« On ne peut pas cautionner une politique qui engage l’avenir de notre économie sans prendre le temps d’en évaluer les tenants et aboutissants », indique Saida Neghza qui précise qu’elle n’a été invitée à la réunion que 24 heures avant sa tenue.

 

La Présidence  de la République vient d’annuler la charte de partenariat public-privé signée récemment par certaines associations patronales, l’UGTA et le Gouvernement. Donné aujourd’hui par le quotidien arabophone El Khabar qui a fait savoir qu’une « instruction de la Présidence ordonne au Premier ministre de mettre fin immédiatement à l’application de la charte de partenariat public-privé qui prévoyait l’ouverture du capital des entreprises publiques », cette information vient d’être confirmée par un des signataires de cette charte. « La présidence vient effectivement d’annuler la charte qui prévoit la privatisation partielle des entreprises publiques. C’est le résultat d’une guerre de positionnements entre clans rivaux aux seins du pouvoir. C’était prévisible, notamment suite à la réaction du FLN », dit notre source en requérant l’anonymat. « Ahmed Ouyahia a reçu l’ordre « d’annuler toute les décisions du conseil des participations de l’Etat (CPE) concernant l’ouverture du capital des entreprises publiques et de cesser ses interventions dans le travail des ministres », détaille en effet El Khabar.

«La charte PPP a été imposée» selon Neghza

La présidente de la Confédération Générale des Entreprises Algérienne, Saida Neghza, a indiqué à Maghreb Emergent que le syndicat patronal qu’elle dirige est l’unique à avoir refusé de signer la charte de partenariat public privé pour au moins deux raisons. «  Le CGEA est la seule organisation patronale à avoir refusé de signer la charte pour le partenariat sociétaire d’abord parce que cette charte a été élaborée unilatéralement sans que ni les partenaires économiques, ni les experts ne soient consultés, ensuite parce que, même telle quelle, elle n’a pas été soumise au débat. On a voulu nous mettre devant le fait accompli et nous faire signer un document dont nous ne avions aucune idée précise », a-t-elle indiqué en précisant que le CGEA a été invitée à la réunion tripartite qui s’est tenue au siège de l’UGTA 24 heures seulement avant sa tenue. « On ne peut pas cautionner une politique qui engage l’avenir de notre économie sans prendre le temps d’en évaluer les tenants et aboutissants et sans associer sérieusement les partenaires sociaux et économiques. Nous n’avons pas participé à cette réunion et nous avons refusé de signer le document qui en émanait. Nous nous réjouissons de son annulation par la Présidence », a-t-elle expliqué.