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Samedi, 16 Décembre 2017

  •   Samy Injar
  • samedi 30 juillet 2016 15:43

Badr Bank en manque de liquidités première victime de la nouvelle conjoncture






Une succession d’évènements contraires a rendu précaire l’exploitation de la banque publique dédiée au secteur agricole. L’actionnaire public est interpellé. 




Le bilan 2015 de la Badr bank n’a pas été rendu public. Celui de 2014 non plus. Une source proche de la banque spécialisée dans le financement du développement agricole a évoqué à Maghreb Emergent, « un solde des provisions sur des mauvaises créances accumulées qui est devenu pesant dans les livres de comptes de la BADR ». Une situation que le management de la Badr Bank pensait pouvoir encore gérer à son avantage avant le retournement de la conjoncture économique en Algérie fin 2014.  Le bilan de 2013, le plus récent affiché sur le site officiel de la banque, évoque encore un résultat positif de 5,155  Mds DA.  Une insidieuse dégradation de la situation comptable se serait opérée depuis, selon la source citée. L’opération de financement « forcé » du rachat par la Fonds National de l’Investissement (FNI) de 51% du capital de Orascom Télécom Algérie (Djezzy) a déséquilibré une première fois en février 2015 le seuil disponible des liquidités. Il s’agissait de souscrire à un emprunt public à 10 ans de 160 milliards de dinars dont la moitié du montant à été assurée par la BEA. Au même moment sont arrivées à maturité d’importantes créances détenues sur divers acteurs du secteur de l’agriculture et qui se sont avérées douteuses. L’implication de Badr Bank dans les dispositifs aidés de l’Etat, Ansej, ANGEM, CNAC, a également contribué à creuser un écart préoccupant entre le total des engagements et les résultats d’exploitation. Il faut se souvenir que Badr bank traine, depuis 2004, un préjudice colossal dans l’affaire de la faillite industrielle du groupe privé Tonic. Badr Bank avait consenti un crédit record de 16 milliards de dinars pour cet investissement, le plus important en Afrique dans la filière du papier, de l’emballage et du retraitement.  L’actif industriel récupéré en garanties hypothécaire sur le site de Bou Ismaïl, ne s’est jamais apprécié suffisamment depuis pour éviter à la banque une perte sèche sans précédent dans l’industrie du crédit pour le secteur privé. 




La piste d’une banque dédiée au micro crédit agricole




La crispation sur le compte de résultat de BADR Bank  a, en réalité, une première impulsion antérieure à la baisse des liquidités dans le circuit bancaire depuis le contre choc pétrolier. La décision du président Bouteflika d’annuler la dette des agriculteurs (40 milliards de dinars) en février 2009 au cours de la campagne électorale pour le 3 e mandat présidentiel a déclenché un « biais moral ». Une proportion considérable des acteurs du secteur procède à des anticipations sur un éventuel nouvel effacement des dettes contractées. Le taux de recouvrement des bailleurs de fonds dans le secteur serait encore plus faible que celui de l’ANSEJ, selon la source proche de la BADR. Le rapport de la cour des comptes pointait dès la fin de l’année 2014, le secteur de l’agriculture comme celui qui recelait le plus d’abus « dans la consommation des dispositifs et des enveloppes budgétaires ». L’idée de la création d’une banque à capitaux majoritairement publics spécialisée dans le micro-financement des activités agricoles et de l’élevage fait son chemin depuis deux ans. Elle a encore été évoquée cette semaine, à Sétif, par Cherif Benhabil le directeur général de la caisse nationale de mutualité agricole.  La nouvelle institution financière endosserait une partie du risque crédit dans ce secteur. 



Un modèle d’affaires dominé par l’injonction politique


Ce projet d’une nouvelle banque ne soulagera pas pour autant Badr Bank dans le court terme de son exposition au risque agriculteurs, devenu un risque grandissant dans le bilan de la banque. La tension sur les liquidités disponibles, qui pourrait retentir par un ralentissement des octrois de crédit en 2016 a besoin de mesures plus rapides. Une première décision du régulateur du secteur, la banque d’Algérie, a déjà contribué à donner de l’air aux banques publiques les plus en manque de liquidité, Badr Bank en particulier. Le taux des réserves obligatoires que doivent déposer les banques commerciales auprès de la banque d’Algérie a été abaissé début mai dernier de 12% à 8%. La BADR, et ses sœurs pourront ainsi disposé à nouveau de plus de liquidités, alors que le mécanisme de l’escompte, (refinancement auprès de la banque d’Algérie), relancé, devrait participer à la détente sur la disponibilité des liquidités. Enfin, le coupon de la souscription à l’emprunt national, autre opération récente qui a raréfié les liquidités chez la BADR,  pourra être utilisé en collatéral par les banques afin de se refinancer auprès de l’institut émetteur. Avec 33 milliards de dinars au capital social, Badr Bank n’est pas en situation de stress l’obligeant à se retourner vers son actionnaire public pour une augmentation de capital. Mais son modèle d’affaires fortement dominé par les injonctions politiques recèle les éléments d’une crise de liquidités symptôme de la fragilité de tout le secteur bancaire public. 


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