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Samedi, 25 Mars 2017

  •   Abed Charef
  • lundi 26 septembre 2016 11:39

Algérie-énergie : Avec Bourterfa, le renouvelable cantonné à la marge

Le ministre de l’Energie, M. Noureddine Bouterfa, reste extrêmement frileux sur les énergies renouvelables. Ses premières déclarations n’encouragent guère le secteur.

 

Noureddine Bouterfa n’est pas le ministre de l’Energie qui fera faire un bond aux énergies renouvelables en Algérie. Son manque d’enthousiasme, déjà visible lorsqu’il était à la tête de la compagnie Sonelgaz, transparait à travers les déclarations faites au cours de conférences de presse ou d’émissions depuis qu’il a été nommé au ministère de l’Energie. Certes, il tient un discours convenu sur la nécessité de développer le secteur. Mais M. Bouterfa insiste tellement sur les difficultés techniques, administratives, économiques et financières, que ses propos montrent clairement que le renouvelable ne figurera pas dans ses priorités.

Il reprend le discours officiel sur la nécessité de « sortir d’une économie basée sur les hydrocarbures pour aller à une économie diversifiée ». Les énergies renouvelables et les TIC font partie du package, dit-il. Sa vision des énergies renouvelables est particulièrement réductrice : celles-ci permettraient d’allonger la durée de vie de réserves disponibles de « trois ou quatre années ».

Le programme officiel du gouvernement, validé en mai 2015 par un Conseil des ministres, prévoit, d’ici 2030, une production de 22 Gigawatts d’électricité à partir de sources renouvelables destinée au marché intérieur, et 10 Gigawatts supplémentaires à l’export.

Dossier complexe

M. Bouterfa assure que le gouvernement travaille à réaliser ces objectifs. Pourquoi tout ce retard ? Parce que «c’est complexe », dit-il. « On prend du retard parce que c’est des questions compliquées ». Avant de se lancer, il faut « un cadre légal, il faut assurer l’investissement, régler le problème du foncier ». Il faut « aussi réformer le cadre financier », et trouver « des ressources financières complémentaires aux nôtres ».

Pour l’heure, il admet que « l’effet tarif ne donne pas encore assez de visibilité » aux énergies renouvelables, d’où la nécessité de tout « revoir sur le plan réglementaire ». Il souligne aussi que dans le renouvelable, il y a « la composante industrielle et la composante énergétique ». Mais cela coûte encore trop cher, alors que le pays a besoin d’utiliser ses ressources financières dans d’autres secteurs. Produire 4.000 mégawatts, « c’est 8 milliards de dollars », dit-il. « Avons les ressources locales ? non », répond-il. Il faut donc faire « appel au partenariat national et international », d’autant plus que, selon lui, « la solution tient la route sur le plan financier ». En tout état de cause, il faut « éviter que l’Etat ne vienne s’impliquer dans un dispositif de mobilisation de ressources qui pourraient être utilisées ailleurs, pour financer les routes, l’école, la santé, ...etc. ».

Le « traumatisme » Sonatrach

La seule nouveauté, pour le renouvelable, serait l’implication de Sonatrach. Comment ? Il ne le précise pas. Mais si la compagnie s’implique, ce n’est pas par esprit d’innovation, c’est parce que « les grandes compagnies investissent dans le renouvelable. Sonatrach ne peut pas rester en marge », déclare M. Bouterfa en ayant presque l’air de s’excuser.

Sur la plupart des autres dossiers, le ministre de l’Energie fait preuve d’une grande prudence. Il justifie ces hésitations par l’histoire récente du secteur : « Sonatrach a vécu un traumatisme ».

Sur les prix de l’énergie, il admet que « le meilleur signal de rationalisation, c’est le prix ». Mais en parallèle, il reste peu disert sur le sujet, évitant d’aborder frontalement la question. Il se contente d’incantations, déclarant qu’il « faut que le citoyen comprenne est que l’énergie fossile n’est pas renouvelable ». « Beaucoup de sensibilisation à faire », dit-il.

