La Bourse d’Alger : est-ce le début du décollage ?

Pour son PDG Hassan Khelifati, le système de cotation à la Bourse d’Alger sert beaucoup plus à dévaloriser un titre qu’à le valoriser: « Plus on essaie d’animer la Bourse, plus le titre baisse. La valeur du titre Alliances assurances ne reflète pas la performance de l’entreprise. Nos actionnaires souffrent et nous avec eux. » 

 

  

Le président-directeur général d’Alliance assurances Hassan Khelifati a affirmé, aujourd’hui devant les journalistes, que le retrait de sa société de la Bourse d’Alger est une option que celle-ci envisage sérieusement. « C’est une option parmi d’autres. Notre introduction était un choix stratégique et un devoir pour dynamiser le marché financier algérien. Nous voulions surtout ouvrir la voie au privé vers la Bourse et nous nous réjouissons qu’un un opérateur a fait son entrée (NCA Rouiba, Ndlr). Mais cela ne doit pas continuer au détriment de l’entreprise. »

Lors de la matinée d’information financière qu’il a organisée aujourd’hui à Alger, Hassan Khelifati a exprimé sa frustration de l’évolution de la Bourse d’Alger. Pour lui le système de cotation sert beaucoup plus à dévaloriser un titre qu’à le valoriser : « Plus on essaie d’animer la Bourse, plus le titre baisse. La valeur du titre Alliances assurances ne reflète pas ses performance. Nos actionnaires souffrent et nous avec eux. »

Le PDG d’Alliances assurances s’est montré catégorique : son entreprise ne tire aucun avantage de son introduction en Bourse. Il a déploré qu’aucun représentant des autorités de régulation n’ait répondu à l’invitation de sa société à la matinée d’information financière dont Alliance Assurances, a-t-il souligné,  est l’une des rares entreprises cotées en Bourse à organiser. Il a appelé à une « refonte structurelle » du marché boursier, laquelle ne peut aboutir, selon lui, sans une prise en charge volontariste par les pouvoirs publics.

 

« Le fonctionnement de la Bourse d’Alger pose problème »

 

Pour Hassan Khelifati, « le mécanisme de fonctionnement de la Bourse d’Alger pose problème ». Il s’en est expliqué :  « Il y a une autorité de régulation que nous avons saisie. Elle nous a promis de faire des enquêtes. Il n’y a pas aujourd’hui d’éléments qui peuvent dire qu’il y a une volonté délibérée ou pas. Dans le doute, mieux vaut donc s’abstenir. »  

En effet, en dépit d’une croissance soutenue de son chiffre d’affaires et de son résultat net, le titre d’Alliance Assurances ne cesse de se déprécier à la Bourse d’Alger. Une situation qui la met réellement en danger l’entreprise, de l’aveu d’un conseiller de son PDG :  « Nous n’avons pas compris que le titre d’Alliance assurances baisse de 25% de sa valeur sans explication en seulement 4 séances », a regretté Hassan Khelifati qui souligne : « Nous nous donnons encore un peu de temps. Nous verrons avec le nouveau ministre des Finances (Mohamed Djellab, Ndlr) lui-même ancien directeur du Crédit populaire d’Algérie (CPA). Nous essaierons de chercher des solutions. » 

 

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