La baisse actuelle des cours du brut, même si elle est importante, ne ressemble pas encore à leur effondrement en 2008.

L’ancien Pdg de Sonatrach Abdelmadjid Attar préconise la révision du modèle de consommation énergétique en réduisant la consommation interne  ainsi que la réduction des dépenses d’exploitation des gisements en recourant aux partenariats étrangers.

 

 

Des experts ont tiré dimanche à Alger la sonnette d’alarme quant au recul continu des prix de pétrole, qui peut durer plusieurs années, et son impact négatif sur l’économie d’un pays dépendant majoritairement de cette rente tout en appelant à des mesures urgentes pour minimiser ses effets.

Les experts nationaux et étrangers présents à une table ronde sur le thème « du défi de la résilience à l’exigence de l’émergence de l’économie algérienne », organisée par le Conseil national économique et social (CNES), ont été unanimes: la chute des cours de pétrole peut durer de trois à cinq années voire plus.

Ainsi, l’économiste et spécialiste en énergie, Mourad Preure a tracé plusieurs scénarios possibles de l’évolution des prix du pétrole à court terme qui prévoient même le recul du pétrole jusqu’à dix dollars le baril au cours du deuxième semestre 2016.

Les marché pétroliers devraient rester, a-t-il ajouté, volatils à moyen terme avant de rebondir sur le long terme.

Cette baisse des cours de l’or noir qui représente 95% des recettes de l’Algérie mettra ce pays dans une situation financière difficile s’il n’engage pas des actions dans des délais proches.

Face à cette situation, le spécialiste en énergie et ancien Pdg de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, préconise comme actions prioritaires de revoir le modèle de consommation énergétique en réduisant la consommation interne qui représente, selon lui, le plus gros risque pour la diversification des richesses.

« La consommation interne augmente à un taux insupportable que les capacités de production actuelles ne supportaient plus », a-t-il dit en plaidant pour une politique d’économie de l’énergie et le développement des énergies renouvelables.

Il recommande aussi la réduction des dépenses d’exploitation des gisements en recourant aux partenariats étrangers.

Quant à Nadia Chetar de l’Université d’Annaba, elle considère que la dépendance vis-à-vis de la rente pétrolière peut être transformée en avantage en développant en aval une industrie de transformation.

Il s’agit essentiellement de développer l’industrie pétrochimique où l’Algérie peut se placer facilement dans ce segment grâce à l’existence d’un marché national et mondial importants.

Tracer des politiques de changes et des politiques budgétaires pour faire face à la volatilité des taux de change dans les mois à venir, favoriser la création des PME et leurs financement à travers la bancarisation et le recours à l’épargne des Algériens figurent, par ailleurs, parmi les principales actions préconisées par l’expert, Erve Lauranzi, afin de s’adapter à la situation actuelle qui peut durer encore 4 à 5 ans, selon lui.

L’expert Ammar Aktouf, qui met en garde contre la possibilité d’un défaut de paiement de l’Algérie dans trois ans en cas de persistance du ralentissement du marché pétrolier, a appelé, quant à lui, au recours à l’emprunt national et étranger en utilisant les réserves de change et le Fonds de régulation des recettes comme garanties afin de sortir de la crise.

Il a recommandé, dans le même sillage, de renforcer davantage le contrôle des capitaux qui a pour effet d’atténuer les effets de la crise économique.