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Lundi, 21 Août 2017

  •   Abed Charef
  • mardi 3 janvier 2017 11:23

Hydrocarbures: Qui se souvient du peak-oil, cet ogre si utile?

 Opération de forage dans l'est de la Sibérie (dr)

 Le second semestre de 2016 a été celui du redressement relatif du marché du pétrole, ce qui a fait oublier un autre grand thème de l’actualité énergétique, le fameux peak oil, tombé dans l’oubli.

 

 

 Plus personne ne parle de peak oil. Pourtant, ce concept a été au centre de débats passionnés pendant de longues années, entre spécialistes du secteur pétrolier. Géologues, économistes, mathématiciens adeptes de modèles prêts à la consommation, stratèges militaires et stratèges tout court se préoccupaient fortement de ce peak-oil aujourd’hui passé de mode.

 Ce pic de la production de pétrole se basait sur une idée simple : la terre contient une quantité limitée de pétrole ; à un moment ou un autre, il ne sera plus possible de continuer à produire du pétrole au même rythme. La production devrait donc engager un déclin, après une possible stagnation de quelques années. Quand se situerait ce moment où la production cesserait d’augmenter, avant d’engager un déclin inévitable ?

 Une première estimation avait situé ce moment au tournant du siècle. D’autres parlaient de la période entre 2010 et 2015. Est-ce cela qui a provoqué l’envolée des prix jusqu’à il y a deux ans ? Plus raisonnables, ou plus rassurants, d’autres analystes rejettent ce moment fatidique vers 2030, ou plus tard. Peut-être vers la moitié du siècle.

 

Nombreuses inconnues

 

Les explications ne manquent pas pour justifier ces revirements. Si les données de base relatives au caractère limité des réserves disponibles font consensus, les variables demeurent nombreuses : rythme de la consommation mondiale, niveau d’investissements, économies d’énergie plus efficaces que prévu, émergence de sources d’énergie alternatives, amélioration des techniques de recherche et d’extraction, qui ont permis d’améliorer de dix points en un demi-siècle le pourcentage des volumes récupérés, nouvelles découvertes à des profondeurs inaccessibles jusque-là, sur terre et dans les océans, etc.

 

Résultat : la production de pétrole continue d’avancer d’un million de barils par jour en moyenne chaque année depuis deux décennies. Elle était de 75 millions de barils par jour juste avant la crise de 1998. Elle est autour de 95 millions de barils vingt ans plus tard.  Selon l’Agence internationale de l’Energie, autorité reconnue dans le domaine, la consommation devrait s’établir à 96.1 millions de barils/jour en 2016, et 97.4 millions en 2017. A ce rythme, elle franchirait le seuil symbolique des 100 millions de barils/jour avant 2020.

 

La courbe de Hubbert propose une modélisation de la production de pétrole en forme de clocheLa courbe de Hubbert propose une modélisation de la production de pétrole en forme de cloche

 

Le spectre continue de s’éloigner

 

Jusqu’où ira la consommation ? Pour le moment, il faut bien admettre que le spectre du peak oil continue de s’éloigner. Plus personne ne le considère comme imminent. Il n’y a pas de pénurie de pétrole dans le monde, alors que trois pays à fort potentiel, l’Irak, la Libye et le Nigeria, font face à une forte perturbation de leur production. En temps normal, ces trois pays mettraient à eux seuls sur le marché plus de cinq millions de barils supplémentaires par jour.

 

Sur le long terme, la question se pose différemment. Avec de nombreuses inconnues. Certes, les grands gisements dans le monde sont sur le déclin. On découvre moins de pétrole qu’on en consomme, répètent en chœur les théoriciens du peak oil, qui nous dévoileront dans quelques années leurs nouvelles prévisions, en nous expliquant peut être que le fameux pic interviendra lorsque la consommation de la Chine, de l’Inde et celle du continent africain se rapprocheront des standards occidentaux. Le peak oil serait alors fixé non par la capacité de production, mais par les limites de la consommation

 

 Un ogre très utile

 

En attendant, le peak oil n’a pas été inutile. Il a joué un rôle essentiel pour permettre au prix du pétrole de passer du seuil de 20-30 dollars, à celui de 100-120 dollars. Cette transition, subie sans dommage particulier par l’économie mondiale, a débouché à son tour sur des résultats inattendus. Elle a changé nombre de données, en permettant notamment l’exploitation de gisements non conventionnels que personne n’envisageait il y a vingt ans.

