Le prix relativement élevé de la pomme de terre a entrainé vers le haut tous les autres produits

Une baisse des prix des fruits et légumes est enregistrée sur tous les marchés de gros de Algérie. Une raison à cela: l’arrivée de la production de pomme de terre de la plaine du Chéliff, particulièrement celle de Aïn Defla.

 

 

Le prix de la pomme de terre a chuté sur les marchés de gros, revenant à son niveau conventionnel, à la faveur de l’entrée massive de la pomme de terre de la wilaya de Aïn Defla sur le marché. Lundi, la pomme de terre a frôlé les trente dinars le kilo. Selon la qualité du produit, elle était vendue entre 35 et 40 dinars sur les marchés de Bougara, Chlef, Mostaganem et Atatba, selon des commerçants.

La tendance à la baisse était déjà signalée depuis le début du mois, lorsque la production de la plaine du Chéliff a commencé à envahir les marchés. La baisse a été amortie par l’épisode pluvieux de la semaine dernière, qui a retardé la récolte de quelques jours. Mais avec le retour du soleil, la campagne de récolte a repris massivement, permettant d’inonder le marché, malgré le stockage qui a repris, en prévision de la période de soudure de mars-avril.

Le rythme de la récolte s’est accéléré parce que les fellahs sont contraints de terminer rapidement la saison. D’une part, ils doivent préparer la terre pour la saison prochaine, et ils ont moins de deux mois pour cela. D’autre part, beaucoup d’entre eux sont endettés, et souhaitent récupérer leur argent pour entamer la nouvelle récolte dans de bonnes conditions.

 

Période creuse

 

La baisse des prix de la pomme de terre risque, toutefois, de mettre du temps avant de se répercuter sur les marchés de détail. A Alger, comme dans les villes de l’intérieur du pays, les consommateurs ne trouvent pas encore de pomme de terre au-dessous de cinquante dinars. Une nouvelle perturbation météorologique, avec d’abondantes pluies prévues sur le nord du pays pour mardi et mercredi, risque également de perturber la récolte, avec un risque de voir les prix rebondir.

Autre facteur signalé par un fellah, le manque de main-d’œuvre freine la récolte. Il sera, cependant, comblé dès la fin de la semaine, avec les vacances scolaires. En effet, lycéens et étudiants, et mêmes des collégiens, constituent souvent l’essentiel de la main-d’œuvre utilisée pour la récolte de la pomme de terre.

Chez les commerçants, une autre question s’est imposée : la production actuelle sera-t-elle suffisante pour reconstituer les stocks en vue d’approvisionner le marché durant la période creuse, qui s’étend sur les mois de mars et avril ? A priori, les surfaces plantées en août-septembre paraissent réduites, ce qui devrait réduire l’offre. La tentation de stocker est grande chez les propriétaires de chambres froides, mais beaucoup redoutent un recours à l’importation, ce qui casserait de nouveau le marché et découragerait les producteurs.

 

Baisse générale

 

Par ailleurs, comme il est de tradition, la baisse du prix de la pomme de terre a entraîné avec elle celle des autres fruits et légumes de saison. Le chou-fleur est à 15-20 dinars, avec un plus bas à 7 dinars en fin de semaine. Carotte et navet sont respectivement à 15-20 dinars, et 5-10 dinars. La tomate a, elle aussi, reculé. Elle est disponible à partir de 35 dinars. Seul l’oignon se maintient entre 35 et 40 dinars. Quant à la salade verte, elle est à 40 dinars le kilo. Orange et mandarine, fruits-phares de l’hiver, connaissent un léger recul, à 50 et 70 dinars au marché de Mostaganem.

Ces prix, rappelons-le, sont ceux pratiqués sur les marchés de gros. Ils sont proches de ceux pratiqués par les commerçants qui sillonnent les quartiers populaires à bord de leurs camionnettes. Quant aux prix pratiqués par les détaillants, ils en sont très éloignés.