L’affectation d’une assiette de terrain au quartier des 600 logements, à Ihadaden, dans la commune de Bejaia, à un promoteur privé pour la construction d’un hôtel, a provoqué la colère des habitants qui ont décidé de tenir, demain, un rassemblement de protestation.

Classée espace vert, cette assiette de terrain attribuée dans la cadre du Capiref a été pendant des décennies un espace de jeu et de loisirs pour les enfants et les retraités du quartier 600 logements et ceux des cités avoisinantes.

La diffusion de cette information le 10 janvier en cours, par le député de la wilaya de Bejaia Chafaâ Bouaiche dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux a provoqué la colère des associations de quartiers, des élus, des activistes locaux et autres. Une colère qui s’est vite traduite par un appel à un rassemblement demain dimanche devant le siège de la wilaya de Bejaia pour exiger l’annulation du projet de construire un hôtel sur un espace vert.

Dans sa vidéo, le député a appelé la population de Bejaia à défendre cet espace vert destiné à la détente. Il dénonce les conditions dans lesquelles a été attribuée cette assiette de terrain. Il estime que le quartier des 600 logements et les cités avoisinantes ont besoin d’infrastructures culturelles et de loisirs et non d’un hôtel.

De son côté, le président de l’Association ARDH de protection de la nature Abdelkarim Khima a appelé sur la page Facebook de son association à la mobilisation citoyenne demain devant le siège de la wilaya pour faire annuler la décision d’attribution de ladite assiette foncière. Il affirme que le projet en question constitue une violation de la loi sur l’urbanisme. « Les véritables projets dont a besoin la wilaya de Bejaia, à l’instar de centres de recyclage des déchets, sont bloqués et ils s’amusent à détourner les espaces verts au nom de l’investissement et des projets », s’est-il insurgé.

D’après ses dires, le bradage du foncier à Bejaia a touché même le parc national de Gouraya. Il parle de 15 hectares de ce parc naturel protégé par la loi qui ont été détournés de leur vocation.

Pour sa part, l’ex-président de l’APW de Bejaia, Rabah Naceri qui s’est déplacé aujourd’hui sur les lieux, a appelé à l’annulation pure et simple de ce projet. « Lorsque des comités de quartiers demandent la construction d’une salle de soins, d’une maternité ou d’une école on refuse leurs demandes sous prétexte de l’absence d’assiette de terrain, mais lorsqu’il s’agit de la construction d’un hôtel ce problème ne se pose pas », déplore-t-il.