Pour la plupart des experts nationaux, les réponses passent aujourd’hui par la remise en cause du modèle rentier

Le gouvernement entend calmer les manifestants du sud algérien qui réclament un moratoire sur l’exploitation du gaz de schiste, en présentant le projet comme une aubaine économique en écartant tous risques potentiels sur l’environnement.

 

« La plupart des nuisances sont maitrisées et ne constituent aucun danger pour l’environnement que ce soit en terme de pollution des eaux, de conséquences de la fracturation hydraulique, ou même des  effets sismiques que cette dernière pourrait induire », a déclaré ce mercredi Ali Hached, le conseiller du ministre de l’énergie au sujet de l’exploitation controversée du gaz de schiste en Algérie.

A l’inquiétude face aux effets des effluents sur les nappes phréatiques et les zones d’habitations, affichée avec insistance par les manifestants anti-gaz de schiste, le conseiller du ministre de l’énergie, réaffirme que le risque est quasi nul, au vu des mesures « strictes », prises pour assurer une meilleure cimentation des puits, qui ne laisserait aucune fuite sur les zones d’habitations. « Ces effluents ( eaux qui remontent à la surface mélangées à la boue et aux produits injectés),  sont sans risques sur les zones d’habitations est les nappes phréatiques, car le forage s’opère à 3000 mètres de profondeur, tandis que les nappes phréatiques se situent  à seulement 100 mètres sous le sol. De plus, les zones d’habitations sont à 20 et 30 km des zones d’extraction », a-t-il expliqué au cours d’une émission radio de la chaine III.

M. Hached explique aussi que l’Algérie doit recourir aux énergies non conventionnelles pour satisfaire la demande énergétique du pays de plus en plus grandissante. Selon lui, en dépit de l’existence d’énergie conventionnelle pour des dizaines d’années, l’Algérie doit faire face à la demande croissante pour  toutes sortes d’énergies, ainsi qu’à la demande mondiale, également en augmentation. « La demande énergétique actuelle est de l’ordre de 60 millions de TEP. Une demande qui va tripler à l’horizons 2040 », a-t-il informé.

Reconsidérer différemment les investissements dans le non conventionnel

Ali Hached a invité, par ailleurs, les manifestants du sud algérien hostiles au gaz de schiste à considérer différemment les investissements prévus dans le non conventionnel. « Il faudrait voir les potentialités d’emploi énormes que cette production pourrait créer », a-t-il insisté.

Le conseiller de Sonatrach a reconnu à cette occasion,  l’insuffisance de la communication de la part des autorités algérienne  à l’adresse des populations des régions où seront opérées les opérations d’extraction. « Nous n’avons pas suffisamment communiqué, mais il n’est jamais trop tard. Aujourd’hui le dialogue se noue, et  la population doit recevoir l’ensemble des explications nécessaires et surtout, comprendre les enjeux autour de cette exploitation, et écarter les risques », a-t-il dit. Et de conclure : « Nous sommes dans l’étape de production d’information, à fin de reconnaitre les potentialités et de surtout de définir les conditions optimales de la production ».