Une augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz dans la loi de finances 2018 n’est pas à exclure, selon Abdelaali Badache, ex-président de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg). Pour lui, elle reste « inévitable et nécessaire »

Même si on ne peut jurer de rien, les dernières déclarations du ministre de l’Énergie au sujet d’une réflexion autour de l’augmentation des tarifs des gros consommateurs d’électricité pourraient être un indicateur, estime-t-il. Il pourrait s’agir selon lui d’une préparation de l’opinion publique à une nouvelle augmentation des tarifs dans le cadre de la prochaine loi de finances.

 D’après M. Badache une augmentation des tarifs « est nécessaire surtout si l’on sait que, dans la catégorie des particuliers, 20% des clients consomment 60% de l’électricité ». Il ajoutera que « si ces 20% parviennent à consommer autant d’électricité, ils ont certainement la capacité de supporter une augmentation de tarifs ».  

 

Éviter d’augmenter les tarifs d’électricité et de gaz mettrait la Sonelgaz en péril et forcerait le gouvernement à mettre la main dans la poche, relève M. Badache qui considère que l’augmentation des tarifs de janvier 2016 aurait dû être suivie par une nouvelle augmentation en janvier 2017.

Habituer les consommateurs à payer le « prix réel »

« Ce n’est pas le taux d’augmentation qui importe mais plutôt le fait d’habituer les consommateurs à payer le prix réel de leur consommation », soutient-il. Pour lui, il s’agit donc d’opérer une augmentation graduelle mais qui touchera, au final, tous les consommateurs.

« Nous pouvons, par exemple, augmenter, en 2018, les tarifs des consommateurs de la quatrième tranche (les gros consommateurs). En 2019, l’augmentation touchera ceux de la quatrième et de la troisième tranche et ainsi de suite », explique-t-il.

« La problématique de l’électricité est exactement la même que celle de l’eau », ajoute l’ex-président de la Creg qui préconise un même schéma d’augmentation des tarifs et une même logique de lutte contre le gaspillage.

 Les prix des carburants qui, eux ont été revus à la hausse, à deux reprises entre les années 2016 et 2017 sont également susceptibles d’être revus à la hausse en 2018.  Toutefois, personne au niveau de Naftal ne semble en mesure d’en parler.

 « Les prix ne se décident pas au niveau de Naftal mais plutôt au niveau du ministère de l’Énergie », nous a-t-on indiqué. Nos tentatives de joindre le ministère de l’énergie sont restées vaines.