La mobilisation pour sa libération a finalement été payante, le verdict a été rendu dans le cadre du procès contre Adlène Mellah, il sortira ce soir de prison après que sa sentence ait été commuée en une peine de six mois de prison avec sursis.

A la fin d’une journée tendue et éprouvante pour ceux qui ont arpenté la salle des pas perdus de la cour d’Alger, la défense du journaliste  emprisonné Adléne Mellah, qui compte une quarantaine d’avocats,  s’était entendu pour laisser uniquement quelques avocats plaider et accélérer le procès en appel  qui a eu  lieu aujourd’hui  à la Cour d’Alger, Ruisseau.  Cette décision de la défense a été prise pour relâcher la tension sur leur client après qu’il se soit évanoui lors de la pause à 19h.

Ce procès  qui a commencé à 11h de ce mercredi 23 janvier 2019, a été une épreuve pour Adléne Mellah en grève de la faim depuis plus de trois semaines.  Il a rejoint la salle d’audience du tribunal en s’aidant de béquilles. Il avait l’ère affaibli et a répondu aux questions assis sur une chaise. Une scène qui a provoqué l’évanouissement de son épouse qui a été évacuée de la salle.

La salle d’audience était pleine à craquer, très tôt de nombreux journalistes, amis, hommes politiques et simples citoyens s’étaient présenté pour assister au procès. Des hommes politiques tels que Rachid Nekaz , des représentants de Jil Jadid et  la militante du Rassemblement pour la culture et la démocratie, Feta Sadate étaient présents.  Les associations et organisations ont-elles aussi suivi le déroulement du procès. Amnesty International, RAJ, LADDH et les familles des disparus entre-autres.

Durant le procès, les avocats ont eu l’occasion de partager avec la presse de nombreux éléments à la décharge de l’accusé. Maître Hebboul mettra le doigt sur une faille du dossier, elle concerne la réquisition émise par le wali d’Alger qui était adressée à un commissaire de police qui n’était plus en fonction, d’ailleurs selon l’avocat la réquisition mentionnait l’interdiction des marches des médecins résidents.

Dans le procès-verbal établi par la police, les avocats constateront l’absence du nom de l’officier qui a rédigé le document ce qui le rend juridiquement irrecevable par la cour. Ce sera l’objet du plaidoyer de maître Abdellah Haboul, avocat d’Adlène Mellah. Le procureur finira par répondre que cette omission était due à un oubli de la part de l’officier en charge.

Toujours concernant le PV de police, les avocats noterons une erreur flagrante dans la description du déroulé des événements. En effet, dans le dossier de Mellah il est noté qu’il était présent en deux lieux différents au même moment. Il aurait été, selon le rapport, le 9 décembre 2018 aux abords du café Tontonville à 15h30. Puis écouté à la même heure et à la minute près par la police au commissariat de la Basse Casbah, un kilomètre et demi plus loin. C’est l’impossibilité de l’ubiquité que les avocats avancent pour rejeter le dossier de leur client.

Autre grief retenu par la défense, le fait que les trois accusés, Laadjal, Negrouch et Mellah n’ont pas bénéficié du repos règlementaire lors de leur audition. Pis encore, Adlène Mellah n’aurait pas eu droit à la consultation médicale suivant sa garde à vue le 11 décembre 2018.

Rappelons que Adléne Mellah, avait été condamné, le 25 décembre 2018, à une année de prison ferme par le tribunal de Bab el Oued. Il a été condamné pour attroupement, rébellion commise en réunion de plus de deux personnes, provocation directe à un attroupement non armé et outrage avec violence faits à des fonctionnaires et institutions de l’Etat.