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Vendredi, 24 Mars 2017

  •   Amin Fassi-Fihri
  • mercredi 7 décembre 2016 08:32

Maroc - Le FMI pourrait abaisser à 3,5 milliards de dollars la Ligne de précaution et de liquidité accordée en 2014

C’est ce qu’a affirmé une mission d'évaluation du Fonds monétaire internationale pour laquelle l’économie marocaine va reprendre les chemins de la croissance, avec un taux prévisionnel de 4,4% en 2017, et ce, grâce à une reprise du secteur agricole et à une meilleure performance des activités non-agricoles.

 

  

Lors d'une conférence de presse tenue lundi à Rabat Nicolas Blancher, chef de la mission de consultation du Fonds monétaire international (FMI) au Maroc a estimé qu’en 2017, la croissance devrait s’accélérer pour atteindre quelque 4,4% dans le sillage d'une reprise du secteur agricole et d’une meilleure performance des activités non-agricoles.

Pour le FMI, la croissance ''devrait se stabiliser autour de 4,5% à moyen terme, sur la base de la mise en œuvre des réformes en cours.'' Après des consultations avec les autorités marocaines, dans le cadre de la première revue de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) dotée de 5 milliards de dollars, accordée en 2014, M. Blancher a souligné, cependant, qu'''il reste beaucoup à faire pour atteindre une croissance plus élevée, soutenable et mieux partagée''.

 

''Le Maroc n’est pas encore à l’abri des crises systémiques''

 

Pour le FMI, en effet, ''les réformes mises en œuvre ne mettent pas le Maroc à l’abri ''de risques systémiques, et ''les risques liés à la croissance dans les pays avancés et émergents, aux prix mondiaux de l’énergie, aux tensions géopolitiques dans la région et à la volatilité sur les marchés financiers mondiaux, demeurent importants.'' Par ailleurs, M. Blancher estime que le Maroc a encore beaucoup de travail à faire en matière d'éducation, sur le fonctionnement du marché du travail avec le point noir d'un chômage très élevé parmi les jeunes diplômés. 

En revanche, le secteur financier marocain est bien capitalisé, et les risques pesant sur la stabilité financière demeurent limités, estime la mission du FMI, qui soutient qu’il faut ''continuer à réduire la concentration des crédits et accorder une attention particulière aux risques associés à l’expansion des banques marocaines en Afrique.''

 

Attention à l'expansion en Afrique

 

L'objectif de ramener le déficit budgétaire à 3,5% en 2016 devrait être atteint, selon la mission du FMI, qui a salué la réforme du régime de retraite du secteur public. Le gouvernement marocain avait mis en place, sans consulter les syndicats, un nouveau régime de retraite dans le secteur public où les travailleurs partiront dès le 1er janvier 2017 en retraite à partir de 63 ans, avec une hausse de 10% à 11% du taux des cotisations.

Le FMI estime qu'à moyen terme, les réformes visant à rendre le système fiscal plus efficace et plus équitable devraient être accélérées avec l'élargissement de l’assiette fiscale et la lutte contre la fraude. Cela devrait, selon elle, favoriser et soutenir les investissements dans les infrastructures, la santé, l’éducation et la protection sociale, outre la réduction de la dette publique. Le Maroc, rappelle-t-on, avait bénéficié en 2014 de 5 milliards de dollars dans le cadre de la ''LPL''. 

 

La ''LPL'' revisitée

 

En 2014, c'était la seconde fois que le Maroc bénéficiait d'une LPL ; celle de 2012 visait à permettre au pays de faire face à la crise économique que traversaient les pays européens ainsi qu'à la hausse du prix du pétrole.

Selon la définition donnée par le Fonds sur son portail électronique, la ''LPL'' permet d'"apporter des financements pour répondre aux besoins réels ou potentiels de balance des paiements des pays qui mènent de bonnes politiques économiques", et "de servir d'assurance ou à aider à résoudre les crises, et ce dans un large éventail de situations". Le Maroc et la Macédoine sont les deux seuls pays à avoir bénéficié de cet instrument.

Cependant, le FMI pourrait revoir à la baisse, aux environs de 3,5 mds de dollars, le montant initial de la ''LPL'', l'économie marocaine ayant repris les chemins de la croissance. "Quand vous êtes moins vulnérable, vous n'avez pas besoin d'une police d'assurance aussi importante", avait déclaré au mois de juillet dernier Masood Ahmed, le directeur du FMI pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale.


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