est une « importation déguisée ». Une réforme avait été promise. Mais rien ne fut. On nous annonce l’installation de Peugeot en Algérie. Peugeot fera-t-elle aussi de « l’importation déguisée » ?

Samir Bellal : Absolument. On nous annonce la mise en place d'une capacité de montage de quelques milliers d'unités alors que chez notre voisin de l’Ouest il est question de centaines de milliers. Tous les spécialistes du domaine de la construction automobile vous diront que ce type d'investissement n'est pas viable. Pour le constructeur Peugeot, il s'agit simplement de préserver (ou de récupérer) une part de marché, mais pour le pays, il s'agit bel et bien d'une importation "déguisée", mais nullement d'un projet industriel crédible. A voir la nature et surtout le nombre des projets de montage lancés ou annoncés, on constate aisément que le phénomène prend une telle ampleur qu'on ne peut même plus qualifier l'opération d’importation déguisée.

Le Gouvernement algérien a présenté l’industrie automobile comme étant la locomotive de l’industrialisation. Or, concrètement, il n’en est rien, la taille des usines installées en Algérie (Renault, Hyundai, Volkswagen) étant trop petite pour qu’une quelconque chaine de sous-traitance émerge. Pourquoi le Gouvernement s’obstine-t-il dans cette voie ?

La question reste posée. Tels qu'ils sont configurés, les projets lancés ou annoncés fonctionneront comme de véritables pompes à aspirer les ressources en devises du pays. Leur impact sur l'emploi est faible, pour ne pas dire marginal, et le transfert de technologie absent. Selon toute vraisemblance, l'industrie de sous-traitance dont on nous annonce un avenir florissant se limitera aux composants de plastique. Telle qu'elle est conçue, cette industrie n'a pas d'avenir. Elle continuera à exister tant qu'elle bénéficiera d'une protection extérieure (blocage des importations) et d'avantages fiscaux faramineux, et surtout tant que le pays dispose de ressources en devises larges et suffisantes.

Les IDE en Algérie se déclinent davantage sous forme de partenariats commerciaux que de partenariats économiques gagnant-gagnant. C’est patent dans le secteur automobile et latent dans les autres secteurs. Est-ce une fatalité ?

Le problème en Algérie est qu'il n'y a pas véritablement une politique nationale en matière d'accueil et d'encadrement des IDE. L'espace économique national est exposé à une grande ouverture (ouverture des frontières, désarmement douanier, monnaie surévaluée...) et l'IDE n'est pas soumis à des priorités nationales.

La règle des 51/49 % en est l'illustration caricaturale. Il n'est en effet nul besoin d'être un grand expert en économie pour comprendre qu'il est préférable d'avoir un investissement détenu à 100% par le partenaire étranger mais qui rapporte des devises au pays (en exportant sa production) que d'avoir des projets détenus à plus de 51 % par le capital national mais dont la vocation finale n'est que l'extraction, dans le double sens du terme, des ressources nationales et leur transfert vers l’extérieur. Le spectacle auquel nous assistons aujourd’hui ne doit pas nous surprendre.

Il nous rappelle la vieille contradiction, connue dans la théorie économique, entre la libre circulation internationale des marchandises et celle des capitaux, puisque l’une et l’autre tendent, en cherchant à égaliser les conditions de production à l’échelle internationale, à s’exclure mutuellement. Mais comme nos décideurs politiques, et notamment Ouyahia, ne croient pas à la théorie économique, il y a malheureusement tout lieu de croire que nous avons affaire à une fatalité.

 


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8 Commentaires

  • Prince... Saïd ?
    (On dirait un camelot en campagne électorale de " Carnaval fi Dechra")

    Rapporter Sam24 mardi 21 novembre 2017 16:23
  • On le voit dans les commentaires si dessous, une bande s'acharne à ne pas vouloir industrialiser l'algerie en parlant d'usinette de hangar alors qu'il faut 5 ans pour construire une usine, les anti-algériens n'attendent meme pas la pose de la première pierre et souhaite simplement que l'algerie importe du maroc des renaults, c'est raté dans 5 ans l'algerie produira 1 millions de véhicule uniquement pour le marché interieur et sans etre en zone franche avec un taux d'integration qui atteindra 70 % ( 40% plastisque 30% carrosserie electronique electrique) dans 5 ans le maroc produira 1 millions de vehicule en zone franche uniquement destiné à l'exportation et qui auront un cout supérieur de 50% aux constructeurs algériens, sachant que ces vehicules uniquement français dépendront entièrement de l'exportation, et sachant que tous les économistes vous diront que l'on ne peut pas créer une industrie automobile si celle ci n'est pas porté par le marché intérieur, on comprends donc plus facilement l'acharnement haineux des anti-algeriens sachant qu'à terme l'industrie française au maroc s'effondrera inéluctablement,
    le plus triste c'est de lire ces commentaires sans aucune argumentation economique baigner seulement dans l'insulte et le dénigrement,

