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Samedi, 24 Juin 2017

  •   Samy Injar
  • samedi 6 août 2016 17:07

La rechute du pétrole pollue l’été du gouvernement et menace Sellal

 

 

 

Le prix du brut a perdu 20%, essentiellement durant le mois de juillet, et replonge industrie de la filière et états exportateurs dans un pesant doute. En Algérie l’espoir d’un retour à 60 dollars au 2eme semestre s’évapore. Et la conjoncture se tend.

 

 

 

 

Abdelmalek Sellal comptait depuis le printemps dernier sur une remontée des cours du brut pour présenter une copie « douce » de la loi de finance pour 2017. Le mois de juillet a cassé son espoir. Le pétrole a rechuté. Il a abandonné entre fin juin et fin juillet 20% de sa valeur. Le baril était à 41 dollars au WTI de New York ce 05 août, revenu à son niveau du 12 avril dernier.  L’embellie du printemps est effacé, et le pic des 51 dollars du 08 juin dernier oublié. Un plafond de verre a maintenu le baril sous les 50 dollars plusieurs jours avant qu’il ne se remette à dévisser passant même sous les 40 dollars durant la journée du 2 août dernier. Ce scénario de la rechute n’était pas prévu aussi rapide et sec au cœur de l’été. La hausse des cours avait poursuivi une courbe assez régulière depuis début mars dernier (32 dollars), démentie par des ajustements à la baisse ne dépassant jamais la dizaine de jours (notamment entre le 21 mars et le 04 avril).  Mi-juin – fin juillet ressemble à un nouveau retournement de tendance qui désespère les acteurs de marché. Les circonstances qui assombrissent le tableau sont nombreuses. D’abord, il n’existe pas du côté de l’évolution de l’offre d’évènements majeurs qui justifient cette rechute des cours. Ensuite le dollar aussi est en baisse alors que, habituellement, sa trajectoire est inverse à celle du prix du pétrole par effet refuge communiquant. Enfin la déconnexion entre la croissance économique et la demande énergétique dans les grands pôles de consommation s’est à nouveau confirmée en Europe et aux Etats Unis. La conclusion qui s’insinue est que la conjoncture du pétrole est au moins ressemblante à celle de la longue dépression de 1986-1998. Voire plus systémique. Le prix d’équilibre autour des 50 dollars le baril souhaité, début juin au moment du pic, par le ministre saoudien de l’énergie apparaît dans ce contexte comme un objectif haut pour le reste de l’année 2016.  

 

 

Un report des arbitrages devenu un brulot

 

L’incapacité des cours à effacer le trou d’air du premier trimestre, moins de 35 dollars en moyenne, en devient sérieusement préoccupante. Elle va sans doute empêcher le budget de l’Etat algérien, construit sur un prix moyen fiscal de 37 dollars (et de 45 dollars pour le prix de marché), de respecter sa prévision de déficit de 25 milliards de dollars. Plusieurs indicateurs laissent penser que le gouvernement algérien comptait sur un redressement plus ample des cours du brut avant d’engager les arbitrages budgétaires de 2017. Le choix de renoncer, mi juin, à la confection d’une loi de finance complémentaire en est un. La LFC 2016 était devenu évidente à la fin d’un calamiteux 1Er trimestre. Elle a été abandonnée au plus fort de la remontée des cours. De même le choix de ne pas rendre public le contenu du nouveau modèle de croissance proposé à la réunion de la tripartite du  05 juin dernier, permettait de masquer les grandes options de trajectoires budgétaires pour les trois prochaines années, à commencer par 2017.  Le report des corrections budgétaires de 2016 sur 2017  a sans doute sous-estimé le risque d’une rechute du prix du baril. Des experts dans le giron du gouvernement ont également laissé entrevoir un retour à un baril à 60 dollars avant la fin de l’année en cours. Le choix opéré par Abdelmalek Sellal de ne pas réagir au risque d’un déficit budgétaire fortement supérieur à un prévisionnel déjà jugé astronomique, est devenu un brulot politique au cœur de cet été 2016.  Il faudra sabrer plus brutalement les dépenses en 2017, faute d’avoir su lisser leur baisse en 2016, après une année 2015 perdue sur le plan de l’ajustement budgétaire.

 

 

Le pétrole menace le poste de Sellal

 

Abdelmalek Sellal entame dans la pire des positions les consultations avec ses départements ministériels pour décider des coupes claires qui vont caractériser la prochaine loi de finances.  Les dépenses d’équipement ont été réduites de 16%  dans la loi de finances pour 2016. L’option de les réduire encore plus en 2017 se dessine et stresse l’ensemble des ministères engagés dans des plans d’équipements. C’est l’été pourri des sacrifices de cabinets noirs. Les collectivités locales ont déjà subit un gros coup de frein additionnel dans le ralentissement déjà important de leurs dépenses. C’est ce qui a fait découvrir, ce juillet 2016, Louisa Hanoune la réalité de l’économie par temps de fonte de la rente énergétique. Le gel de projets déjà engagés était exclu en 2016. Il n’est plus tabou pour 2017. Les complications sur ce front s’accumulent. Mais il ne s’agit que d’un volet de l’ajustement qui se dessine. Le budget de fonctionnement devrait également être touché dans son poste le plus controversé, celui des interventions sociales de l’Etat qui contient les subventions explicites et implicites. Abdelmalek Sellal espérait sans doute ne pas avoir à traiter de front ce gouffre de la dépense publique, 16% du PIB pour le soutien au seuls prix énergétiques internes. Il n’aura peut être pas à le faire. En septembre prochain il boucle sa quatrième année à la tête du gouvernement. Programmé à son arrivée  en septembre 2012 pour distribuer la rente dans la bonne humeur, il se retrouve à contre-emploi à devoir détricoter l’Etat providence de Abdelaziz Bouteflika, pour un autre modèle compétitif et durable.  Il se dit de plus en plus au palais d’El Mouradia qu’il n’est pas l’homme de la situation tendue qui arrive. A la fin de l’été c’est donc bien Abdelmalek Sellal qui risque de faire les frais de l’enlisement des cours du pétrole loin des 87 dollars dont a besoin le président Bouteflika pour voguer tranquillement jusqu’à avril 2019.   

 


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