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Dimanche, 19 Novembre 2017

  •   Hassan Haddouche
  • dimanche 30 octobre 2016 12:00

Alger recule sur la privatisation en bourse de banques publiques mais une option chinoise se profile

 L'Industrial and Commercial Bank of China (ICBC) à Pékin (DR)

La privatisation de banques publiques via la Bourse d’Alger à des partenaires étrangers a été démentie par M.Baba Ammi. L’option la plus probable désormais serait un accord de gré à gré dans le cadre du 51/49% pour l’entrée de banques internationales de référence dans le capital des banques publiques. Qui pourrait être intéressé ? Nos "amis" les chinois.

 Le ministre des finances a fait savoir hier dans un entretien accordé à l’agence officielle APS que "l’ouverture du capital des banques publiques n’est pas à l’ordre du jour" bien que, confirme-t-il, "elle ait figuré dans la première mouture de l’avant-projet de loi de finances 2017".

Pour justifier cette volteface le ministre explique qu’"un projet de loi de finances est vivant : il y a des propositions, des débats et des arbitrages qui se font". L’"Algérie n’a pas fermé la porte à la possibilité d’agréer de nouvelles banques mais souhaite, toutefois, établir des partenariats avec de grandes banques internationales de premier ordre" a ajouté Baba Ammi.

Mais, a-t-il poursuivi, "ces banques conditionnent leur implantation en Algérie par une détention majoritaire dans le capital alors que cette condition est en contradiction avec le principe de l’établissement de l’activité bancaire sous forme de partenariat prévu par la loi de Finances de 2009 qui limite les participations étrangères à 49% pour tous les investissements étrangers".

Le feuilleton de la privatisation ou non des banques publiques avait connu un nouveau développement en septembre dernier. L’agence Reuters avait publié propos d’un officiel algérien "anonyme" qui indiquait que "l’Algérie était désormais prête à céder la majorité du capital d’une ou plusieurs banques publiques à des partenaires internationaux de référence".

 Les projets de réforme du secteur bancaire n’ont pas manqué au cours des dernières années. L’un des plus ambitieux est un programme qui a connu un début de mise en œuvre en 2005. Il visait à transformer en profondeur le paysage financier algérien à travers, tout d’abord, une réforme des banques publiques y compris au moyen de la privatisation de plusieurs d’entre elles.

 Le Crédit populaire d’Algérie (CPA) devait ouvrir la voie et montrer le chemin à la BDL. A la fin de l’année 2007, l’une de ses dispositions phares qui concernait le processus de privatisation du CPA, a été interrompu, officiellement pour cause de crise financière internationale.

 

La privatisation partielle par la Bourse compromise

 

Plus récemment, l’ouverture partielle (on parle de 20 %) du capital du CPA est également inscrit officiellement depuis maintenant plus de 3 ans à l’agenda des autorités financières algériennes. Annoncé en 2013, le programme d’entrée à la bourse d’Alger de 8 entreprises publiques, parmi lesquelles figure une seule banque, concerne aussi de grandes entreprises comme Mobilis.

 Il a connu un coup d’arrêt brutal, dès son premier coup d’essai, avec l’échec retentissant de la tentative d’introduction à la Bourse d’Alger de la Société des ciments d’Aïn-Kebira qui  a été déclarée infructueuse et retirée au printemps dernier faute de souscripteurs.

 Ce fiasco, qui semble compromettre pour au moins quelques années, l’ensemble de cette démarche, a certainement donné à réfléchir aux pouvoirs publics algériens qui paraissent avoir désormais changé leur fusil d’épaule.

 

Une privatisation dans le cadre d'un accord de gré à gré

 

Les indiscrétions dont a bénéficié, fin septembre dernier, l’agence Reuters de la part d’un "officiel algérien" semblent s’apparenter à une "fuite organisée". Tout se passe comme si les pouvoirs publics algériens avaient cherché à sonder d’éventuels partenaires internationaux dans le cadre d’une démarche qui semble avoir été redéfinie.

Il ne s’agit plus désormais de réaliser une ouverture du capital des banques publiques par le biais de la Bourse. Cette option est d’ailleurs bloquée par le cadre juridique actuel du fait de l’impossibilité pour les investisseurs étrangers d’acheter des actions à la Bourse d’Alger.

Le nouvel objectif est au contraire de négocier, de gré à gré, un ou plusieurs accords avec des banques internationales de référence en leur proposant d’entrer dans le capital des banques publiques. Les conditions d’une telle démarche viennent d’être précisées par l’exécutif algérien à la suite selon toute vraisemblance d’un "arbitrage au plus haut niveau".  Elle doit s’effectuer dans le cadre du 51/49 contrairement à ce qui avait été annoncé en septembre et ce qui était proposé par le ministère des finances lui-même.

 

Nos amis les chinois

 

Quelles banques internationales pourraient être intéressées par une telle démarche et à quelles conditions ? Nos sources dans ce domaine se montrent relativement sceptiques en ce qui concerne l’intérêt que pourraient manifester, dans le contexte financier actuel, de grandes banques occidentales pour une telle opération.

Elles croient plus à un accord avec d’éventuels partenaires chinois qui se montrent actuellement très "agressifs" le continent africain où elles ont récemment conclu plusieurs accords similaires (notamment en Afrique du Sud).

Une option qui ne devrait pas déplaire aux responsables économiques algériens qui ne perdent aucune occasion de vanter l’ "excellence" des relations avec le partenaire chinois.

 

 

 

 


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