Sur l’exploration également, il se montre très réservé. Dans ce domaine, « il faut être sûr de gagner », dit-il, d’où la nécessité de partager les risques » en allant au partenariat, alors que la particularité de l’exploration, c’est précisément de prendre des risques. Là encore, il affirme qu’il faut « développer ce qui est déjà disponible », en « mettant en exploitation les découvertes antérieures ».

Ok pour le gaz de schiste

Sur l’évolution des prix du pétrole, M. Bouterfa mise sur une moyenne modeste. « Les prix vont rester dans une fourchette 50-60 dollars. 80 dollars, c’est terminé », dit-il.

M. Bouterfa ouvre par ailleurs, sans trop s’avancer, une porte vers l’exploitation des hydrocarbures non conventionnelles. Ce dossier, particulièrement sensible, avait empoisonné la carrière de l’ancien ministre de l’énergie, Youcef Yousfi, après les manifestations qui avait duré plusieurs mois dans la région de In-Salah. M. Bouterfa affirme que l’Algérie a « besoin de regarder ce qui se passe du côté du non conventionnel ». Il n’exclut pas non plus le nucléaire, même s’il «demande mobilisation financière importante ».

Mais pour l’heure, il faut « établir des priorités ». Ce qui revient à un pragmatisme primaire. « On a un outil de production, il faut le consolider pour assurer nos besoins » et « pérenniser nos réserves ». Sûr de lui, M. Bouterfa déclare : « nous savons parfaitement où nous en sommes, où nous allons. Les choses ne sont pas ni noires que ça ». Ce qui ne l’empêche pas de reconnaitre que quand les nouvelles raffineries commenceront à produire, « il n’y aura pratiquement plus de pétrole brut à exporter ».


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3 Commentaires

  • Je suis sidéré de voir des journalistes écrire dans un site économique sans jamais parler d'argent ou de cout de revient. On dirait que les histoires d'argent, cela fâche...

    M Bouterfa a eu le mérite de n'avoir jamais cru dans le plan d'énergies renouvelables du gouvernement comme touts les gens sérieux. Il n'y a que les amateurs et les journalistes qui répétaient comme des mantras ce plan farfelu....

    Rapporter Truc lundi 26 septembre 2016 18:35
  • "Produire 4.000 mégawatts, « c’est 8 milliards de dollars »." Le cout est exagere d'au moins 30%, il faut se rappeler que les projet d'energie mne sont pas seulement par le cout de construction mais il faut considerer aussi le cout operationel, une eolienne ne consomme pas de gaz.
    Un pays voisin vient de conclure un contrat avec un consortium formé par Nareva, Siemens et Enel pour la construction de centrales éoliennes d’une capacité globale de 850 MW. Prévus pour être achevés entre 2017 et 2020 pour un coût de mise en place de $1,2 milliard.

    Rapporter TD lundi 26 septembre 2016 13:17
  • Un article bourré de propos rapportés et de jugements de valeur qui néglige la question principale : qui va supporter le sur-coût de la production électrique par le renouvelable, les subventions de l'état qui pouvaient avoir un sens sur le fossile, mais qui serait suicidaire sur le renouvelable, la collectivité à travers des tarifs économiquement viables, ou une formulation complexe à mi chemin, imposée par l'incapacité de faire intervenir des partenaires étrangers dans un secteur, la production électrique, à rentabilité hypothétique en Algérie, y adjoignant une rentabilité issue de l'exportation de l’énergie générée par du renouvelable...

    Quand les vraies questions seront posées et tranchées, notamment celle de la vérités des prix, on se demandera quel serait le positionnement éditorial de certains titres sur le sujet...

    Rapporter Othmane BENZAGHOU lundi 26 septembre 2016 12:18
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