Lies Kerrar, consultant algérien en finances.

Les normes de l’OCDE de bonne gouvernance des entreprises insistent sur l’importance de définir une stratégie actionnariale « claire » et « cohérente » de manière à garantir que la gouvernance des entreprises publiques est exercée de façon « transparente » et « responsable ».

 

Des experts ont souligné, dimanche à Alger, l’opportunité de rédiger une charte de gouvernance des entreprises publiques compte tenu de l’enjeu de la gouvernance, pour assurer la confiance des marchés et des partenaires nationaux et internationaux et en vue d’améliorer l’attractivité de l’Algérie.

Pour apporter une contribution positive à l’efficience économique et à la compétitivité de l’Algérie qui ambitionne de diversifier son économie et d’assurer un niveau de croissance significatif, des experts présents à la conférence organisée par le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE), ont été unanimes sur la nécessité de définir le cadre d’évolution de la gouvernance des Entreprises publiques économiques (EPE).

« Les entreprises publiques occupent une place prépondérante dans l’économie nationale d’où la nécessité de réformer les modalités d’organisation et de gestion de ces entreprises », a estimé Lies Kerrar, consultant en finances, précisant que les principes généraux de gouvernance d’entreprise sont la redevabilité, l’équité, la transparence et la responsabilité.

Selon Nacer Bourenane, ex-cadre à la Banque africaine de développement (BAD), les lignes directrices en matière de gouvernance des entreprises publiques publiées par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) constituent, « le référentiel le plus reconnu au niveau international ».

Ces lignes élaborées par l’OCDE et présentées à l’occasion de cette conférence sur la gouvernance des entreprises étatiques, mettent l’accent sur la nécessité de garantir aux entreprises publiques un cadre juridique et réglementaire efficace.

Autrement dit, « le cadre juridique et réglementaire dans lequel les entreprises publiques exercent leurs activités doit garantir des règles du jeu équitables sur les marchés où les entreprises publiques et celle du secteur privé sont en concurrence », est-il expliqué.

Les normes de l’OCDE de bonne gouvernance des entreprises insistent sur l’importance de définir une stratégie actionnariale « claire » et « cohérente » de manière à garantir que la gouvernance des entreprises publiques est exercée de façon « transparente » et « responsable ».

 

Le droit de tous les actionnaires à un traitement « équitable »

 

Conformément aux principes de gouvernance d’entreprise de l’OCDE, l’Etat et les entreprises publiques doivent reconnaître les droits de tous les actionnaires et veiller à ce qu’ils bénéficient d’un traitement « équitable ».

L’Etat doit également conduire une politique actionnariale qui prend en compte les responsabilités des entreprises publiques vis-à-vis des parties prenantes, est-il préconisé par l’OCDE.

Les entreprises publiques doivent observer des normes de transparence rigoureuses et le conseil d’administration d’une entreprise publique doit avoir les pouvoirs, les compétences et l’objectivité nécessaires pour assurer sa fonction de pilotage stratégique et de surveillance de la direction.

Evoquant les perspectives de développement de la gouvernance d’entreprise en Algérie, M. Bourenane a insisté sur le développement des activités de formation, de sensibilisation et de recherche au travers de l’Institut algérien de gouvernance d’entreprise Hawkama El Djazair.

Mais, pour l’ex-délégué général de l’Association des banques et établissements financiers (ABEF), Abderrahmane Benkhalfa, la problématique en Algérie a trait à la définition de responsabilités.

« Le problème essentiel est l’organisation de la relation entre l’Etat et les entreprises. Il faut améliorer cette relation », a-t-il plaidé.

La conférence organisée par le CARE a été l’occasion de passer en revue quelques expériences de développement du secteur public économique grâce au marché financier, notamment l’expérience du groupe pharmaceutique Saidal avec son introduction en bourse.