La généralisation du paiement électronique en Algérie dépend essentiellement de la réussite des efforts consentis dans la lutte contre l’économie informelle, ont estimé mercredi à Alger des experts.
S’exprimant lors d’une journée d’étude sur la monétique bancaire en Algérie, le professeur en économie, Mahfoud Koubi, a affirmé que « l’évolution du e-paiement est proportionnelle au niveau de développement de l’économie du pays, basé sur les règles du marché et la compétitivité, alors que l’économie algérienne reste dépendante de la rente pétrolière et gazière ».
Malgré les avancées réalisées dans ce domaine, poursuit-il, le e-paiement reste « insignifiant » dans la masse des transactions en Algérie, après 25 ans de l’initiation des réformes visant à moderniser le système financier.
Le paiement électronique exige que les vrais chiffre d’affaires soient communiqués et par conséquent leur imposition sera réelle, alors que cela ne correspond pas avec la mentalité de l’opérateur algérien, a-t-il estimé.
« Un système fiscal peu performent ne peut pas permettre l’introduction d’un moyen de paiement basé sur la visibilité et la transparence », a-t-il soutenu.
De son côté, l’économiste, Malika Seddiki, a plaidé pour l’accélération du processus de bancarisation et d’installer un climat de confiance qui permettrait un « changement culturel » dans les habitudes de paiement des Algériens.
« Les consommateurs et commerçants font toujours de la résistance. Ils sont réticents. Cette résistance est due au manque de confiance dans ce type de moyen de paiement », a-t-elle jugé.
Les causes sont inhérentes à « la structure de l’économie (algérienne) qui continue à privilégier le paiement en espèce en raison du poids de l’économie informelle et la faible bancarisation », selon Mme Seddiki.
Dans ce sens, elle a appelé à la poursuite des réformes de l’économie notamment bancaires et financières pour faire de la monétique un « levier » de développement économique.