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Vendredi, 24 Mars 2017

  •   Maghreb Emergent et agences
  • mercredi 30 juillet 2014 11:46

Les combats entre miliciens compliquent l’extinction de l’incendie à Tripoli

L'incendie du terminal de stockage pétrolier menace de détruire une partie de la capitale Tripoli (DR)

Un immense incendie continuait, mercredi, de ravager un complexe pétrolier dans la capitale libyenne, menaçant de détruire une partie de la ville. Les efforts déployés par les pompiers pour maitriser le feu, avec une aide italienne, ont été stoppés par la reprise des combats entre miliciens armés.

 

C’est finalement l'Italie, ancienne puissance coloniale du pays, qui répondu aux appels des autorités libyennes pour une aide européenne pour la maitrise de l’incendie. Rome a décidé de l’envoi, sans préalable, de sept avions de lutte contre les incendies qui menacent, depuis dimanche 27 juillet, un immense dépôt de stockage d'hydrocarbures. Plusieurs pays, dont la France, avaient été sollicités par Tripoli pour une aide, mais le préalable d’une cessation des combats avait été posé par plusieurs capitales.
Les incendies, qui ont éclaté dimanche après des bombardements entre milices rivales à l'aéroport international de Tripoli, se sont répandus jusqu'au dépôt de carburant de Bregal. Le sinistre avait été provoqué par des tirs de roquettes, qui ont mis le feu à un premier réservoir de plus de 6 millions de litres, puis un second le lendemain. Une sérieuse menace pèse encore sur le reste du complexe pétrolier qui contient entre 80 et 90 millions de litres de carburant.
Malgré ces renforts tant attendus par les pompiers libyens, aux moyens d’intervention très limités, les combats qui font rage à proximité du centre de stockage, ont contraint les équipes d’intervention à quitter les lieux et arrêter l’opération.

Tripoli paralysée
Les autorités, qui ne contrôlent presque plus la capitale, ont annoncé que l'incendie était « hors de contrôle » et ont mis en garde contre une « catastrophe » dans la ville si le feu n'était pas maîtrisé.
La vie à Tripoli est paralysée depuis le début, il y a deux semaines, des combats entre milices rivales. Des pannes de courant sévissent jusqu'à six heures par jour, et les citoyens doivent faire la file pendant deux kilomètres pour mettre du carburant dans leurs voitures, compte tenu que la plupart des stations-service ont été fermées. Il n'y a pas de gaz pour cuisiner et il est impossible de retirer de l'argent, car les banques ont également été fermées.
Les Etats-Unis, la Turquie, le Japon et le Canada ont déjà fermé leurs ambassades en Libye. La Chine, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont exhorté leurs citoyens à quitter le pays.
Appels à un cessez le feu
Mardi, au moment où l'ancien vice-Premier ministre libyen Mustapha Abou Chagour a été enlevé à Tripoli par des hommes armés non identifiés, les appels répétés du gouvernement à « un cessez-le-feu pourpermettre aux équipes techniques et aux avions d'éteindre l'incendie le plus rapidement possible » est resté sans écho.
Depuis le 13 juillet, les combats ont fait au moins une centaine de morts et 400 blessés. Toutes les tentatives de médiation pour mettre fin aux combats ont échoué jusqu'ici. Les espoirs se tournent désormais vers le nouveau Parlement, issu des élections du 25 juin, qui pourrait imposer un arrêt des combats.
Risque de chaos similaire à Benghazi
Pendant ce temps, la menace de chaos risquait de s’étendre à Benghazi, la deuxième plus grande ville du pays. Un avion de guerre menant une mission de bombardement contre des groupes islamistes armés s'est écrasé suite à une défaillance mécanique, a déclaré un officier militaire sur place.

Mardi, des combattants islamistes se sont emparés d'une base militaire dans cette ville de l'est de la Libye, au terme de violents combats avec les forces spéciales qui ont fait au moins 30 morts. Après plusieurs jours de combats, le quartier général de l'unité des forces spéciales libyennes, principale base militaire à Benghazi, est tombé aux mains des milices islamistes. Il s'agit de la plus grande perte pour l'armée libyenne, qui peine à ses reconstruire depuis la chute du régime de Kadhafi en 2001.

Le « Conseil de Choura des révolutionnaires de Benghazi », une alliance de groupes islamistes et djihadistes, a revendiqué sa victoire. Parmi eux, le groupe d'Ansar Asharia, classé comme organisation terroriste par Washington, a diffusé des photos de son butin de guerre, montrant notamment des dizaines d'armes et de caisses de munitions


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