D’après le ministre de l’Energie, les collectivités locales sont en mesure de réduire de 30% leur facture d’électricité.

« Pourquoi on s’en fout » de l’économie d’énergie ? Ce reproche a été fait, ce matin, à l’adresse des collectivités locales par le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni. Ce dernier a interrompu le déroulement de la conférence dédiée à l’efficacité énergétique dans les collectivités locales, organisée à l’hôtel Aurassi, pour exprimer son mécontentement quant à l’attitude de certaines communes, notamment. Le ton haut, le ministre a critiqué la « légèreté» avec laquelle est géré le dossier de l’énergie au niveau des collectivités locales, pointant un gaspillage intolérable au niveau des locaux des communes mais surtout au niveau  de l’éclairage public.

« Pourquoi laisse-t-on la lumière allumée dans les locaux administratifs alors qu’on n’en a pas besoin ? », s’est également interrogé le ministre qui n’a pas épargné, non plus, la Sonelgaz. « Nous sommes le seul pays où les travaux de maintenance des lampes du réseau d’éclairage public  se fait en plein jour. C’est du gaspillage », a-t-il martelé.

« L’éclairage public représente 40% de la consommation électrique nationale », a signalé le ministre en attirant l’attention sur le fait que certaines méthodes permettant de réduire la consommation électrique ne sont pas adoptées. Il parlera, à ce propos, de la nécessité de remplacer les cellules électriques des lampes d’éclairage public par des horloges. « Les lampes équipées de cellules électriques s’allument dès que le ciel s’assombrit, ce qui génère du gaspillage », a-t-il dit, faisant remarquer que le remplacement desdites cellules « nous permettra d’économiser 30% sur la facture d’électricité ». Il a rappelé que « l’Algérie produit de l’électricité à partir du gaz et que le gaz économisé est susceptible d’être exporté ».

Quelques minutes après le coup de gueule du ministre, les interrogations qu’il a formulées ont, en partie, trouvé une réponse dans l’intervention de la sous-directrice du ministère de l’Intérieur, Nahla Kheddache qui a évoqué la propension des maires à vouloir lancer des projets de courts termes en raison de la durée limitée de leurs mandats. Des projets avec un retour sur investissement dans une période s’étalant de trois à cinq ans, selon l’intervenante. Le désintérêt témoigné aux chantiers  relatifs à la rationalisation de l’énergie pourrait s’expliquer par la durée relativement longue de leur réalisation.

De son côté, Kamel Dali, directeur de projets au niveau de l’APRUE (Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie), a assuré que les collectivités locales devaient non seulement sensibiliser la population quant à la rationalisation de l’énergie mais qu’elles étaient également dans l’obligation d’en donner l’exemple. Evoquant lui aussi la question de l’éclairage public, M. Dali a annoncé le remplacement, durant l’année en cours, de 300.000 lampes à mercure et à sodium du réseau d’éclairage public par des lampes LED, plus économiques, facile à entretenir et jouissant surtout d’une plus longue durée de vie plus.

D’après le représentant de l’APRUE, le réseau national d’éclairage compte cinq millions de points lumineux, ce qui donne une idée sur le grand travail qui reste à faire. Il s’avère, toutefois, que le chiffre avancé par la sous-directrice du ministère de l’Intérieur soit moins élevé que celui donné par le représentant de l’APRUE. Mme Kheddache a parlé, en effet, de deux à trois millions de points lumineux et non pas de cinq millions. Une question qui mérite, semble-t-il, que l’on y apporte un meilleur éclairage.