Nacib Hamida.

Pour le gérant de cette entreprise Nacib Hamida, la soumission au jugement du consommateur a plus d’avantages que d’inconvénients : « Si, par consensus, les consommateurs jugent qu’un produit est décevant pour une raison de goût, de couleur ou de fonctionnement, cette information vaut une coûteuse étude de marché. Le producteur pourra abandonner un produit ou l’adapter tout en communicant sur sa réaction face à la demande du client. »

 

Un réseau de distribution alternatif vient d’être mis en place par IBFTS, spécialisée dans la conception de stratégies marketing, Ce réseau, dénommé SEDENA, est un réseau national de représentation et de distribution urbaine de marchandises ouvert à l’adhésion des entreprises algériennes et des représentants de marques. Il est constitué de showrooms jumelés à des plateformes logistiques et il est ouvert à l’adhésion d’entreprises commercialisant les produits de grande consommation, les appareils domestiques et informatiques ainsi que les produits de luxe, cosmétiques et d’habillement.

Des représentations indépendantes, selon ces catégories de produits, sont, selon les initiateurs du projet, en cours de déploiement à Alger, Oran, Sétif et Hassi-Messaoud pour un total de 12 représentations. A partir du deuxième trimestre 2018, une nouvelle campagne sera, selon la même source, lancée sur la base des listes de vœux des anciens et nouveaux adhérents. De plus, « à l’horizon 2025, IBFTS compte étendre son réseau SEDENA à 40 nouvelles villes et intégrer les produits frais, pour compter ainsi 170 représentations tout en continuant à adapter son modèle aux spécificités locales et le développement de plateformes technologiques, ce facilitera l’exportation de la solution vers les pays du Maghreb et, pourquoi pas, plus loin ?».

Selon IBFTS, le concept du réseau est innovant : il ouvre non seulement un canal de distribution direct producteur-détaillant, sans commissions, permettant une baisse des prix sur les étals mais il déploie des techniques marketing qui visent l’implication du consommateur dans le choix des produits distribués dans le point de vente de son quartier.

Selon cette entreprise, l’initiative CBD (Customer-Based Distribution) vise à accroître l’impact social de la distribution en impliquant le consommateur final dans le flux même de distribution. Cela permet de distribuer le bon produit au bon endroit et en bonne quantité. En pratique, le placement des produits chez un détaillant est accompagné d’une campagne d’information personnalisée par le nom et l’image du quartier et présente aux résidents le produit, l’entreprise qui le fabrique, le circuit qui le distribue et le détaillant qui le commercialise. « Impliquer le consommateur final dans la distribution est primordial », explique Nacib Hamida, directeur général d’IBFTS. « Dans les canaux traditionnels de distribution, l’entreprise n’a d’autre visibilité sur la demande que les chiffres de ventes réalisées par les distributeurs et grossistes. Or, les intérêts des un et des autres ne convergent pas toujours. Il est plus facile d’attendre passivement l’écoulement d’un produit, proposé modérément aux détaillants que d’en faire la promotion. ».

Cette situation, selon Nacib Hamida, a un impact négatif sur le développement même des entreprises. « Dans toutes les régions du territoire national, nous avons constaté l’existence de produits très appréciés par le consommateur local, alors qu’ils sont inconnus dans les villes voisines. Cette situation freine le développement des producteurs qui ne disposent pas de gigantesques circuits de distribution et qui se heurtent aux habitudes et aux préjugés de certains grossistes sédentaires, » a-t-il indiqué. Quant au défi que représente la soumission à l’évaluation du consommateur, M. Hamida, pense qu’il plus d’avantages que d’inconvénients : « Si, par consensus, les consommateurs jugent qu’un produit est décevant pour une raison de goût, de couleur ou de fonctionnement, cette information vaut une coûteuse étude de marché. Le producteur pourra abandonner un produit ou l’adapter tout en communicant sur sa réaction face à la demande du client. L’écoute du consommateur est souvent bien rétribuée. » Et d’ajouter : « Si, au pire, il s’avère qu’un produit est impropre à la consommation, l’alerte ciblée du consommateur est préférable à un contrôle en magasin et ce, quelles que soient les raisons de la défectuosité ou les centres de responsabilités. »