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On ne promeut pas les investissements économiques en les soumettant à des autorisations administratives, assure l’économiste.

A quoi sert le Conseil National d’Investissement (CNI) ? Officiellement, « l’action de ce conseil s’exerce  en matière de décisions stratégiques relatives à l’investissement et en matière d’examen des dossiers d’investissement présentant un intérêt pour l’économie nationale. » Autrement dit, il incombe à ce Conseil de décider  si tel ou tel projet dont le coût dépasse le milliard de dinars est bon ou non pour l’économie puisque tous les investissements qui dépassent ce seuil en coût doivent en recevoir l’aval avant d’être mis en place.  

Or, ce procédé est considéré aussi bien par les hommes d’affaires que par certains économistes comme étant une manière sournoise de bloquer les investisseurs qui ne sont pas dans les bonnes grâces du système.  

« Au départ, ce Conseil a été créé pour accompagner les investissements en faisant respecter la règle 51/49, en vérifiant le droit de préemption dans le cas où une entreprise étrangère venait à quitter le pays et, enfin, en vérifiant la balance devise. Par la suite, il lui été assigné la mission d’accorder des avantages aux investisseurs en fonction de la nature de leurs investissements et de leur impact sur le pays. Or,  aujourd’hui, tous les investissements dont le coût dépasse un milliard de dinars doivent avoir son aval, ce qui n’obéit à aucune logique économique. On ne promeut pas les investissements économiques en les soumettant à des autorisations administratives.  Cet assujettissement de l’investissement à une autorisation est une contradiction flagrante dans la politique nationale d’investissement», nous explique Brahim Guendouzi, économiste.

Il considère que « le CNI agit en contradiction avec ses missions ».  En effet, il est économiquement « illogique» qu’un investissement, quel qu’il soit, se soumette à une autorisation d’autant que l’article 43 de la Constitution consacre la liberté d’investissement et de commerce.

« Le CNI ne peut exprimer une réserve que sur les retombées écologiques ou attentatoire à l’ordre public et à l’intérêt générale de la nation d’un investissement. Or, de telles éléments sont soumis à une réglementation claire et ils concernent tous les investissements, pas seulement ceux dépassant un milliard de dinars », explique encore M. Guendouzi.

Cette mise de l’économie sous la botte de l’administration est aux antipodes de l’objectif assigné au Conseil National d’Investissement qu’est la promotion des investissements présentant un intérêt pour l’économie nationale. Pire, elle fragilise l’attractivité du pays en en étouffant davantage le climat des affaires, et prive l’Algérie de plusieurs projets d’investissement qui attendent depuis des années le sésame du CNI.