Des intellectuels algériens ont lancé jeudi 7 septembre 2017, dans le journal El Watan, un appel à l’organisation d’une élection présidentielle anticipée pour sortir d’un « statuquo mortifère ».

 

 

Les signataires de l’appel, Dahou Djerbal, Mohammed Hennad, Aissa Kadri et Ratiba Hadj-Moussa  et les journalistes Cherif Rezki et Mustapha Benfodil estime qu’il faut sortir du « statu quo mortifère » du quatrième mandat du président Bouteflika. Revenant sur le limogeage de Abdelmadjid Tebboune et son remplacement par Ahmed Ouyahia, les signataires estiment qu’il s’agit d’un fait « unique en son genre » qui montre, selon eux, que chef de l’Etat n’exerce plus ses fonctions constitutionnelles « de manière effective »,

 « Sur le plan extérieur : notre pays se trouve marginalisé en dépit des gesticulations de son appareil diplomatique. Il devient l’objet de rapports intéressés, établis par des puissances étrangères faisant part, dans un langage plus ou moins diplomatique, d’un certain nombre d’inquiétudes quant à la dérive de l’Algérie vers un État failli ! Sur le plan intérieur : l’Algérie, tel un bateau ivre, vogue au gré de décisions erratiques et contradictoires. La corruption a atteint un seuil tel qu’elle affecte tous les secteurs de la vie économique et sociale du pays ».

 La raison voudrait d’aller vers une Constituante avec une transition consensuelle

Les signataires ont appelé les forces politiques et sociales « qui veulent éviter que le pire n’advienne » à prendre leurs responsabilités et faire valoir l’importance d’organiser une élection présidentielle anticipée dans les mois à venir. Ils admettent néanmoins que la tenue des élections anticipées ne constitue pas la « la solution à l’impasse politique dans laquelle se trouve le pays. »

Mais, poursuivent-ils,  « il y a urgence de sortir de ce statu quo mortifère. La raison voudrait que le pays aille vers une Constituante, avec une période de transition consensuelle. »

 « Sans avoir à évoquer l’article 102, l’organisation d’une élection présidentielle anticipée reste possible si les promesses, maintes fois réitérées par le président Bouteflika en personne (…) sont assumées au niveau des cercles de pouvoir à l’égard des jeunes générations et de l’avenir du pays », ont-il estimé.

Pour rappel, l’armée a formellement rejeté les appels à la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution sur l’état d’empêchement du président.  L’appel publié dans El Watan qui exprime une inquiétude réelle au sein des élites a peu de chance d’avoir plus d’écho en l’état actuel du rapport de force au sein du régime et de la persistance des Algériens à rester distants de la politique.