Le juge Mohamed Reggad, qui dirige le procès de 15 prévenus impliqués dans l’affaire Sonatrach 1 a levé dimanche en fin de journée la première séance, consacrée à la lecture de l’arrêt de renvoi, a-t-on constaté.

 

 

La lecture de l’arrêt de renvoi se poursuivra lundi, puis le juge entamera vraiment le traitement de cette affaire qui a drainé un nombreux public et suscité une large couverture médiatique.

Dimanche, après la demande de la défense des accusés, dont l’ex-PDG de Sonatrach Mohamed Meziane, de récuser la plainte du Trésor publique, les débats ont été également émaillés par une bataille de procédure. Les avocats de la défense ont en effet demandé purement et simplement  »l’extinction de l’action publique » à l’encontre de leurs mandants. La défense estime qu »’ il n’y a pas de plainte » dans cette affaire.  »Dès lors, on ne peut poursuivre un responsable d’une entreprise publique sans qu’il y ait une plainte de cette entreprise », estime la défense des 15 prévenus. Le juge Reggad avait levé l’audience sur cette offensive de la défense. Reporté à deux reprises, ce procès dans lequel sont impliqués 15 personnes dont d’ex-hauts responsables du groupe Sonatrach et quatre sociétés étrangères pour des faits liés à la « corruption » a débuté avec la présence de 82 témoins, alors que 2 autres sont morts. 26 témoins sont absents et trois mandats d’amener ont été délivrés pour trois autres témoins dans cette affaire qui a éclaboussé le groupe pétrolier algérien.

Les accusés dont sept sont en détention doivent répondre des chefs d’inculpation de « commandement d’une association de malfaiteurs, passation de marchés en violation de la législation et du règlement, octroi d’avantages injustifiés au profit d’autrui et augmentation des prix lors de la passation des marchés ». Ils sont également poursuivis pour « corruption, dilapidation de deniers publics, abus de fonction et blanchiment d’argent ».

Selon l’arrêt de renvoi, les faits portent sur cinq (5) marchés frauduleux d’une valeur de 1.100 milliards de centimes accordés par l’ex PDG de Sonatrach, Mohamed Méziane, au groupe allemand Contel Algérie Funkwerk Pletarc dans le cadre d’un projet d’acquisition d’équipements de télésurveillance et de protection électronique des complexes du groupe pétrolier à travers le pays.

Ces contrats ont été accordés dans le cadre du gré à gré en contrepartie d’actions acquises au profit des deux fils du patron de Sonatrach Fawzi et Réda Méziane dans le groupe Contel, selon l’arrêt de renvoi.