Les prix bas de l’énergie en Algérie a favorisé le gaspillage des ressources (DR)

Le groupe Sonelgaz a bouclé l’exercice 2013 avec un déficit de 270 millions d’euros, a révélé Abdelkader Choual, directeur des finances de la compagnie nationale. Une occasion, pour le ministre de l’énergie et des mines, Youcef Yousfi, de préparer le terrain à une éventuelle augmentation des tarifs du gaz et de l’électricité, considérés comme les plus bas au monde.

 

Le ministre de l’énergie et des mines M. Youcef Yousfi a laissé entendre qu’une augmentation des tarifs de l’électricité et du gaz n’est pas à écarter, bien que celle-ci n’interviendra pas dans l’immédiat. Cette possibilité d’«augmenter à l’avenir les tarifs de gaz et d’électricité » est motivée, selon le ministre, par le souci « d’équilibrer la trésorerie de Sonelgaz», qui a enregistré une série de déficits depuis plusieurs années, en partie à cause des tarifs administrés par l’Etat. «Pour que Sonelgaz, qui vient de terminer l’exercice avec un déficit de 27 milliards de DA (270 millions euros environ), puisse équilibrer ses finances, elle doit ou augmenter ses tarifs ou obtenir des aides de l’Etat.», a-t-il avancé. Et d’ajouter : «Nous n’allons pas augmenter les tarifs pour le moment, Sonelgaz bénéficie d’aides pour réaliser ses investissements mais une augmentation des tarifs est tout aussi possible à l’avenir», sans en préciser l’échéance.

Des investissements 2 fois le chiffre d’affaires de la compagnie

Selon le directeur financier de Sonelgaz, la compagnie nationale a investi 400 milliards de DA (4 milliards d’euros en 2013), soit près du double de son chiffre d’affaires qui est de 220 milliards de DA (2,2 milliards d’euros) au titre du même exercice. Ces investissements, en hausse de 76 % comparativement à 2012, ont été rendus possibles grâce à des perfusions de l’Etat. Des investissements qui ont porté le nombre des abonnés au réseau électrique de Sonelgaz à 7,7 millions (1,2 millions de plus que 2012) et le nombre des foyers raccordés au gaz naturel à 4 millions (305 000 de plus que 2012 et un taux de couverture de 52 %).

Sonelgaz a ainsi consommé 25 milliards de mètres cubes de gaz naturel acheté auprès de Sonatrach pour approvisionner ses centrales électriques et ses clients domestiques et industriels. Cet effort de déploiement, notamment dans les zones rurales, a néanmoins engendré, au titre de l’exercice 2013, un déficit de 76 milliards de DA (760 millions d’euros) dans la trésorerie de l’entreprise.

Plan quinquennal 2014 – 2017

Dans le même sillage, le responsable de Sonelgaz qui a représenté son PDG M. Nouredine Bouterfa, à la conférence de presse du ministre, a indiqué que cet effort sera poursuivi à la faveur d’un plan quadriennal 2014-2017. Un plan qui vise à porter les capacités mobilisables en électricité à hauteur de 28 000 mégawatts (12 500 actuellement). L’année 2014 verra le réseau se renforcer d’une capacité additionnelle de 3 500 mégawatts. Des investissements qui incluent les énergies renouvelables, dont 600 mégawatts sont attendus, dès la fin du premier semestre 2014 grâce à la ferme éolienne d’Adrar (400 mégawatts) et 31 autres sites de photovoltaïque et thermo-solaires (200 mégawatts).