Ambiane footballistique bon enfant dans un bistrot de Barbès (ph. Nejma Rondeleux, Huffington Post Algérie).

La journaliste du Huffington Post Algérie restitue dans cet article l’ambiance dans laquelle le match Algérie-Allemagne a été suivi hier par les Algériens de Paris, dans l’enthousiasme et la bonne humeur.

 

Hier soir, dimanche 30 juin, le quartier de Barbès, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, avait un tout autre visage que jeudi dernier, jour de la rencontre Algérie-Russie. A quelques minutes du début du match, les rues étaient désertes et les supporters se comptaient sur les doigts de la main aux alentours du métro, traditionnel lieu de rassemblement des aficionados algériens.

C’est qu’au même moment où retentissait le coup de sifflet, les musulmans parisiens se mettaient à table pour la rupture du jeûne. Seuls quelques irréductibles supporters avaient improvisé une table en carton à l’extérieur pour le ftour. Du coup, les CRS tuaient le temps en pianotant sur leurs téléphones portables.

Les bars de la rue Clignancourt, en revanche, affichent complets. Les spectateurs se pressent même à l’extérieur, les yeux rivés sur les écrans géants installés à l’intérieur. A La Chope, il y a foule. Des maillots des Bleus et des Verts sont assis à la même table, des Français d’origine africaine, maghrébine, italienne, etc., commentent le match à haute voix et des supporters allemands se sont même glissés au milieu de la foule dont le cœur et les mains battent pour l’Algérie.

« C’est notre quartier général, ici », explique Aurélie, 34 ans, venue avec une dizaine d’amies regarder le match. Parmi « sa petite famille », comme elle appelle affectueusement ses compagnons, il y a Mehdi, son meilleur ami, un Algérien originaire de Bejaïa. »Les patrons se sont des cousins, on vient tous du même patelin, d’Ilmaten, à 30 kms de Béjaïa », détaille le jeune homme à la chevelure volumineuse qui bondit de sa chaise à chaque montée des Fennecs vers les cages allemandes.

Les 90 minutes du match se déroulent entre cris, chants, vuvuzela et applaudissements. L’ambiance est joyeuse et bon enfant. Parfois, Tonton Moussa, un des gérants, lève les bras ou monte sur le bar pour raviver la foule. « Ce match est énorme », s’exclame Zino, 27 ans, venu spécialement de Marseille pour suivre la rencontre avec ses amis : « Même si on perd, mâalich, on est en prolongation contre l’Allemagne, un des gros calibres du Mondial. »

Malgré la défaite, les supporters ont chanté « One, two, three, viva l’Algérie »! Déçus, certes, mais fiers de leur équipe : « Ils ont bien joué. Même si on sort, on quitte le Mondial la tête haute », lance Zino avant de disparaître dehors, au milieu des supporters qui refont le match entre bières et cigarettes.