« L’Algérie partage 2.400 Km de frontière avec certains pays membres de la CEDAO », rappelle Ali Bey Naceri.

 

Le président de l’Association nationale des exportations algériennes (ANEXAL) considère qu’il faut être pragmatique dans les choix que l’Algérie fait pour le développement de son économie. Il préconise de s’intéresser aux marchés de proximité subsahariens avant de penser à tout le continent.

 

« La Zone de libre-échange africaine (ZLECA) est un objectif à long terme : 2063. Il ne sert à rien d’y adhérer à présent. L’Algérie, dans sa situation actuelle, ne peut nullement en tirer bénéfice », a déclaré aujourd’hui à Maghreb Emergent Ali-Bey Naceri, le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (ANEXAL), commentant la signature par l’Algérie, à Kigali le 21 mars dernier, de l’accord-cadre pour cette zone économique. D’ailleurs, a-t-il ajouté, « beaucoup de pays, dont deux géants de l’économie africaine, ont boycotté ce projet : l’Afrique du Sud et le Nigeria ».

 

« Les pays frontaliers d’abord »

 

Selon Ali Bey Naceri, la meilleure manière de procéder pour pouvoir un jour intégrer en position de force la ZLECA et en tirer bénéfice, « c’est de s’intéresser d’abord aux marchés de proximité ». « L’Algérie partage 2.400 Km de frontières avec certains pays membres de la CEDAO. Ces pays représentent une zone éminemment stratégique pour nous : d’une part, parce qu’ils sont proches et nous sont plus ou moins familiers, d’autre part, parce qu’ils sont accessibles par voie terrestre et font partie d’une zone qui est établie depuis longtemps et dont les mécanismes de fonctionnement sont huilés », affirme-t-il. Et de préciser qu’entre autres, le Niger et le Mali sont des pays leviers pour l’Algérie : « On ne peut pas aller se chercher des marchés dans des contrées qui nous sont difficilement accessibles et dont on ne connaît que peu de choses alors que nous tournons le dos à des marchés voisins qui plus est sont organisés. »

 

« Installer un réseau bancaire, est une condition sine qua non »

 

A une question sur l’importance de la présence de banques algériennes en Afrique, Ali Bey Naceri a indiqué que celles-ci peuvent accompagner les exportateurs algériens en mettant à leurs dispositions leurs portefeuille clients et protéger leurs transactions. « Dans certains pays africains, le risque de non-paiement existe. Par conséquent, il n’y a que la banque, si elle est présente sur le terrain, qui peut garantir la sécurité des transactions », a-t-il affirmé, soulignant que « le déploiement d’un réseau bancaire algérien dans les pays africains est une condition sine qua non pour développer nos exportations vers l’’Afrique ».

 

« L’Algérie dispose d’une offre exportable »

 

Pendant longtemps s’est posée, quand il s’est agi des voies et moyens de développer le commerce extérieur, la question de l’offre exportable. Aujourd’hui, même si certaines filières restent fragiles, beaucoup ont été développées et ont atteint une taille leur permettant de placer leurs produits sur le marché international, notamment en Afrique. C’est du moins ce que pense Ali Bey Naceri : « Parmi ces filières, on peut citer l’électroménager qui exporte déjà vers plusieurs pays africains, l’agroalimentaire, le cosmétique etc. Bientôt, l’Algérie pourra également exporter le ciment, les céramiques et les marbres, le phosphates. » .

Pour le président de l’ANEXAL, l’offre il s’agit aujourd’hui de maîtriser les techniques d’exportation et d’avoir une politique cohérente en la matière et je pense que nous en sommes capables, à condition que nous soyons pragmatique et que nous n’ayons pas des ambitions démesurées ».