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Jeudi, 18 Janvier 2018

  •   Dr Tahchi Belgacem
  • dimanche 29 octobre 2017 20:30

Défis environnementaux du gaz du schiste : Du modèle américain à l’aventure algérienne (4ème partie et fin)

« Dire que l’Algérie pourrait faire comme les États-Unis du point de vue de la réglementation et du contrôle relève de l’utopie, mais cela pourrait se construire dans le temps », conclut le docteur Tahchi Belkacem dans la 4ème et dernière partie de sa contribution « Défis environnementaux du gaz du schiste : Du modèle américain à l’aventure algérienne »

 

Conclusion

En somme, la fracturation hydraulique a permis aux États-Unis d’accéder aux ressources de gaz et de pétrole non conventionnels, modifiant radicalement la scène énergétique américaine[1].La productivité des puits de gaz non conventionnel s’est améliorée[2] au fil des évolutions technologiques, augmentant de manière considérable les capacités de production des Etats-Unis. Depuis 2009, les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de gaz, devançant la Russie. Les gaz non conventionnels représentent aujourd’hui près de 60%

de la production nationale, une part qui pourrait atteindre 75% d’ici 2035. Avec une croissance estimée à 1% par an, la production pourrait dépasser la consommation intérieure en 2020: les États-Unis deviendraient exportateurs nets de gaz naturel[3]. Cette possibilité est vivement encouragée par les groupes gaziers tels que Devon et Exxon Mobil qui sont à la recherche de nouveaux relais de croissance. Mais à quel prix ? Au détriment d’un environnement déjà fragilisé par une trentaine d’année d’exploitation sans compter les centaines d’années d’exploitation d’hydrocarbures conventionnels. Drôle de vision dans un pays qui a investi des millions voire des milliards de dollars afin de découvrir l’existence de l’eau dans l’univers, alors qu’elle est entre nos mains et on ne la préserve pas.  

L’industrie pétro-gazière vise désormais d’autres pays ayant des réserves considérables et jouissant de situations géographiques prometteuses proche des marchés gaziers internationaux. Sans expérience et ayant capital environnemental à préserver qui est à la limite vierge, ces nouvelles cibles ne possèdent pas de cadre réglementaire abouti ni institution de contrôle environnemental, ce qui constituent un risque environnemental majeur.

Un pays comme l’Algérie reste une cible potentielle pour cette industrie. L’Algérie qui a accepté d’ouvrir son secteur à l’exploration dans le Sahara algérien au risque et au péril des 40 000 à 60 000 milliards de mètres cubes d’eau souterraine douce et malheureusement fossiles.

Un danger environnemental majeur qui guète et menace ce potentiel hydrogéologique du Sahara algérien à travers ces deux types de gisements d'eau ; l'albien terminal et l'albien intercalaire qui reste un très bon exemple d’étude dans le futur.

La réalité c’est que le secteur algérien des hydrocarbures traverse une crise de production et de découverte. Même avec un ratio de 55 ans de réserves, l’accès à certains gisements reste conditionné. Du coup, le recours au gaz de schiste n’est pas un choix mais une obligation. 

Par ailleurs, n’est-il pas osé d’ouvrir tout le territoire algérien à la prospection de gaz de schiste ? La question reste posée et à première vue elle le restera pour toujours. Il aurait été plus judicieux d’ouvrir des zones de prospection témoins au niveau du Sahara, des régions Centre et Nord et de mesurer le degré d’impact sur l’environnement ainsi que la capacité des organismes de contrôle, l’engagement environnemental des entreprises d’exploration et enfin le degré de conscience et d’information du citoyen. En termes de contrôle, les États-Unis disposent d’un arsenal de lois et d’organismes qui œuvrent à la préservation de l’environnement et de la qualité de vie du citoyen, et puis afin que la logique économique ne l’emporte pas sur le bien-être commun. Dire que l’Algérie pourrait faire comme les États-Unis du point de vue de la réglementation et du contrôle relève de l’utopie, mais cela pourrait se construire dans le temps. Or malheureusement, le problème c’est justement le temps. C’est là qu’il faut laisser ses projets de loi parvenir à maturité et faire bâtir des plateformes de contrôle solides. Que faire ? Y aller doucement, mais sûrement.

Défis environnementaux du gaz du schiste : Du modèle américain à l’aventure algérienne (1ère partie)

Défis environnementaux du gaz du schiste: Du modèle américain à l’aventure algérienne (2ème partie)

Défis environnementaux du gaz du schiste: Du modèle américain à l’aventure algérienne (3ème partie)

 

Tahchi Belgacem

Ph.D Géographie politique

Université de la Sorbonne Paris IV Mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.



[1]SylvieCornot-Gandolphe.«ImpactdudéveloppementdugazdeschisteauxÉtats-Unissurlapétrochimie européenne».Octobre2013.Disponiblesurwww.Ifri.org

[2]Laproductivitéaétémultipliéepar7surlegisementdeFayettevilleentre2007et2012

[3]G.Lapiche.LesEtats-Unis,bientôtexportateursdeGNL.Disponiblesurwww.energie.sia-partners.com


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4 Commentaires

  • Derrière le gaz de schiste algérien, il y a un seul objectif: modifier la loi pour privatiser les ressources.
    Cette dernière opération de privatisation de Sonatrach est aujourd'hui l'objectif du système qui a utilisé la rente des hydrocarbures conventionnels pour inculquer au peuple l’idéologie de la médiocrité et de la paresse afin de régner et de s'enrichir.
    N'ayant plus de rente, le système va imploser volontairement en passant le relais à des pouvoirs occultes qui l'ont aidé à abrutir le peuple.

