Algérie Douane
Kaddour Bentahar, directeur général des douanes algériennes (dr.)
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La direction générale des Douanes algériennes lance un programme urgent de réformes et de modernisation de son administration pour « accompagner l’économie nationale », a déclaré le Directeur Général de l’institution devant des chefs d’entreprises.

L’administration douanière s’est engagée dans la mise en œuvre de chantiers « urgents » dans le cadre d’un programme de réforme et de modernisation, permettant l’ouverture sur le monde économique et sa participation à la promotion de la production nationale, a annoncé jeudi son Directeur général Kaddour Bentahar. « Nous allons présenter au Gouvernement d’ici à la fin décembre-début janvier un programme de réforme et de modernisation articulé autour de six points essentiels», a-t-il précisé lors d’une rencontre avec les organisations patronales tenue au siège de la DGD (Direction générale des Douanes). Mais « nous n’allons pas attendre cette date, nous avons déjà engagé des chantiers urgents pour s’ouvrir sur les entreprises économiques, qui seront mis en œuvre dans dix jours au plus tard », a-t-il avancé.

Ainsi, les directeurs régionaux (DR) des Douanes, présents à la rencontre, avaient été instruits de commencer à s’informer de très près sur le réseau d’entreprises activant dans leur territoire de compétence, sur les activités économiques, discuter avec les opérateurs économiques. Cette démarche permettra au DR d’élaborer une fiche technique détaillée sur les activités économiques de sa wilaya, l’ensemble de ces fiches constituera par la suite une sorte de banque de données pour la Douane, a-t-il expliqué.

L’objectif escompté de ces actions ainsi que du prochain programme de réforme est de hisser cette administration à une « Douane de l’intelligence économique, qui accorde de l’importance au management, à l’information économique et à la sécurité économique», selon lui.

Cette « ambition mesurée » de l’administration douanière, dans un contexte de situation financière nationale moins confortable que les années précédentes, sera concrétisée grâce à une concertation et un partage de points de vue avec les acteurs économiques eux-mêmes.

« La situation économique de l’Algérie interpelle les Douanes à changer de comportements et de procédures, notre ambition d’accompagner l’économie nationale est très forte, c’est une ambition mesurée mais aidez-nous à la concrétiser», a lâché M. Bentahar devant un parterre d’hommes d’affaires.

Contrôle assoupli pour les opérateurs identifiés

A titre d’exemple, pour bénéficier d’un traitement assoupli, les opérateurs économiques doivent être identifiés », a-t-il recommandé en ajoutant qu’un importateur non identifié est forcément contrôlé de manière rigoureuse par l’administration douanière.

Sur les délais de dédouanement, fixés actuellement à huit jours au maximum, la DGD veut arriver, d’ici à la fin de l’année, à cinq jours pour le dédouanement à l’importation et réduire les délais à moins de deux jours pour l’exportation, en mettant fin, par exemple, à l’expertise récurrente.

« Il faut qu’aucun exportateur ne soit bloqué », a fortement recommandé le DGD en avertissant encore: « il faut absolument que le douanier sache qu’un conteneur qui reste plus de 24 heures au port soumet l’entreprise et l’économie nationale à des surcoûts».

La coopération internationale en matière de maîtrise de la valeur des marchandises sera d’autre part recadrée par une prochaine circulaire portant sur les modalités d’assurer une meilleure maîtrise des valeurs et réduire le « casse-tête » vécu quotidiennement par des douaniers qui peinent à évaluer correctement les marchandises, a-t-il fait savoir.

Reconnaissant par ailleurs que l’organisation actuelle de l’administration douanière ne répondait pas aux besoins en raison du « chevauchement des compétences entre les différents services», il a indiqué qu’une réorganisation de l’institution allait être mise en place prochainement. De nouveaux pôles de contrôle, axés notamment sur le contrôle à posteriori, sont également sur le point d’être mis en route, a encore avancé M. Bentahar.

Evoquant le dispositif de l’Opérateur Economique Agréé (OEA), lancé en 2012 pour faciliter les procédures douanières au profit des opérateurs économiques, il a indiqué que 199 opérateurs ont été agréés à ce jour, en espérant arriver à 400 OEA d’ici à la fin de l’année.

Jugeant le nombre de ces agréments accordés sur trois ans « d’insuffisant», il a pointé du doigt le manque de communication autour de ce dispositif. « Soit nous (l’administration douanière) n’avons pas su communiquer, soit les opérateurs économiques n’ont pas compris l’intérêt (de l’OEA)», a-t-il regretté. Les chefs d’entreprises conviés à la rencontre ont exposé leurs préoccupations relatives aux lenteurs de certaines procédures douanières mais ont, par la même, affiché leur satisfaction de cette démarche inédite d’ouverture de l’administration douanière sur le monde de l’entreprise.