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Jeudi, 24 Mai 2018

  •   Amar Ingrachen
  • lundi 7 mai 2018 12:15

Algérie-foncier industriel: Le mépris du privé et le blocage « souverainiste » des investissements

 

Les investissements en Algérie sont otages d’une culture politique antiéconomique héritée du socialisme brutal des débuts de l’indépendance et d’une sévère volonté de contrôler la société.

 

La question de l’accès au foncier industriel est sans cesse posée par nombre d’opérateurs économiques qui disent qu’elle constitue l’un des principaux obstacles à l’investissement. Pour y remédier, le Gouvernement annonce, depuis plus de 3 ans, la mise en place d’une cinquantaine de zones industrielles. Depuis, quatre ministres sont passés au niveau du département de l’Industrie et aucune zone n’a été réalisée. Ahmed Ouyahia a déclaré en octobre dernier avec emphase que ce projet allait être relancé et qu’une trentaine de zones industrielles allaient être réalisées avant fin 2019. Sept mois plus tard, rien.

50,36% du foncier des zones industrielles n’est pas exploité

L’Algérie dispose actuellement de 72 zones industrielles couvrant une superficie de plus 12.000 hectares et de plus de 450 zones activités couvrant une superficie de plus de 17.000 hectares. Ces superficies sont très importantes et peuvent, théoriquement, répondre aux besoins en foncier de l’économie nationale. Toutefois, une bonne partie de ce foncier n’est pas exploitée. Lors d’une réunion gouvernementale en septembre dernier, qui a porté sur l’évaluation de la situation des zones industrielles et des zones d’activités, il a été relevé, sur la base d’une étude, que 11.600 hectares de réserves foncières destinées à l’investissement sont en situation de non-exploitation, dont 13.977 parcelles couvrant une superficie de 5.530 ha non attribuées se composant de 2.773 ha au niveau des zones industrielles et de 2.757 ha au niveau des zones d’activités.

L’étude ayant abouti à ses résultats dévoile aussi l’existence de 15.140 parcelles destinées à l’investissement, attribuées mais non exploitées, et qui couvrent globalement une superficie de 6.132 ha réparties entre 3.183 ha de zones industrielles et 2.949 ha de zones d’activités. Il ressort de ces chiffres que seulement 6.044 hectares du foncier disponible au niveau des zones industrielles sont exploités, soit 50,36%. Même chose au niveau des zones d’activités où 33,56 % du foncier n’est pas exploité. Cette situation demeure depuis plus d’une décennie sans que nul Gouvernement ne réagisse.

Un foncier industriel inexploitable

 Il est notoire que les zones industrielles et les zones d’activités du pays sont, pour la plupart, non viabilisées, y compris dans les grandes villes à l’image d’Alger, Sétif, Tizi-Ouzou, Chlef, etc. La zone industrielle de Rouiba, la plus importantes du pays avec 1.200 hectares, en est la parfaite illustration. Même chose pour celles d’Oued Smar, à Alger, et de Oued Tlelat, à Oran, qui sont loin de répondre aux standards internationaux aussi bien en accessibilité, en sécurité, en propreté qu’en réactivité. Cependant, celles-ci demeurent exploitables malgré leur état déplorable.

Beaucoup d’autres ne disposent même pas du strict minimum, comme celle de Bellara, à Jijel, qui commence à peine à vivoter et celle de Sougour, à Tiaret. En ce qui concerne les zones d’activités, le constat est plus qu’alarmant. Situé généralement dans de petites localités, elles sont souvent laissées à la traîne à cause de l’inexistence d’investisseurs potentiels mais aussi faute de moyens. Cette situation catastrophique demeure malgré la demande croissante parce que, en grande partie, le Gouvernement est dans une situation de pression financière telle qu’il ne peut investir dans l’aménagement des zones industrielles et d’activités.

Des promesses sans lendemain

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a annoncé, en octobre dernier, l’aménagement, au plus tard dans une année, de 50 nouvelles zones industrielles totalisant 8000  hectares et  couvrant 34 wilayas entre le Nord et le Sud afin d’encourager l’investissement productif. Des zones industrielles, a-t-il précisé, qui seront mises sous la responsabilité directe des walis. 

Sept moi après, aucune zone industrielle n’a été aménagée alors qu’il a été dit qu’au moins 30 zones industrielles, qui ont bénéficié d’une dotation financière globale de 99 milliards de dinars pour le lancement immédiat de leur réalisation, allaient être parachevées avant 2019. Parallèlement, avait-il dit, 620 millions DA allaient être mobilisés pour élaborer des études dans le cadre de la mise en place de 11 autres zones industrielles. Mais là non plus aucune ne semble figurer parmi les priorités des walis sous la responsabilité desquels a été mise la réalisation de ces projets. Rien n’arrive, faute d’argent, mais aussi faute de vision.

Le mépris du privé

Du temps où il était ministre de l’Industrie, Abdesselem Bouchouareb a proposé de céder l’aménagement des zones industrielles aux privés et d’en décharger le Gouvernement et laisser s’occuper de la fonction qui lui échoit naturellement : l’accompagnement de la société dans ses dynamiques et son évolution.  Cette proposition, qui avait à l’époque été inscrite de le code de l’investissement, a été modifiée par Abdelmalek Sellal qui a précisé que  « les privés ne peuvent aménager des zones industrielles que sur des terrains dont ils sont propriétaires ».

Finalement, ce projet a été abandonné et l’aménagement des zones industrielles aussi. Pourtant, nombre d’hommes d’affaires ont exprimé à maintes reprises leur volonté de s’impliquer. Salahaeddine Abdessemed, vice-président du FCE a en effet déclaré il y a quelques mois, lors de son passage sur Radio M. que les membres de cette organisation sont prêts « à mettre en place des parcs industriels, les financer, les réaliser et, surtout, les gérer » pour répondre au déficit qu’enregistre le pays en la matière. Depuis, rien, le Gouvernement se fourvoyant toujours dans des promesses sans lendemain qui ne véhiculent qu’un seul message clair : l’absence de vision.

 

 


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