    Rapporter schistement mardi 31 octobre 2017 08:25
  • Gaz de schiste : Le modèle américain n’est pas transposable en Algérie
    La décision d’autoriser l’exploitation du gaz de schiste alors que le pays traverse une grave crise économique en recourant à la planche à billets ne relève-t-elle pas de l’aventure ? Cette décision se fonde sur les estimations purement théoriques du Département Américain de l’Energie (DoE) classant l’Algérie au troisième rang mondial après la Chine et l’Argentine pour ses réserves récupérables.
    Or l’Algérie ne dispose ni de capacités, ni de compétences, ni de l’expérience technique éprouvée du forage horizontal à de grandes profondeurs ainsi que les techniques de fracturation hydraulique, seules techniques fiables maitrisées par les seules grandes compagnies pétrolières. Elle aura donc recours à l’expertise et aux compétences de ces sociétés étrangères ainsi que l’achat ou la location de moyens techniques nécessaires à la fracturation hydraulique. Cette dernière nécessitera d’énormes quantités d’eau, jusqu’à 20.000m3 par puits que pourvoira une noria de camions citernes, de 1.400 tonnes métriques de sable (proppants) et des centaines de produits chimiques hautement toxiques dont la composition est tenue secrète par le/les fournisseurs, à proportion de 0,5% du volume d’eau. Le tout injecté à de très fortes pressions par de gros compresseurs dont il faut assurer l’alimentation en carburant, l’entretien et la maintenance.
    Les conséquences peuvent être catastrophiques pour la nappe albienne et les nappes phréatiques d’où sera puisée l’eau nécessaire à la fracturation hydraulique. Leur contamination peut survenir par le biais d’un confinement défaillant des gaz et des fluides suite à une mauvaise cimentation des puits ou à l’apparition de failles résultat de l’intensification de l’activité sismique due au fracking. L’entreposage, le transport ou les rejets des eaux usées en milieu saharien en dehors de tout contrôle peuvent être une grave source de pollution de l’environnement et un danger certain pour la santé humaine!
    Si l'exploitation du gaz de schiste est en passe de faire redémarrer l'économie américaine, c'est en grande partie grâce à l'Etat fédéral qui, via de multiples exonérations fiscales sur les forages, subventionne massivement les opérateurs. Il serait cependant hasardeux de penser que le modèle américain est transposable en Algérie. Aux USA la plupart des terrains où les gaz de schiste sont en cours de développement appartiennent à des particuliers, qui louent les droits fonciers (mineral rights) à des sociétés pétrolières pour des baux de 3 à 5 ans. Le prix de location de ces terrains peut atteindre 5.000 $ l'acre (0,42hectare) et pour forer un puits, il est nécessaire de disposer d'au moins 80 acres.
    Pourquoi cet empressement à vouloir faire de l’Algérie un champ d’expérimentation par l’utilisation d’une technologie à haut risque pour une ressource hydrique très faiblement renouvelable, technologie appelée à évoluer et que nous ne maitrisons point et dont le coût serait exorbitant? Le coût de la fracturation est souvent bien plus important que le coût du forage du puits. Avec le récent remaniement ministériel, n’aurait-on pas créé une source de rivalité entre le Ministère de l’Energie et le Ministère de l’Industrie et des Mines auquel reviendraient l’exploration et l’exploitation des ressources fossiles avec le peu d’archives « préservées » ? Pourquoi cette dispersion des efforts et des moyens alors que le pays dispose d’un programme de développement des énergies renouvelables et de la ressource humaine compétente pour sa réalisation pour peu qu’elle ne soit pas marginalisée. Cette décision ne vise-t-elle pas à occulter ou à faire l’impasse sur ce programme qui peine à se développer ? Ne serait-il pas plus judicieux de renforcer la coordination et la coopération des différentes institutions de l’Etat en concentrant les efforts pour aboutir à une véritable politique d’économie d’énergie et d’efficacité énergétique, à assurer la préservation de la richesse hydrique pour un développement durable en s’attaquant résolument au gaspillage et brider cette consommation effrénée de la ressource énergétique bon marché!

    Rapporter Saint lundi 30 octobre 2017 20:15
  • Je recommande vivement à l'auteur afin que le lecteur ne soit pas induit en erreur de lire attentivement ces deux articles d'auteurs américains sur la législation américaine relative à la protection de l'environnement dès lors qu'il est question d'exploitation à outrance du gaz de schiste:
    1. Earthworks, Halliburton loophole, http://www.earthworksaction.org/halliburton.cfm
    2. Lisa Sumi, Our Drinking Water at Risk: What EPA and the Oil and Gas Industry Don't Want Us to Know About Hydraulic Fracturing, April 7, 2005
    http://www.earthworksaction.org/library/detail/our_drinking_water_at_risk/
    Ainsi que le récent article du Financial Times:
    US Shale Investors Tire Of ‘Growth At Any Cost’ Model
    Ed Crooks, Financial Times Monday, October 23, 2017
    https://www.ft.com/content/4284769a-b5a7-11e7-aa26-bb002965bce8?mhq5j=e6

    Rapporter Lakhdar lundi 30 octobre 2017 19:53
  • bonne contribution .

    Rapporter zoo dimanche 29 octobre 2017 23:35
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