L’opération pourra encore durer quelques mois ce qui veut dire que le projet serait ficelé en 2018.

 

En plus du paiement électronique, de la finance islamique et du financement non conventionnel, d’autres nouveautés attendent le secteur avec le projet de création annoncée de la banque postale qui sera possible suite au changement du statut d’Algérie Poste. C’est à la ministre de la Poste, des TIC et du numérique, Houda Feraoun, que revient la tâche de finaliser cette mutation longtemps attendue.  

Le principe était déjà inscrit dans le projet de code des postes et des communications électroniques de 2015. Mais cette fois-ci, il semble que le gouvernement ait mis fin aux tergiversations car en ce qui concerne l’organisme public de la poste, le texte de loi prévoyait de l’autoriser à « créer la banque postale » qui peut étendre ses services à l’épargne postale qui s’ajoutera ainsi aux autres banques commerciales publiques et privées dont des historiques comme la Banque extérieure d’Algérie, la Banque nationale d’Algérie ou encore la Banque de l’agriculture et du développement rural. Parmi elles, il y a aussi la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance qui était dépendante du ministre des Finances avant d’être transformée en banque, un sort que connaîtra Algérie Poste.

Des banques privées à capitaux étrangers activent aussi en Algérie et le gouvernement compte sur toute cette panoplie afin de contribuer davantage au financement de l’économie, activité demeurant entre les mains du secteur public à 85%, selon le président de l’Association des banques et des établissements financiers, Boualem Djebar.

Actuellement, c’est le Fonds national d’investissement qui est sollicité pour financer le plan de mise à niveau d’Algérie Poste après que la possibilité d’avoir un partenaire étranger dans la phase de maturation avant d’acquérir son nouveau statut a été abandonnée.

L’opération pourra encore durer quelques mois ce qui veut dire que le projet serait ficelé en 2018 car si le projet a été délaissé pour des raisons notamment financières et techniques, cette fois-ci, il est pris en charge sérieusement.

La mise en place de la banque postale nécessitera quelques mois ainsi qu’une organisation et une formation particulières pour les agents qui seront confrontées à des échanges interbancaires nationaux et internationaux. Le personnel de la Poste pourrait, par exemple, s’exercer sur des services bancaires qui leurs seront délégués par des banques publiques ce qui permettra une transition rapide. L’opération se poursuivra par la titularisation de vacataires à Algérie Poste notamment les titulaires de diplômes supérieurs.

La nouvelle politique menée par la ministre ne réduit pas la stratégie de développement du secteur au niveau d’une simple entreprise publique dotée de caisses. La nouvelle banque annoncée devrait être regardée comme une action versée dans le développement car elle est appelée à irriguer l’ensemble du système économique national. Tous les gouvernements successifs, depuis plus d’une décennie, insistent sur le financement de l’économie et des entreprises qui a augmenté de plus de 20% en 2014 avant que ce taux ne connaisse une baisse mais demeurant à plus de 10%. Le gouvernement compte sur l’apport de la banque postale pour améliorer ces performances.