Les députés ont reproché à Bouhadja  des « dépassements et violations » commis au sein de l’institution législative.

Le bras de fer se poursuit entre le président de l’Assemblée populaire nationale (APN) et les cinq chefs des groupes parlementaires qui ont décidé de lui retirer leur confiance.

Les présidents des groupes parlementaires des partis du Front de libération nationale (FLN), du Rassemblement national démocratique (RND), de Tajamoue amel el djazair (TAJ), du Mouvement populaire algérien (MPA) et des Indépendants ont transmis hier au président de l’APN une motion « portant la signature de 351 députés » faisant part de « la décision de retrait de confiance au président de l’APN, appelé à démissionner de son poste avec gel de toutes les activités des structures de l’APN jusqu’à satisfaction de la revendication des groupes parlementaires ». Sauf que cette motion dont Maghreb Emergent détient une copie ne comporte aucune signature. Eslle est uniquement signée par les cinq chefs de groupes parlementaires.

« La démarche des députés est illégale »

Contacté par Maghreb Emergent, la constitutionaliste Fatiha Benabbou, assure que le gel des travaux par les députés est un acte illégal. « La notion de gel des travaux n’existe pas dans  la Constitution, ni dans le règlement intérieur de l’APN, ni, d’ailleurs, dans une aucune autre loi. Je dis que ces députés n’ont pas le droit de retirer leur confiance à Said Bouhadja est que le gel des travaux parlementaires  est un refus de travail », a souligné madame Benabbou.

Un haut cadre du FLN nous a expliqué, par ailleurs,  que les cinq groupes qui s’opposent à Bouhadja vont maintenir le gel jusqu’à son départ. Interrogé sur  la base légal de cette action, ce même cadre a répondu : « nous sommes la majorité parlementaire et nous avons élu Bouhadja à la tête de cette institution. Nous avons donc le droit de prendre une telle décision ».

Les députés du Front El Moustakbal ont dénoncé, pour leur part, le fait que les travaux parlementaires  soient bloqués et disent refuser que la première chambre parlementaire soit otage d’une partie ou d’une autre.  Plusieurs autres députés rencontrés cet après-midi à l’APN nous ont assuré qu’ils étaient contre le gel des travaux.

Pour sa part, Said Bouhadja avait annoncé à la presse qu’il  n’a pas l’intention de démissionner dans l’immédiat. « Il faut d’abord que je sache s’il s’agit d’une démission ou d’un limogeage. Il faut qu’on me l’explique, je demande à être convaincu. La démission est un acte volontaire», a-t-il dit.

Il faut rappeler que les députés ont reproché à Bouhadja  des « dépassements et violations » commis au sein de l’institution législative. Ses détracteurs ont parlé, entre autres, d’un « report intentionnel de l’adoption du règlement intérieur de l’APN et la marginalisation des membres de la Commission des affaires juridiques, de mauvaise gestion des affaires de l’APN, de dépenses exagérées et de recrutement douteux».