 Grâce au schiste, la production de pétrole des Etats-Unis a ainsi augmenté de 57% entre 2008 et 2014, replaçant brièvement les Etats-Unis comme premier producteur mondial de pétrole, alors que le peak oil américain était supposé dater de près d’un demi-siècle. Le peak oil a aussi contribué à un formidable redéploiement de la carte énergétique mondiale, avec trois effets majeurs.

Le premier concerne les Etats-Unis, qui sont aujourd’hui en mesure de se passer du pétrole du Proche et Moyen-Orient ; le second concerne le déplacement du marché énergétique vers l’Asie, où la Chine et l’Inde, et dans une moindre mesure la Corée, vont constituer les principaux débouchés pour la croissance de la consommation ; le troisième concerne une accélération remarquée des énergies renouvelables, avec une baisse sensible des coûts. Seule l’Algérie est restée en rade de cette mutation majeure.


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5 Commentaires

  • Intéressant article.

    Une précision tout de même. Le Peak Oil du brut conventionnel a bien été atteint en 2006 selon l'AIE comme l'avait annoncé Jean Laherere bien avant l'AIE.

    Ce que les géologues n'avaient pas vu venir, fut l'émergence du pétrole de schiste et non-conventionnel.

    Est-ce que ces nouvelles formes sont-elles simplement des fruits plus hauts et plus difficiles à cueillir qui ne font que prolonger de quelques petites années notre capacité à extraire de l'or noir ou est-ce que la technologie va nous sauver?

    En tout cas, ce qui appelle à la prudence, c'est la variation des prix du baril et la chute des investissements pétroliers. Occulter ces changements pourrait procurer un réveil difficile. La prudence n'est-elle pas une vertu?

    Rapporter Laurent Horvath mercredi 4 janvier 2017 11:50
  • Brillante contribution. Mais par contre, tous les auteurs affirment que « l’industrie du renouvelable notamment solaire » crée actuellement des emplois à un rythme sans précédent, plus que dans les secteurs pétrolier et gazier conventionnels ou non et ces emplois une fois combinées sont 12 fois plus rapidement offerts que le reste de l’économie globale.

    Rapporter Faro Laz mercredi 4 janvier 2017 11:08
  • Le pic oil existe toujours, ce sont juste les prix qui sont biaises. La preuve est que l'Algerie a passe son peak oil depuis 2007. Lisez le BP Statistical Review of World Energy 2013 :

    http://euanmearns.com/post-peak-algeria/

    Rapporter Patriot DZ mercredi 4 janvier 2017 07:42
  • Très bel article pour expliquer surtout aux non spécialistes ce qu'est ce peakoil et ce qui se passe en matière de réserves, consommation, et mutation des modèles de consommation.
    Le peakoil est plus que certain, s'agissant de ressources non renouvelables. C'est seulement son avènement (date) qui est reculé au fur et à mesure des progrès technologiques permettant de mettre EN EVIDENCE ET EN PRODUCTION ce qui n'était pas techniquement "découvrable" et économiquement exploitable. Aujourd'hui on parle par exemple de réserves techniques qui sont énormes effectivement, et de réserves économiques qui le sont moins.
    Un ami à Abed Charef

    Rapporter Madjid mardi 3 janvier 2017 18:31
  • Ne pas oublier la fameuse remarque de Zaki Yamani: "L'age de pierre ne s'est pas achevé faute de pierres".
    A long terme ce sont les énergies renouvelables - et donc les progrès techniques et scientifiques - qui sont le véritable moteur du changement sur le marché de l'énergie. Et, selon l'AIE, les deux tiers des réserves actuelles ne devraient pas être consommées si l'humanité veut garder l'objectif de limiter à 2 degrés le niveau du réchauffement climatique à la fin du siècle.
    Dans le même temps, comme les grands producteurs de pétrole savent qu'ils ne pourront jamais vendre l'intégralité de leurs réserves, cela explique la surenchère actuelle à la production et la guerre des prix qui en résulte.

    Rapporter Hedir mardi 3 janvier 2017 15:55
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