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Lundi, 28 Mai 2018

  •   Farid Farah
  • samedi 9 avril 2016 14:50

L’enfer numérique menace les paradis fiscaux

En partenariat avec le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) et plus d’une centaine de médias internationaux, le quotidien français Le Monde a décortiqué plus de 11 millions de fichiers informatiques « dérobés » des espaces de stockages loués par le cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore. Ces métadonnées qui s’étalent de 1977 à 2015, ont révélé l’existence d’un réseau mondial de personnalités politiques, sportives, culturelles, économiques et autres qui recourent à l’assistance de certaines banques pour dissimuler leurs avoirs bancaires des systèmes de contrôles fiscaux internationaux. Cette affaire qui a mis beaucoup de gouvernements dans l’embarras, risque de relancer le débat sur l’utilisation de l’informatique dans la gestion administrative des fortunes. Le scandale financier révélé par Le Monde prouve que, désormais, qu’aucune banque ni aucune société d’affaires ne pourra voler en dessous des « radars informatiques » configurés par un panel de journalistes spécialisés dans l’investigation. Ces journalistes n’ont pas perdu leur temps pour renouveler leur combat pour plus de transparence dans le développement économique. Les administrations fiscales des pays concernés par ce méga scandale sont désormais en mesure de prendre les dispositions pour appliquer les sanctions aux personnes qui détiennent un compte bancaire non déclaré à l’étranger ou carrément une société écran.

Par ailleurs, l’affaire « Panama Papers » a également montré que les données numériques se sont substituées aux témoignages des sources anonymes. Mieux, dans ces enquêtes d’investigation, les révélations rapportées par les journalistes ont augmenté en volume et en variété. Tous les secteurs sont touchés par des enquêtes journalistiques. Toutes les informations bancaires et autres, hier circonscrits à la sphère des agences gouvernementales, atterrissent aujourd’hui, en format data, dans les rédactions des médias les plus prestigieux de la planète. Les fournisseurs « fantômes » des fichiers numériques, à l’origine de ces scandales, qui sont en train de se développer en consolidant leur interopérabilité avec la presse d’investigation, ont utilisé le couple « numérique-informatique » pour enclencher une bataille entre les journalistes et les « puissances » qui dissimulent ce genre d’informations à des fins stratégiques. Le temps où ces « puissances » parvenaient à dissimuler des informations financières à la justice est révolu grâce à l’informatique et à l’Internet.


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