Deux gloires de l’équipe algérienne des années 1980 : Rabah Madjer et derrière lui, Mustapha Dahlab (match Algérie-Allemagne, Espagne, 1982).

La perspective de la rencontre de football Algérie-Allemagne a ressuscité une affaire vieille de 32 ans: un match combiné entre les équipes de la République fédérale d’Allemagne (RFA) et d’Autriche afin de se qualifier toutes les deux au deuxième tour du Mondial espagnol de 1982 aux dépens d’une excellente équipe algérienne. Le Huffington Post Algérie revient sur l’usage fait de cette affaire aujourd’hui en tant que levier de mobilisation psychologique des joueurs algériens.

 

L’entraîneur de l’équipe allemande, Joachim Löw, n’aime pas les comparaisons avec la Coupe du Monde de 1982 où l’équipe algérienne l’avait emporté contre l’Allemagne (ex- RFA) mais s’est faite éliminée à la suite du fameux « match de la honte » avec l’Autriche.

Une réaction aux propos du sélectionneur des Verts Vahid Halilhodzic qui a rappelé que les Algériens n’ont pas oublié le scandale de la Coupe du Monde de 1982 et le « match de la honte », appelé également « Nichtangriffspakt von Gijón » (le pacte de non-agression de Gijón).

« Nous n’avons pas oublié » avait-il déclaré, tout le monde a parlé de l’Algérie et l’Allemagne à partir de 1982. »

Officiellement, la FIFA n’a jamais validé l’accusation de match arrangé formulée par les Algériens mais l’épisode du match RFA-Autriche, où les deux équipes se sont promenées après un but de Horst Hrubesch à la 10ème minute, a poussé l’organisation à changer les règles. Ainsi, pour éviter les arrangements, les équipes doivent jouer leur match au même moment.

« Trente-ans ans, cela fait longtemps. Je suis très fier de ce que nous avons réalisé ce soir et nous méritons d’être ici « . 1982, Vahid Halilhodzic, y a également fait référence dans une déclaration à RMC où relevait que si l’Algérie avait « maintenant… le droit de perdre « , elle ne partait pas perdante : « Je disais encore ce matin qu’en 1982, une équipe algérienne a déjà battu une grande équipe d’Allemagne, alors pourquoi pas nous ? Si on perd, on va les féliciter parce qu’ils sont meilleurs et si on gagne, tout le monde va apprécier un peu plus cette équipe d’Algérie. »

 

Joachim Low : « La plupart des joueurs n’étaient pas nés en 1982 »

 

Ces références agacent Joachim Low qui souligne que la plupart des joueurs n’étaient pas encore nés, il y a 32 ans et qu’il était de ce fait absurde de parler de « revanche » entre deux équipes qui ne se sont plus rencontrées depuis la Coupe du monde de 1982, en Espagne.

Joachim Löw reproche implicitement au coach Vahid d’instrumentaliser une vieille histoire pour motiver les troupes. Il ne comprend pas que l’Algérie veuille « nous punir » alors que la plupart des joueurs n’étaient pas nés en 1982 et ne connaissent rien à cette histoire. « Ce n’est pas un problème pour nous. Certains dans l’autre partie veulent peut-être en faire une affaire pour motiver l’équipe algérienne. »

Mais comme le note l’analyste sportif du Telegraph, « il peut sembler étrange de parler de revanche pour un événement qui s’est déroulé il y a 32 ans et dont aucun des protagonistes clés ne sera de nouveau impliqué. Mais l’année 1982 a été une motivation constante tout au long de cette Coupe du monde pour Algérie ».

Il est vrai que ce match de la honte a laissé aussi des déclarations odieuses difficiles à oublier. Le summum ayant été atteint par le chef de la délégation autrichienne, Hans Tschak, qui réagissait aux supporteurs algériens qui ont brûlé de l’argent, dans les tribunes, pour marquer qu’il s’agit d’un match combiné.

« Si dix mille fils du désert voulaient déclencher un scandale dans le stade c’était juste pour montrer qu’ils avaient trop peu d’écoles. Certains cheikh sortent d’une oasis, obtiennent de sentir l’air de la Coupe du monde après 300 ans et pensent qu’ils ont le droit d’ouvrir la gueule. »

Hans Tschak, n’était pas seulement un combinard.