Jijel s’est imposée comme la capitale de la fraise, mais le béton menace (DR)

La Chambre de l’Agriculture de la wilaya de Jijel vient d’annoncer que la surface consacrée à la culture de la fraise sera étendue, cette année, pour atteindre les 225 hectares. Une décision manifestement motivée par les résultats positifs réalisés au cours de la dernière saison et qui ont permis à cette wilaya d’occuper la première position au niveau national dans la culture de la fraise.

Lors de la campagne 2011-2012, 50.000 quintaux de fraise y avaient été produits. Toutefois, des producteurs locaux ne cachent pas leur inquiétude par rapport à une menace permanente qui gagne du terrain d’année en année. Il s’agit de l’invasion du béton. Un phénomène constaté dans plusieurs régions de la wilaya.
L’association El Amel regroupant les producteurs de fraise de la wilaya de Jijel s’est fixée comme priorité de combattre les «destructeurs des terres agricoles». Selon Ladraa Mahieddine, président de l’association, certaines APC de la wilaya ont lancé des projets dits d’utilité publique sur des terres agricoles. Une plainte a d’ailleurs été engagée, il y a quelques mois, contre la municipalité de Sidi Abdelaziz. Cette commune est désormais considérée comme l’une des plus riches au niveau de la wilaya, pour la production de la fraise. Une production qui alimente justement plusieurs villes de l’est du pays. « Aucun projet non agricole ne peut être lancé sur une terre agricole et encore plus lorsqu’il s’agit d’un terrain appartenant à un particulier », assure le président de l’association.
90 pour cent des terres agricoles perdues
Les membres de l’association El Amel considèrent que « le développement de la culture de la fraise et celui de l’agriculture en général, passent immanquablement pour la protection des terres agricole, elles-mêmes».
Interrogé à ce propos, M. Zaïmeche Mohamed Rafik, président de la Caisse régionale de mutualité agricole au niveau de la wilaya de Jijel, confirme l’avancée du béton sur les surfaces agricoles. Un phénomène qui a atteint son apogée au cours de la décennie noire. « Des habitations mais aussi des usines ont été construites sur des terres agricoles au cours de cette période », affirme-t-il. « Récemment, des agriculteurs ont tout simplement abandonné leurs terres pour les louer aux concessionnaires automobiles depuis que le port de DjenDjen est devenu le premier port algérien pour le transit des véhicules importés », indique-t-il. M. Zaïmeche conclut qu’il « ne reste aujourd’hui à Jijel que 10% environ des terres agricoles en comparaison aux surfaces existantes pendant les années 1980 ».