    Rapporter Prince mardi 21 novembre 2017 10:19
  • vous sortez des articles de Tamurt le journal de BHL qui est financé par l'Arabie saoudite, ce n'est donc que du pipo, un projet indusriel s'installe sur 5 ans et ce gars prétends lire l'avenr, sachant que le simple plastique représente 40% d'un vehicule et que la nouvelle usine de skikda viens d'être inauguré, de plus les founisseurs travaillent toujours pour plusieurs marque, les sous traitants ne sont pas des anes,
    pour ma part je suis partit sur un observatoire des médias en france et en algerie doublé d'un cabinet d'avocat car les journalistes de tamurt qui ecrivent également sur algerie focus, jeunes afrique le monde l'opinion et l'ensemble de la presse de BHL n'hesite pas à mentir ouvertement il est temps de les retrouver devant la justice afin de connaitres leurs motivations et obtenir de gros dommage et interet, les saoudiens ont les moyens de payer profitons en pour leur faire les poche, pour info le taux d'integration au maroc n'est que de 10% 10 ans apres le lancement de renault

    Rapporter Prince samedi 18 novembre 2017 03:27
  • trop d'usinettes ça va nuire au développement des ces même usinettes étant donné la relative étroitesse du marché algérien et étant donné qu'il est inconcevable pour l'instant d'envisager l'export, c'est l’échec programmé d’où les investissement minimum (hangars).

    Rapporter Tractour jeudi 16 novembre 2017 21:14
  • Pays en otage, peuple en otage et, bien évidemment économie en otage! Nous n' arrêtons pas de dénoncer et de sonner l'alarme sur cette gabegie que notre économiste décrit si bien; mais, à part ces constats de désastres annoncés, que faire face à ce régime prédateur, corrompu et corrupteur, sénile et autiste? Sommes-nous à ce point impuissants et désarmés? Si c'est le cas, il va falloir se préparer à endurer le pire.

    Rapporter Oumerri jeudi 16 novembre 2017 03:08
  • C tellement vrai que les réponses aux questions sur l'intégration sont toujours du genre" 15% et 40% à terme" très vagues. Alors qu'il est très simple de demander quels sont les composants locaux intégrés.

    Rapporter Mobencous jeudi 16 novembre 2017 02:41
  • Alors M. Amar Inagrachen cherches-tu l’aide de Samir Bellal pour appuyer tes dires ?
    j’ai fait une rapide recherche sur les travaux de S. Bellal. La pèche a été vraiment maigre. J’ai trouvé un article dans la Revue Tiers Monde, une communication à Beyrouth (2015), un article dans El-Bahith Review et le dernier dans la Revue du Chercheur HAL. Le thème de ces travaux ne concerne pas du tout la mise en place d’une quelconque industrie. J’ai récupéré et lu sa thèse soutenue à Lyon en 2011. Je peux également affirmer que sa thèse ne traite pas du tout de la mise en place d’une quelconque industrie. De plus, pour un Maître de Conférences Samir Bellal devrait publier au moins un article par an dans une revue internationale de rang A et en anglais! Au vu de son âge, Samir Bellal aurait dû avoir au minimum 20 publications. A ce moment-là, on pourra le qualifier d’économiste ou d’expert.
    Malheureusement pour toi, M. Amar Inagrachen, ton Samir Bellal est un faux économiste et un vrai opportuniste.
    M. Amar Inagrachen, ne t’appuies pas sur les pseudos experts tels que Samir Bellal, il est aussi néophyte que toi dans la problématique industrielle.

    Rapporter manman1954 mercredi 15 novembre 2017 22:51
  • Excellent article qui résume bien la situation.

    Rapporter azzedino31 mercredi 15 novembre 2017 14:54
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